jeudi 30 août 2018

Communauté Saint-Jean - congrégation dite des "petits-gris"

wikipédia à jour au 22 juillet 2018

Communauté Saint-Jean







Logo de la Famille Saint-Jean

Repères historiques
Fondation
1975
Fondateur(s)
Marie-Dominique Philippe
Lieu de fondation
Fribourg (Suisse)
Siège
Rimont (Fley), Saône-et-Loire
Fiche d'identité
Église
Catholique
Type
Institut religieux de droit diocésain
Dirigeant
Frère Thomas Joachim (frères), Sœur Paul-Marie (sœurs contemplatives), Sœur Claire-de-Jésus (sœurs apostoliques)
Membres
540 frères, 200 soeurs apostoliques, 90 soeurs contemplatives
Sur Internet
Site internet
https://freres-saint-jean.org [archive]
La Famille Saint-Jean (plus connue sous le nom de Communauté Saint-Jean) regroupe trois congrégations religieuses: les Frères de Saint-Jean, les Sœurs apostoliques de Saint-Jean et les Sœurs contemplatives de Saint-Jean, ainsi que des oblats (laïcs qui suivent cette spiritualité). Ces communautés, bien que séparées et indépendantes dans leur fonctionnement, partagent une histoire et une spiritualité communes. Elles furent fondées par le Père Marie-Dominique Philippe en 1975 pour les Frères, 1982 pour les Sœurs contemplatives et 1984 pour les Sœurs apostoliques.
La spiritualité de la Famille Saint-Jean repose principalement sur les écrits de Saint Jean l’évangéliste. Les membres de chaque congrégation vivent une vie communautaire, rythmée par la prière et l’apostolat. La formation intellectuelle, notamment en philosophie et théologie, occupe également une place importante dans la vie des membres.
Depuis 1986, la Congrégation des Frères de Saint-Jean est un institut religieux de droit diocésain dépendant de l'évêque d'Autun (France), c'est-à-dire sous l'autorité de l'Église catholique locale. De même pour les Sœurs Apostoliques depuis 1993. Quant aux Sœurs Contemplatives, elles dépendent de l'évêque de Lyon.

Sommaire

Histoire

Noviciat et prieuré d'études philosophiques à Saint-Jodard (Loire).

Fondation à Fribourg en 1975

En 1975, un groupe de cinq étudiants de l'université de Fribourg demande au père Marie-Dominique Philippe d'être leur père spirituel. Sur le conseil de Marthe Robin, il les accompagne dans leur souhait de vie monastique1.
En 1978, ce groupe est rattaché pour six ans ad experimentum à l’abbaye cistercienne de Lérins, ses membres en étant oblats, et prend le nom de « Communauté Saint-Jean »1.

Premières implantations

Le premier prieuré est ouvert en 1981 à Cotignac (Notre-Dame-de-Grâces) à la demande de Mgr Barthe, évêque de Fréjus-Toulon2.
En 1982, le Père Philippe cessant d’exercer comme professeur quitte la Suisse. La jeune communauté le suit et s’installe à Rimont, en Bourgogne, où se trouve toujours sa maison mère3. Puis le noviciat est ouvert en 1983 à Saint-Jodard (diocèse de Lyon)4. La communauté connaît jusque dans les années 2000 une phase d'expansion avec de nombreuses fondations en France (La Chaise-Dieu, Murat, Pellevoisin, Orléans, Boulogne-Billancourt, etc.). La Communauté ouvre aussi des implantations à l'étranger, notamment à Taïwan, Genève et progressivement sur les 5 continents5.

Naissance de la Famille Saint-Jean

A ses débuts, la Communauté St Jean est uniquement masculine, mais de nombreuses personnes gravitent autour. Des laïcs s’engagent comme oblats dès 1981, continuant leur vie dans le monde tout en étant proches de la Communauté6. Des femmes fondent une communauté de sœurs contemplatives en 1982, mais rapidement, certaines se sentant une fibre plus active se séparent et fondent la communauté des Sœurs Apostoliques (en 1984)6.

