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heures 28 + Ouvert les
textes du jour.. Paul aux Corinthiens...
rappelez-vous le proverbe : à semer trop peu, on récolte
trop
peu.
1 Courriel
alarmant de Christiane B. : la vésicule biliaire, une
intervention le 23. J’appelle
mon cher beau-frère,
qu’il passe chez elle, ce matin :
refus, j’ai des trucs à faire. C’est
ainsi qu’on
trouve
le bonheur, le bonheur cela se prend en ayant tout ouvert,
alors çà
pleut.
Nous
allons à la catastrophe, nous la France, catastrophe
par extinction.
Pour
la première fois, vraiment un fou à la tête
de l’ETat, il ne suit que son idée et son idée est étroite,
abstraite : les diagnostics européens sur notre politique
macro-économique. A la virgule
près, c’est ce qu’il fait depuis un an, tandis que le pays
est
en soldes et en vide-grenier avec en
plus la location-vente de toutes nos vitrines. Donc, Air
France dirigée
par un Canadien,
et j’apprends que
Delta
(Etats-Unis) et des Chinois (Eastern
Airlines
?)
sont déjà
au
capital de notre
ex-fleuron et
ce sont eux qui exigent cette expropriation mentale,
c’est à pleurer. BENALLA, sans doute pas l’amant d’EM, mais
celui
qui sait tout
de sa bisexualité
et donc de ses amis : forte
probabilité et logique d’une posture de vie, très secondaire
et même positive s'il nous conduisait bien.
La fusion d’EM avec Brigitte, c‘est
d’abord l‘intense
et très amicale reconnaissance qu’elle lui permette cela et
le
couvre. Nous sommes donc bien tombés. Mais avec DSK, FILLON
ou même
le général Pierre de VILLIERS passé chez un consultant
américain, c’eût peut-être
été
pire.
Si révision constitutionnelle il doit y avoir, c’est dans le
sens
de la collégialité pour la direction du pays, de l‘appel
à une véritable créativité parlementaire et bien entendu au
contrôle par le délibératif
de l’exécutif,
qu’il
faut opérer.
C’est en ce sens que je vais refaire une circulaire
aux
parlementaires.
Et à FH, lui donner mes notes de lecture,
et lui proposer un livre ensemble sur la Cinquième
République, ses
présidents, leurs apports à notre régime
ou les blessures parfois mortelles qu’ils lui ont infligées.
- Toiles de fond, le diktat américain économique
et commercial sur le reste du monde
: les sanctions décidées
unilatéralement par TRUMP, aux manette de l’énorme marché
des
Etats-Unis dirigent le choix de toutes les entreprises
dans le monde, Russie et Iran au dépotoir. Le « salut »
mais aux risques et périls européens,
peut venir d’une rébellion chinoise face
à l’ensemble d’un système qu’elle avait investi et pensait
contrôler sans retour, une rébellion
qui serait plus que des rétorsions bilatérales.
Kergonan,
je « pars » aux nouvelles et juge que Dom Robert et Dom
Xavier doivent chacun ou ensemble intervenir. A trois ans de
sa
retraite, Dom Robert pourrait revenir à l’avantage du
monastère,
de la congrégation et de l’Église en France, plutôt que de
projeter de se retirer en Angleterre.
Toujours
les antidotes : mes chers Bénédicitins, comme mes chers
Jésuites… les Etats-Unis et le tréfonds libéral et si éclairé
de la côte Est (peut-être l’apparition du petit-fils de
Robert
KENNEDY, Joe)… ce député de la
République en marche
qui
veut CAMUS dans notre Constitution : la
démocratie, ce n‘est
pas la loi de la majorité, c’est la protection de la minorité…
et l’association Anticor.
Avec Médiapart
et le
Canard
maintenant
plus que centenaire, nous avons les veilleurs
qui nous sont absolument
nécessaires… Israël : nous devons mobiliser
nos compatriotes juifs pour peser sur l’évolution de l’Etat
qui se réclame de plus en plus abusivement
du judaïsme
et la diaspora.
D’ailleurs,
cette loi sur l’Etat-Nation semble diviser même les Juifs
israéliens.
Prier…
Dieu
est assez
puisant pour vous donner toute grâce en abondance, afin que
vous
ayez, en toute chose et toujours, tout ce qu’il vous faut,
et même
que vous ayez en abondance de quoi faire
toute sorte de bien.
L’argent… en manquer et en donner, la relation vivre :
l’argent outil pour tous, et no l’argent instrument de
hauteur
autiste (et inculte). Eloge par le psalmiste, cohérence
de nos textes aujourd’hui : l’homme
de bien a pitié, il
partage… Homme de justice, de tendresse et de pitié, à
pleine
mains, il donne au pauvre… Il ne craint pas l’annonce d’un
malheur : le coeur ferme, il s’appuie sur le Seigneur.
Son coeur est confiant, il ne craint pas : il verra ce que
valaient ses oppresseurs.
Et Jésus lui-même : la Providence, c’est de Le suivre,
comment nous a-t-Il rachetés, comment nous accompagne-t-Il
et nous
protège-t-Il ? Il s’est donné en nourriture, Il s’est
offert à la croix. Qui
aime sa vie la perd… Si quelqu’un veut me servir, qu’il me
suive ; et là où moi je suis
(pas : je
serai),
là aussi sera mon serviteur. Mieux encore, à nous la gloire
et la
vie éternelle,
notre véritable identité et notre
milieu naturel. Si
quelqu’un me sert, mon Père l’honorera… Qui aime sa vie la
perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie
éternelle.
