vendredi 10 août 2018

mon Père l'honorera - textes du jour

Vendredi 10 Août 2018



10 heures 28 + Ouvert les textes du jour.. Paul aux Corinthiens... rappelez-vous le proverbe : à semer trop peu, on récolte trop peu. Courriel alarmant de Christiane B. : la vésicule biliaire, une intervention le 23. J’appelle mon cher beau-frère, qu’il passe chez elle, ce matin : refus, j’ai des trucs à faire. C’est ainsi qu’on trouve le bonheur, le bonheur cela se prend en ayant tout ouvert, alors çà pleut.

Nous allons à la catastrophe, nous la France, catastrophe par extinction. Pour la première fois, vraiment un fou à la tête de l’ETat, il ne suit que son idée et son idée est étroite, abstraite : les diagnostics européens sur notre politique macro-économique. A la virgule près, c’est ce qu’il fait depuis un an, tandis que le pays est en soldes et en vide-grenier avec en plus la location-vente de toutes nos vitrines. Donc, Air France dirigée par un Canadien, et j’apprends que Delta (Etats-Unis) et des Chinois (Eastern Airlines ?) sont déjà au capital de notre ex-fleuron et ce sont eux qui exigent cette expropriation mentale, c’est à pleurer. BENALLA, sans doute pas l’amant d’EM, mais celui qui sait tout de sa bisexualité et donc de ses amis : forte probabilité et logique d’une posture de vie, très secondaire et même positive s'il nous conduisait bien. La fusion d’EM avec Brigitte, c‘est d’abord l‘intense et très amicale reconnaissance qu’elle lui permette cela et le couvre. Nous sommes donc bien tombés. Mais avec DSK, FILLON ou même le général Pierre de VILLIERS passé chez un consultant américain, c’eût peut-être été pire. Si révision constitutionnelle il doit y avoir, c’est dans le sens de la collégialité pour la direction du pays, de l‘appel à une véritable créativité parlementaire et bien entendu au contrôle par le délibératif de l’exécutif, qu’il faut opérer. C’est en ce sens que je vais refaire une circulaire aux parlementaires. Et à FH, lui donner mes notes de lecture, et lui proposer un livre ensemble sur la Cinquième République, ses présidents, leurs apports à notre régime ou les blessures parfois mortelles qu’ils lui ont infligées. - Toiles de fond, le diktat américain économique et commercial sur le reste du monde : les sanctions décidées unilatéralement par TRUMP, aux manette de l’énorme marché des Etats-Unis dirigent le choix de toutes les entreprises dans le monde, Russie et Iran au dépotoir. Le « salut » mais aux risques et périls européens, peut venir d’une rébellion chinoise face à l’ensemble d’un système qu’elle avait investi et pensait contrôler sans retour, une rébellion qui serait plus que des rétorsions bilatérales.

Kergonan, je « pars » aux nouvelles et juge que Dom Robert et Dom Xavier doivent chacun ou ensemble intervenir. A trois ans de sa retraite, Dom Robert pourrait revenir à l’avantage du monastère, de la congrégation et de l’Église en France, plutôt que de projeter de se retirer en Angleterre.
 
Toujours les antidotes : mes chers Bénédicitins, comme mes chers Jésuites… les Etats-Unis et le tréfonds libéral et si éclairé de la côte Est (peut-être l’apparition du petit-fils de Robert KENNEDY, Joe)… ce député de la République en marche qui veut CAMUS dans notre Constitution : la démocratie, ce n‘est pas la loi de la majorité, c’est la protection de la minorité… et l’association Anticor. Avec Médiapart et le Canard maintenant plus que centenaire, nous avons les veilleurs qui nous sont absolument nécessaires… Israël : nous devons mobiliser nos compatriotes juifs pour peser sur l’évolution de l’Etat qui se réclame de plus en plus abusivement du judaïsme et la diaspora. D’ailleurs, cette loi sur l’Etat-Nation semble diviser même les Juifs israéliens.
 
Prier… Dieu est assez puisant pour vous donner toute grâce en abondance, afin que vous ayez, en toute chose et toujours, tout ce qu’il vous faut, et même que vous ayez en abondance de quoi faire toute sorte de bien. L’argent… en manquer et en donner, la relation vivre : l’argent outil pour tous, et no l’argent instrument de hauteur autiste (et inculte). Eloge par le psalmiste, cohérence de nos textes aujourd’hui : l’homme de bien a pitié, il partage… Homme de justice, de tendresse et de pitié, à pleine mains, il donne au pauvre… Il ne craint pas l’annonce d’un malheur : le coeur ferme, il s’appuie sur le Seigneur. Son coeur est confiant, il ne craint pas : il verra ce que valaient ses oppresseurs. Et Jésus lui-même : la Providence, c’est de Le suivre, comment nous a-t-Il rachetés, comment nous accompagne-t-Il et nous protège-t-Il ? Il s’est donné en nourriture, Il s’est offert à la croix. Qui aime sa vie la perd… Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis (pas : je serai), là aussi sera mon serviteur. Mieux encore, à nous la gloire et la vie éternelle, notre véritable identité et notre milieu naturel. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera… Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Le Christ et la psychologie, si simple, qu’Il nous enseigne, mais quel enjeu ! même si – à terme – Sa miséricorde, Sa connaissance de nous par Sa propre incarnation, sauvera tout, même et surtout le plus pécheur, misérable et relaps d’entre nous. Lequel est peut-être nous...
 