Crises de croissances : 2001 et 2009

Dans les années 2000, la Famille Saint-Jean connaît un certain nombre de difficultés, marquées par des départs et l'obligation de se restructurer. Une dizaine de frères, contestant la part trop importante de l'enseignement du Père Philippe par rapport à d'autres théologiens ou philosophes, partent chez les dominicains après le chapitre général de 20017. C'est pendant cette période, en 2000, que le cardinal Lustiger retire à la congrégation la charge de l'aumônerie du collège Stanislas de Paris. En 2001, le père Marie-Dominique Philippe laisse le gouvernement de la communauté à un deuxième prieur général élu, le père Jean-Pierre-Marie7.
Le père Philippe cesse d'enseigner en 2003 à la suite de la demande de la hiérarchie, pour une « mise en conformité avec le droit ordinaire qui règle l’âge des enseignants (il a 91 ans) et pour permettre un renouvellement du corps des enseignants au studium de Rimont », précise Mgr Pierre Calimé, porte-parole de l’évêque d’Autun8. En 2004, Mgr Madec accompagne la communauté comme assistant religieux.
En juin 2009, le Cardinal Barbarin, évêque ordinaire des Sœurs contemplatives, démet de ses fonctions les sœurs chargées du gouvernement, dont la fondatrice, Sœur Alix. S’ensuit une grave crise pour cette congrégation pendant plusieurs années qui aboutira en juillet 2014 par un acte du pape François autorisant les sœurs dissidentes à fonder une nouvelle communauté9.

Depuis la mort du Père Philippe (2006)

Le 26 août 2006, le père Marie-Dominique Philippe meurt à Saint-Jodard (Loire), un mois après avoir perdu l'usage de la parole à cause d'un accident vasculaire cérébral. Le pape Benoît XVI rend hommage à « celui qui, durant de longues années, guida et forma de nombreuses personnes à l’école du Christ, dans l’esprit du « disciple bien-aimé », les enracinant dans un amour profond de l’Eglise et dans la fidélité au successeur de Pierre. Sa Sainteté rend grâce pour la vie du Père Marie-Dominique, entièrement donnée au Seigneur et à ses frères, enracinée dans la méditation de la Parole de Dieu, dans la recherche et dans la contemplation passionnée de la vérité. »10
Le 19 avril 2010, sous la présidence de Mgr Benoît Rivière, évêque d’Autun le chapitre général des frères de Saint-Jean, constitué d’une cinquantaine de frères délégués, élit un nouveau prieur général pour un mandat de six ans, le père Thomas Joachim (renouvelé en 2016). Il remplace le père Jean-Pierre-Marie arrivé au terme de ses deux mandats de six et trois ans11.

Organisation et effectifs

Organisation

La communauté Saint-Jean se compose de quatre branches :
  • Les Frères : leur mission est variée, auprès des paroisses, des jeunes, des populations défavorisées, etc.
Le prieuré Saint-Hugues de Semur-en-Brionnais, maison-mère et noviciat des Sœurs apostoliques.
  • Les Sœurs apostoliques de Saint-Jean : la communauté des Sœurs apostoliques de Saint-Jean a été fondée en 1984. Elle a été reconnue comme congrégation religieuse de droit diocésain par Mgr Séguy, évêque d’Autun, le 7 octobre 1993. Leur vie apostolique se réalise dans une vie d'évangélisation, par l'accueil et l'aide spirituelle sous toutes ses formes dans les diocèses : centres de retraites et accueil d'hôtes, aumôneries d'écoles, établissements scolaires, aumônerie d'hôpitaux et de prisons, catéchèse, participation à l’animation de paroisses. Elles portent un habit et voile gris.
  • Les Sœurs contemplatives de Saint-Jean : la communauté des Sœurs contemplatives de Saint-Jean, érigée en Institut religieux de droit diocésain par l’archevêque de Lyon le 25 mars 1994, a été fondée par le père Marie-Dominique Philippe en 1982, soit sept ans après les frères de Saint-Jean. C’est avant tout la prière qui est au cœur de la vie des sœurs contemplatives. Prière communautaire (temps d’adoration devant le Saint-Sacrement) et prière solitaire rythment leur journée. Les sœurs vivent leur consécration totale à Dieu dans le silence et la solitude. Elles portent un habit gris avec un voile blanc.
  • Les oblats : des laïcs célibataires ou mariés s'engagent dans l'oblature au sein du monde à une vie de prière, proche des frères et des sœurs.
Après un temps de noviciat et de formation (environ sept ans), les frères et sœurs vivent dans des petites communautés nommées « prieurés ».
  • La maison-mère des Frères de Saint-Jean se trouve au prieuré Notre-Dame de Rimont, 71390 Fley-Rimont.
  • La maison-mère des Sœurs apostoliques de Saint-Jean se trouve au prieuré Saint-Hugues, 71110 Semur-en-Brionnais.
  • La maison-mère des Sœurs contemplatives se trouve au prieuré Sainte-Marthe, 42590 Saint-Jodard.