Le Christ
et la psychologie,
si simple, qu’Il nous enseigne, mais quel enjeu ! même si –
à terme – Sa miséricorde, Sa connaissance de nous par Sa
propre
incarnation,
sauvera tout, même et surtout le plus pécheur, misérable et
relaps
d’entre nous. Lequel est peut-être nous...
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heures 13 + Parti en quête de solutions pour Kergonan, je
reçois de
Dom X... une fouette 2 qui,
curieusement, me correspond. A tant écrire, avoir écrit et
vouloir
écrire, la photo n’est-elle pas – en moi – une expression
plus
forte, directe et surtout comestible ? La fin du jour
solaire à
Saint-Pair : la plage, mot d’admiration de ma chère femme,
alors
qu’elle en est tellement avare. Peut-être parce que
d’ordinaire,
je ne lui en donne pas la matière. Photographier, c’est être
attentif, chanceux surtout, et serviteur certainement.
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heures 51 + Les heures de la vie. Marguerite, de retour de
l’école
des Glénans, mais pas dans l’archipel emblématique, l’île
d’Arz. Douze jours très remplis, selon ce qu’elle me dit,
préférant répondre à mes questions, les moniteurs (les
« monos »), la vingtaine et bénévoles, l’ont
manifestement retenue : gentillesse et compétence.
Vocabulaire
nouveau et évocation de « bananes », un seul de deux
flotteurs du katamaran, le rappel en « trap » 30 %
d’inclinaison au-dessus de l’eau, la peur au début, beaucoup
de
technique et à mémoriser. Domaine où je ne suis autant dire
jamais
entré. La
pratique de la planche reste sa préférence et nous avons peu
de
chance qu’elle nous fasse jamais naviguer, encore moins
investir
dans un bateau. - Les heures de la vie. Le ratage d’un
gouvernement
abbatial et sans doute la réflexion à mener sur la vie
monastique
aujourd’hui. Et en fait, sur celle de l’Église. Le thème du
pape François, aller à la périphérie, est juste mais pas
pratiqué. Systématiquement, j’évoque le baptême quand une
conversation comme avant-hier se noue avec un père ou une
mère et
un très jeune enfant dans les bras. Même, la pratique
dominicale,
par exemple chez mes chers neveux de mercredi et de jeudi,
devient
émolliente : quelque chose, du calendrier mais pas un repas,
une nourriture. Il m’est venu ce matin que la foi s’étiole
si
elle n’est pas missionnaire, témoignage. La foi des Apôtres
les a
projetés.Mais il y a des époques et des contextes où l’élan
humain, où la ressource semblent faire défaut. A Kergonan,
personne
pour la relève et les chefs possibles sont ceux qui le sont
ailleurs
et pour d’autres.
Fond
de télévision et nuit noire : la trajectoire d’Elvis PRESLEY
et
les tragédies américaines de la fin des années 1960.
L’acharnement,
les foules énormes, la maladie.
Il me semble que
l’ennemi de toute vie, c’est bien la mort et sa forme
courante,
bien conforme au dénouement : l’inertie. Sensation
autant moi sortant de sieste pour notre dîner que pour notre
époque,
notre pays, notre Vieux Monde, l’inertie, l’accumulation de
tout
mais sans sens. Fragments de reportages sur les lignes de
migrants au
Mali et au Niger vers la Libye, contournant toute
agglomération. Sur
l’Islande, la mise en valeur de ses ressources hydrauliques
et
l’investissement étranger en production d’aluminium.
L’économie
n’est pas la comptabilité mais la production et l’échange.
La
société n’est la matière à légiférer, elle est l’ensemble
des désirs et des besoins attendant le lien, des liens entre
forces,
courants, organisations et érosions, ou en désespérant.
Ce
soir, autant que jamais : notre fille au seuil de la vie par
elle-même sui accompagnants et proches que nous resterons
toujours,
ce monastère qui m’est si cher, notre pays que j’aime tant
et
qui a tout, y compris la beauté, le sens de la synthèse et
le goût
de l’aventure, prier… Dieu,
qui fournit la semence au semeur et le pain pour la
nourriture, vous
fournira la graine. Ce
matin, en contraste avec les promiscuités et les
surpeuplements de
l’île où j’étais accueilli et heureux, et qui avait ses
beautés mais très localisées, je respirais à nouveau nos
espaces,
le ciel sans premier plan, la verdure et les arbres, le
frissonnement
général sous le vent pourtant silencieux. J’ai tourné
autour de
notre église, belle et vraie au-dedans que nous la
peuplions ou
qu’un vendredi elle attende le dimanche, mais médiocre
au-dehors…
et ce dehors, je l’ai trouvé magnifique par son mutisme et
sa
simplicité, aucune fioriture, pas même celle de
l’ancienneté.
1- 2ème
lettre de Paul aux Corinthiens IX 6 à 10 ; psaume CXII ;
évangile selon saint Jean XII 4 à 26
2- Cher
Bertrand, Merci de vos belles photos (en général très
supérieures à vos textes en intuition, profondeur et
lisibilité, du moins à mon goût) et de votre souci pour le
cher Kergonan. C'est le temps de la prière : Dieu agira en son
heure. Bénédictions de paix et de grâce sur votre cher trio !
+ fr X...
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