14 heures 13 + Parti en quête de solutions pour Kergonan, je reçois de Dom X... une fouette 2 qui, curieusement, me correspond. A tant écrire, avoir écrit et vouloir écrire, la photo n’est-elle pas – en moi – une expression plus forte, directe et surtout comestible ? La fin du jour solaire à Saint-Pair : la plage, mot d’admiration de ma chère femme, alors qu’elle en est tellement avare. Peut-être parce que d’ordinaire, je ne lui en donne pas la matière. Photographier, c’est être attentif, chanceux surtout, et serviteur certainement.
 
22 heures 51 + Les heures de la vie. Marguerite, de retour de l’école des Glénans, mais pas dans l’archipel emblématique, l’île d’Arz. Douze jours très remplis, selon ce qu’elle me dit, préférant répondre à mes questions, les moniteurs (les « monos »), la vingtaine et bénévoles, l’ont manifestement retenue : gentillesse et compétence. Vocabulaire nouveau et évocation de « bananes », un seul de deux flotteurs du katamaran, le rappel en « trap » 30 % d’inclinaison au-dessus de l’eau, la peur au début, beaucoup de technique et à mémoriser. Domaine où je ne suis autant dire jamais entré. La pratique de la planche reste sa préférence et nous avons peu de chance qu’elle nous fasse jamais naviguer, encore moins investir dans un bateau. - Les heures de la vie. Le ratage d’un gouvernement abbatial et sans doute la réflexion à mener sur la vie monastique aujourd’hui. Et en fait, sur celle de l’Église. Le thème du pape François, aller à la périphérie, est juste mais pas pratiqué. Systématiquement, j’évoque le baptême quand une conversation comme avant-hier se noue avec un père ou une mère et un très jeune enfant dans les bras. Même, la pratique dominicale, par exemple chez mes chers neveux de mercredi et de jeudi, devient émolliente : quelque chose, du calendrier mais pas un repas, une nourriture. Il m’est venu ce matin que la foi s’étiole si elle n’est pas missionnaire, témoignage. La foi des Apôtres les a projetés.Mais il y a des époques et des contextes où l’élan humain, où la ressource semblent faire défaut. A Kergonan, personne pour la relève et les chefs possibles sont ceux qui le sont ailleurs et pour d’autres.
 
Fond de télévision et nuit noire : la trajectoire d’Elvis PRESLEY et les tragédies américaines de la fin des années 1960. L’acharnement, les foules énormes, la maladie.
Il me semble que l’ennemi de toute vie, c’est bien la mort et sa forme courante, bien conforme au dénouement : l’inertie. Sensation autant moi sortant de sieste pour notre dîner que pour notre époque, notre pays, notre Vieux Monde, l’inertie, l’accumulation de tout mais sans sens. Fragments de reportages sur les lignes de migrants au Mali et au Niger vers la Libye, contournant toute agglomération. Sur l’Islande, la mise en valeur de ses ressources hydrauliques et l’investissement étranger en production d’aluminium. L’économie n’est pas la comptabilité mais la production et l’échange. La société n’est la matière à légiférer, elle est l’ensemble des désirs et des besoins attendant le lien, des liens entre forces, courants, organisations et érosions, ou en désespérant.
Ce soir, autant que jamais : notre fille au seuil de la vie par elle-même sui accompagnants et proches que nous resterons toujours, ce monastère qui m’est si cher, notre pays que j’aime tant et qui a tout, y compris la beauté, le sens de la synthèse et le goût de l’aventure, prier… Dieu, qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, vous fournira la graine. Ce matin, en contraste avec les promiscuités et les surpeuplements de l’île où j’étais accueilli et heureux, et qui avait ses beautés mais très localisées, je respirais à nouveau nos espaces, le ciel sans premier plan, la verdure et les arbres, le frissonnement général sous le vent pourtant silencieux. J’ai tourné autour de notre église, belle et vraie au-dedans que nous la peuplions ou qu’un vendredi elle attende le dimanche, mais médiocre au-dehors… et ce dehors, je l’ai trouvé magnifique par son mutisme et sa simplicité, aucune fioriture, pas même celle de l’ancienneté.

1- 2ème lettre de Paul aux Corinthiens IX 6 à 10 ; psaume CXII ; évangile selon saint Jean XII 4 à 26

2- Cher Bertrand, Merci de vos belles photos (en général très supérieures à vos textes en intuition, profondeur et lisibilité, du moins à mon goût) et de votre souci pour le cher Kergonan. C'est le temps de la prière : Dieu agira en son heure. Bénédictions de paix et de grâce sur votre cher trio ! + fr X...

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