Effectifs

La chapelle du prieuré de Troussures avec les sœurs contemplatives.
  • Les Frères : la communauté des Frères de Saint-Jean a dans un premier temps connu une forte augmentation de ses effectifs, ce qui dans le contexte socio-ecclésial de l'époque (crise de l'Église, effondrement des vocations, théologie de l'enfouissement) est remarquable : de 5 frères en 1975, elle est passée à 80 frères en 1982 et 350 frères en 1995. Après avoir connu un pic à près de 550 frères dans les années 2000, la communauté comptait officiellement 536 frères en 2010, 524 frères en 2014, 499 frères en 2015, marquant une régression de ses effectifs de 7 % en cinq ans et 500 frères dont 280 prêtres en 201612. Parmi les frères, elle comptait 53 novices en 200313, mais seulement 35 novices en 201414[réf. nécessaire], et 24 novices en 201515[réf. nécessaire], soit une chute de 54 % en 12 ans. Les frères de Saint-Jean ont dû fermer en 2012 leur maison de formation de Valdedios en Espagne, faute de novices. Ce déclin démographique est également illustré par la baisse du nombre de frères français ordonnés prêtres : 11 ordinations en 2012, 6 ordinations en 2013, 3 ordinations en 2014, 3 ordinations en 201516 (il s'agit ici uniquement des ordinations de séminaristes français). En juin 2018, quatre prêtres sont ordonnés dont un seul Français17.
  • Les Sœurs apostoliques : en 2014, les sœurs sont environ 200 : 154 sœurs déjà engagées par les trois vœux de religion, dont 120 de façon définitive ; les autres, environ 50, sont encore novices ou postulantes. Vingt-deux nationalités sont représentées : 60 % sont françaises, 40 % d'autres pays. Les sœurs sont réparties en 23 prieurés dont 12 en France en 201518.
  • Les Sœurs contemplatives : après avoir connu une ascension continue de leurs effectifs, les sœurs contemplatives ont vu leurs effectifs s'effondrer à la suite d'une scission en 2009 qui s'est terminé par la fondation d'une nouvelle communauté extérieure en 2014. Des 380 religieuses que comptait en 2009 cette communauté, il ne restait plus que moins d'une centaine de religieuses en 2014, d'une vingtaine de nationalités différentes. Elles sont désormais réparties en 23 prieurés dont 1 en Belgique à Banneux (depuis 2003) et 8 situés en France : Saint-Jodard (depuis 1983), Terre-Basse (1989), Pellevoisin (1990), Croutoy (1992), Cenves (1999), Troussures (2004), Rimont (2005), Murat (2006). Elles sont dirigées depuis 2015 par Sr Paul-Marie Moulin, prieure générale, assistée de quatre conseillères générales.
En 2005, la communauté Saint-Jean comptait au total 930 frères, sœurs contemplatives, et sœurs apostoliques, et plus de 3 000 oblats. En 2014, la communauté ne comptait plus au total qu'un peu plus de 820 frères, sœurs contemplatives, et sœurs apostoliques.

Liturgie

Les frères et sœurs de la Famille Saint-Jean ont fait le même choix liturgique pour leurs offices religieux : une liturgie sobre d’inspiration monastique et grégorienne mais en langue vernaculaire19,  essentiellement composée pour sa partie française par Magdalith
En 1984, les frères abandonnent la liturgie polyphonique qu’ils avaient reçue de Lérins (inspirée de l’abbaye de Chevetogne) pour un style plus dépouillé déjà utilisé chez les Sœurs de Notre-Dame de Sion (contemplatives) ; celles-ci avaient demandé à Magdalith, une artiste-chanteuse postulant chez elles, de composer une liturgie en français20. Le fondateur de la Communauté Saint-Jean, connaissant ce monastère, l’a par la suite appliquée aux Frères de Saint-Jean ; il dit avoir été « très saisi » par « une espèce de force et de douceur » de ce chant21
Leur vie comprenant une activité apostolique, les Frères et Sœurs apostoliques célèbrent seulement les grandes Heures : Laudes, office du milieu du jour, vêpres, complies ; les clercs sont tenus à réciter l’office des lectures individuellement. L’accent est mis sur la prière silencieuse en communauté : temps d’oraison le matin et le soir, parfois devant le Saint-Sacrement22
Le chant dans la liturgie de la Famille Saint-Jean est essentiellement monodique et se focalise sur la parole proclamée plutôt que la mélodie ou la recherche esthétique. À la suite de Magdalith qui cherchait à rendre vivante la parole chantée, la liturgie dans la Famille Saint-Jean cherche à exprimer la force des paroles proclamées23. Les tons utilisés sont les huit tons du chant grégorien. La langue principale est le français, mais la liturgie a par la suite été adaptée dans différentes langues au fur et à mesure de l’expansion internationale de la Famille Saint-Jean. 
Plusieurs disques de pièces liturgiques ont été enregistrés par la Famille Saint-Jean :
  • La Pâque du Seigneur (2003) par les Sœurs apostoliques de St Jean (diffusion interne) : liturgie de la Semaine Sainte.
  • Du soleil levant au soleil couchant (2011) par les Frères de St Jean (Éditions des Béatitudes) : psaumes de messe.
  • Le Verbe s’est fait chair (2012) par les Sœurs apostoliques de St Jean (diffusion interne) : liturgie de Noël.
  • Un motif de joie d’âge en âge (à paraître) par les Frères de St Jean : chants en l’honneur de Marie.

Habit

L’habit des membres de la communauté Saint-Jean les a fait connaître sous le surnom de « petits gris » en référence à sa couleur24. L’habit monastique fut choisi dans les débuts de la communauté en s’inspirant de l’habit de travail des cisterciens de l’abbaye d’Hauterive, proche de Fribourg que les premiers frères visitaient souvent. Il se compose d’une tunique longue grise couvrant tout le corps et d’un scapulaire à capuchon de la même couleur, similaire à celui des bénédictins. Les frères portent également une ceinture en cuir à laquelle est fixé un rosaire, le même que celui porté par les dominicains25.
Les sœurs portent le même habit mais le capuchon est remplacé par un voile de couleur blanche pour les sœurs contemplatives, et gris pour les sœurs apostoliques.

Activités et apostolats

Les apostolats de la Famille Saint-Jean sont divers (paroisses, formation, engagement caritatif, retraites spirituelles etc.) Ils dépendent souvent de la mission allouée par l'évêque qui les appelle dans son diocèse.

Formation

École Saint-Jean

L'école Saint-Jean est ouverte à tout public et se tient dans divers prieurés de la Communauté, pour offrir une formation philosophique, théologique et spirituelle. Elle met à la disposition du public des cours disponibles en ligne sur le site Éphèse formation26. Elle donne aussi des cours du soir pour adultes, comme dans son prieuré de la région parisienne installé à Boulogne-sur-Seine, ainsi que des cours par correspondance. Le parcours Sophia permet à des adultes de se former sur trois ans en plusieurs sessions de week-ends et en été27.
Dans la même mouvance, le Saint John Institute28 à Denver, couple dans son programme la formation spirituelle, la vie de prière, et l'obtention d'un MBA en entreprenariat au sein de la Walsh University (en)29.

Revue Aletheia

La Communauté dispose aussi d'une maison d'édition (Éphèse éditions) et édite une revue de réflexion, Aletheia « pour se former à la sagesse philosophique, à la sagesse théologique et à la sagesse mystique. »30

Retraites spirituelles

Vue du prieuré de Troussures (Oise) qui organise des sessions et des retraites spirituelles.
La Communauté organise des retraites spirituelles toute l'année dans ses prieurés31. Elles peuvent aussi se faire dans la proximité avec un lieu de pèlerinage, les plus fameux pour la Communauté en France étant celui de Notre-Dame-de-Grâces de Cotignac et celui de Notre-Dame de Pellevoisin.

Académie pour une écologie intégrale

La Communauté, au sein du sanctuaire mariale Notre-Dame du Chêne (Vion), crée l'Académie pour une écologie intégrale32 pour répondre à l'appel du Pape François dans son encyclique Laudato Si. L'objectif de cette académie est d'étudier de nouveaux modes de vie respectueux de l'homme et de son environnement33.

Apostolats auprès des jeunes

Festival Saint-Jean

La communauté Saint-Jean organise un festival d’été destiné aux jeunes à Saint Quentin sur Indrois où les frères sont implantés. Le Festival Saint-Jean se déroule en plein air pendant une semaine en août. Le programme mêle prière, détente, formation et contenu culturel34. Les effectifs oscillent entre trois cents et mille selon les années Plus récemment, le Festival Saint-Jean se décline également sous la forme d’un Festival d’Hiver à la période du Nouvel An, ainsi qu’un Festival de Pentecôte, centré sur les engagements en vie religieuse des frères et sœurs à Paray-le-Monial35.
La Communauté organise également un Festival annuel pour les familles dans son prieuré de Pellevoisin.

Écoles de vie

Plusieurs écoles de vie, comme l'école de vie Saint-Jean-Baptiste dans l'Indre-et-Loire, ou encore en Ethiopie et aux Philippines, permettent pendant une année scolaire de réflexion et d'apostolat une formation globale pour la jeunesse.

L’Association Révélateur

Depuis la fin des années 1990, l’association Révélateur, proche de la Communauté Saint-Jean, produit des spectacles et comédies musicales ayant pour thème la vie de grandes figures du catholicisme36. Ainsi Maximilien Kolbe, Jean-Paul II, Frédéric Ozanam, mère Térésa, Claire de Castelbajac, Padre Pio et les époux Martin ont été mis en scène par l’association. L’association propose des camps artistiques d’été pour la réalisation des spectacles37.

Les camps de jeunes

La Communauté propose des camps pour les jeunes dans ses différents prieurés. Combinant en général activité sportive ou culturelle et prière, ils accueillent plusieurs centaines de jeunes chaque année38. Le format existe également à l'international, là où la communauté est implantée, comme par exemple le mouvement Eagle eye ministries39,40 aux Etats-Unis, ou à Addis Abeba, en Ethiopie, où la communauté est responsable de la pastorale des jeunes41.

Engagement caritatif

Saint-Jean Espérance

La communauté Saint-Jean a développé une activité d’assistance aux toxicomanes depuis 1987. L’association Saint-Jean Espérance accueille sur la base du volontariat des personnes déjà sevrées en hôpital et propose un accompagnement de longue durée afin d’aider à la reconstruction personnelle et préparer une réinsertion sociale. Elle propose une immersion dans un cadre de vie particulier structuré autour du travail, de l’amitié et de la quête spirituelle42,43.

L’association Magdalena

Fondée par un prêtre de la Communauté44, l’association rencontre et accueille des personnes de la rue, notamment des prostituées dans le Bois de Boulogne. L’association a également ouvert en une maison en Seine et Marne en 2017 destinée à aider les femmes à sortir de la prostitution45,46.

Noé Mission Saint-Jean

La Communauté Saint-Jean a également mis en place une structure organisant des séjours humanitaires et de mission : sur la base du bénévolat, des personnes se rendent dans des lieux où la Communauté est déjà présente. Les missions concernent aussi bien l'apostolat spirituel que des projets à caractère humanitaire47.

Dans le monde

La Communauté Saint-Jean s'est vu confier différentes missions sur tous les continents. Ainsi, au Cameroun, les frères dirigent le prestigieux collège Vogt depuis 1993. Dans le même pays, à l'initiative d'un frère de Saint-Jean, des caravanes d'évangélisation rassemble jusqu'à quatre mille personnes par jour, et une radio dédiée à l'évangélisation a vu le jour en 201848. En Inde, les frères ont créé un centre d'accueil pour personnes séropositives sur le terrain de leur prieuré49.

Critiques et controverses

La communauté dont la croissance est rapide à ses débuts, reçoit des critiques dès l'origine, mais surtout depuis 1996, notamment de la part de :
  • L'AVREF 50 dont la dernière publication sur Internet est le Livre noir de la Fraternité Saint-Jean en mai 201551,52.
  • L'UNADFI 53.
  • Le journal catholique contestataire Golias, qui publie depuis 2000 des articles à charge, ainsi qu'une longue enquête en 2005 : « La face cachée des Petits Gris »55.
Ces associations et médias l'accusent notamment de faire un prosélytisme zélé auprès de jeunes adultes, de pousser ceux-ci à couper tout lien avec leur famille, d'exercer des pressions psychologiques, ainsi que l'absence de soins médicaux. Il lui a également été reproché le non-respect de certaines règles de l'Église catholique, et des méthodes de formation des nouveaux venus trop proches des méthodes des sectes.
Ces accusations ont été récusées par plusieurs évêques (notamment les évêques hébergeant ces communautés), comme Mgr Madec ou Mgr Poulain56,57. Ceux-ci ont précisé dans un communiqué que : « face aux accusations lancées par l’AVREF (Association Vie religieuse et Famille), ils se portent garants de ce que vivent ces communautés et récusent à leur propos toute qualification de secte et de dérives sectaires. […] Leurs communautés vivent selon les règles établies par l’Église et ne peuvent d’aucune façon être accusées d’être des sectes. Nous ne pouvons admettre qu’on fasse peser sur elles un tel soupçon et qu’on ternisse ainsi l’image de jeunes religieuses et religieux qui, avec leurs richesses et leurs fragilités, donnent généreusement leur vie pour l’amour du Christ et des hommes58. »
Cependant, depuis les années 2000, la communauté de Saint-Jean est secouée par la révélation d'affaires de mœurs59 dont trois ont été pénalement condamnées.

La « monition canonique » de Mgr Séguy (2000)

Le 28 juin 2000, Mgr Séguy, évêque du diocèse d’Autun, Chalon et Mâcon dont dépend la communauté Saint-Jean, adresse à celle-ci une monition canonique. Dans ce texte « préventivement punitif », l’évêque lance de sévères avertissements à la communauté Saint-Jean après avoir notamment constaté « des signes graves d'un certain essoufflement, désarroi, fatigues physiques ou morales, épuisements, conduites non conformes à la vie chrétienne ou religieuse, demandes de dispenses de vie commune, d'ex-claustrations, de sortie, de retour à l'état laïc, voire de nullités de professions ou d'ordinations pour contrainte morale, etc. »60.

La publication d'une « mise en garde » contre la communauté Saint-Jean (2004)

C'est en janvier 2004 que commence à circuler sur Internet un libelle anonyme dénonciateur. Le document se présente comme une « mise en garde » à l'égard de la communauté Saint-Jean. « Nous sommes catholiques romains. Compte tenu des menaces que nous avons reçues [...], nous ne voulons pas dévoiler ici notre identité », y lit-on. Le texte est parvenu dans les aumôneries scolaires et a été largement diffusé auprès des journaux. Il révèle des affaires de mœurs qui n'avaient pas jusqu'alors été évoquées publiquement et donne des détails sur d'autres dossiers61. Certains sites catholiques, tel celui de la Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires (PNCDS 72) du diocèse du Mans, décident alors de mettre en ligne ce document62.

La dissolution des Sœurs mariales d'Israël et de Saint-Jean (2005)

En 1995, la communauté Saint-Jean s'agrège une nouvelle branche : les Sœurs mariales d'Israël et de Saint-Jean. L'annonce en est faite officiellement et publiquement en avril 1995 : « Lors du dernier chapitre général, une nouvelle branche de la famille Saint-Jean est née : les Petites Sœurs de la Compassion, d’Israël et de Saint Jean. Précédemment reconnue par le diocèse de Lyon comme association privée de fidèles, elles sont dorénavant accueillies comme sœurs des Frères et des Sœurs de Saint-Jean, vivant de la paternité de Saint-Jean à travers une vocation contemplative, mariale, ouverte aussi à des sœurs de santé fragile63. »
Dès 1986, quelques familles avaient émis des critiques contre la communauté64. En 1987, les parents d’une jeune femme de la communauté portent plainte auprès du tribunal ecclésiastique de Lyon. La procédure a été annulée en 1991 pour irrecevabilité de la plainte65,66.
Entre-temps, ces accusations avaient été formellement démenties en 1988 par le cardinal Decourtray qui, dans un communiqué officiel67, avait apporté son soutien à mère Myriam en demandant la cessation des « campagnes de dénigrement ». Le cardinal Decourtray renouvellera par la suite son soutien, jusqu'à sa mort en 1994, en accordant à la communauté des Sœurs mariales le statut d'association privée de fidèles. C'est à ce moment-là que la communauté Saint-Jean s'agrège cette association de fidèles68.
Bien que les enquêtes tant ecclésiastiques que civiles aient démontré l'infondé des accusations69, ces dernières, toujours médiatiques70, ont repris contre les Sœurs mariales d'Israël et de Saint-Jean en 2001 lors de l'attaque médiatique contre le père Philippe et les petits gris64.
Le 15 mars 2005, la communauté des Sœurs mariales d'Israël et de Saint-Jean est dissoute en tant qu'association de fidèles de l'archidiocèse de Lyon, par décret du cardinal Barbarin, une « mesure rare et grave »66. Mgr Hervé Giraud, évêque auxiliaire de Lyon alors chargé du dossier, prend soin de préciser que cette décision a été prise sans enquête mais en raison du fait que cette communauté est sans cesse montrée du doigt « que les accusations soient avérées ou non ». L'autorité diocésaine n'a jamais parlé de dérive sectaire concernant cette communauté et a indiqué que les accusations colportées par les médias « étaient injustes »71.
Du côté judiciaire, la Gendarmerie nationale effectue, en juillet 2005, des perquisitions et des interrogatoires approfondis de la communauté, sur commission rogatoire dans le cadre d'une enquête préliminaire motivée par les accusations répétées. Le procureur de la République conclut : « Pas de trace de séquestration ou de maltraitance », « On n'a rien trouvé qui puisse donner corps à des dénonciations ». Le Procureur souligne aussi que les sœurs sont en libre contact avec leur entourage et leurs familles comme ils ont pu le constater pendant l'enquête72.

L'affaire du prieuré de Genève en Suisse (2008)

En 2008, la Communauté Saint-Jean de Genève, en Suisse, est secouée par une série de révélations d'affaires de mœurs impliquant un frère, responsable du prieuré de Genève. Deux femmes témoignent dans la presse des agressions sexuelles qu'elles auraient subies73. Les plaintes déposées par les deux femmes ne pourront aboutir en justice en raison de la prescription des faits74. Toutefois, la Communauté Saint-Jean a décidé de renouveler entièrement l'équipe du prieuré de Genève75.
L'affaire du prieuré de Genève n'est pas le premier cas de ce genre. Elle fait suite à deux autres affaires du même type. En 2000, au prieuré d'Enschede (Pays-Bas), un frère de Saint-Jean est renvoyé en France par l'évêque d'Utrecht pour son implication dans des affaires de mœurs avec des jeunes filles76. En 2015, une instruction judiciaire est ouverte par le parquet de Chalon-sur-Saône après les aveux d'un frère du prieuré de Saint-Jean d'Abidjan (Côte d'Ivoire), affirmant s'être livré à des actes de pédophilie en 200777.

La scission au sein de la communauté des Sœurs contemplatives de Saint-Jean (2009)

En juin 2009 éclate une très grave crise au sein, cette fois, de la communauté des Sœurs contemplatives de Saint-Jean.
À la suite d'une enquête menée depuis 2003 par le diocèse de Lyon dont elles dépendent78, la sœur Alix, qui dirigeait la communauté depuis 1982, est limogée le 6 juin 2009 par décret du cardinal Barbarin. Un second décret, en juillet 2009, explicite les motifs de cette décision mais n'est pas rendu public par les sœurs79. Cependant, il semble que « la responsabilité de la congrégation était concentrée entre trop peu de mains, en place depuis trop longtemps » et que « la fondatrice et prieure générale (sœur Alix), et les quelques sœurs qui l’entouraient, maintenaient certaines des plus jeunes sous leur emprise psychologique et affective »80,81.
Des témoignages de parents font état de faits graves : « suicides de sœurs, abus de médicaments, voire dérives sexuelles »82.
Sœur Alix n'accepte pas la prieure nommée par le cardinal Barbarin et envoie les novices en dehors du noviciat. Tout cela provoque une désunion qui fait boule de neige et atteint peu à peu la majorité des sœurs qui prennent parti pour sœur Alix. Ainsi, la gouvernance de la nouvelle prieure générale, sœur Johanna, est rendue impossible.
Devant ce début de scission, le commissaire pontifical nommé par Rome, Mgr Jean Bonfils, demande aux quatre sœurs (sœur Alix et trois sœurs proches d'elle) de l'ancien gouvernement de ne plus influencer le reste de la communauté et, à cet effet, de se disperser dans des couvents d'autres congrégations (notamment les visitandines) avec interdiction de communiquer à l'extérieur. Sa demande sera sans effet, en ce qui concerne les communications, comme il le souligne : « Ce n'est pas la fièvre dans l'usage des mails ou des portables qui contribue à l'unité ». Le chapitre qu'il projette pour aboutir au dialogue entre les parties est également rendu impossible : « on ne se comporte pas dans un chapitre comme sur un terrain de sport où chacun veut gagner la partie »83.
Cela débouche sur un début de scission. Plus d'une centaine de sœurs contestatrices se regroupent tout d'abord à Saltillo au Mexique en janvier 2010, accueillies par Mgr José Raúl Vera López, ancien dominicain plutôt progressiste et défenseur de l'œuvre du P. Marie-Dominique Philippe qu'il a bien connu. Puis ces mêmes sœurs partent fonder une nouvelle association publique de fidèles, dénommée « Sœurs de Saint-Jean et Saint-Dominique », le 29 juin 2012 à Cordoue en Espagne.
Par la suite, le cardinal Bertone s'empresse de faire signer au Pape Benoît XVI (à la veille de son retrait), un rescrit d'audience qui précise que cette association « porte gravement atteinte à la discipline ecclésiastique ». Il est précisé que le Pape, pourtant déjà fatigué, est « en possession d’une connaissance précise du comportement peu religieux de certaines sœurs et de l’évolution de la congrégation des Sœurs contemplatives de Saint-Jean ». Le rescrit d'audience dissout cette association dissidente le 10 janvier 201384, le Pape ne voulant pas « cautionner une dérive incompatible avec le respect des valeurs et règles fondamentales de l’Église universelle »85. Les 150 sœurs qui en sont alors membres sont réduites à l’état laïc. Entre-temps le pape François est élu le 13 mars 2013.
Le conflit continue de s'enliser et aucune solution pour remédier à la crise ne semble alors envisageable86.
Le conflit, qui met à mal la communauté Saint-Jean, commence à s'atténuer par la visite du cardinal João Braz de Aviz à l'automne 2013 et s'achève finalement le 1er juillet 2014, lorsque Rome annonce la décision suivante : « les ex-sœurs qui ont canoniquement quitté la congrégation des Sœurs contemplatives de Saint-Jean et les laïques qui voudront s’unir pourront librement constituer une association publique de fidèles en vue de devenir un institut religieux ». La scission est donc désormais définitive. Le Pape François désire cependant que la sœur Alix (âgée de 79 ans) et les trois autres, soient « complètement exclues de la vie religieuse »87,88.
Les sœurs dissidentes ont finalement créé le 25 juillet 2014 une nouvelle communauté : Maria Stella Matutina. Quant aux sœurs qui s'étaient soumises au décret du cardinal Barbarin, leur supérieur hiérarchique, et aux décisions du pape Benoît XVI, au sein de la communauté contemplative de Saint-Jean, elles sont actuellement 80 religieuses. Une nouvelle prieure générale, sœur Paul-Marie, est élue en mai 2015.

Les révélations concernant le père Marie-Dominique Philippe (2013)

En 2013, le prieur général de la communauté Saint-Jean, le frère Thomas Joachim, révèle officiellement et publiquement l'existence de « témoignages convergents et crédibles disant que le père Philippe a parfois posé des gestes contraires à la chasteté, sans union sexuelle, à l'égard de femmes adultes qu'il accompagnait » 89,90. Cette nouvelle « affaire »91 ébranle considérablement la communauté Saint-Jean et annule92 les premières démarches entamées par les « Petits gris » en vue d'une béatification du père Philippe93.
Par ailleurs, le chapitre général des frères de Saint-Jean tenu en avril 2013 est l’occasion d'adopter une motion intitulée « Épreuves et Espérance », admettant l’existence de graves abus sexuels de la part de frères ayant autorité de formation ainsi que d’autres frères. Le paragraphe no 9 de cette motion reconnaît que « des manquements à la chasteté avec des justifications doctrinales ont malheureusement concerné des frères. De tels manquements ont eu lieu entre des frères et des personnes adultes, notamment des personnes qu’ils accompagnaient ; et, dans le passé, entre des frères ayant autorité de formation et de jeunes frères94. »
En juin 2016, une ancienne religieuse carmélite révèle de nouvelles informations : elle affirme avoir été abusée sexuellement pendant de longues années par le père Marie-Dominique Philippe. Son témoignage est publié par l'AVREF sur son site internet 95.

Une ex-sœur de Saint-Jean dénonce des dérives sectaires (2017)

À 24 ans, en 1999, Marie-Laure Janssens est entrée chez les sœurs contemplatives de Saint-Jean où elle restera 11 ans96. Après avoir finalement quitté cette communauté en 2010 et s'être mariée, elle affirme en 2017 dans un livre avoir été la « victime d'un crime que ni le droit pénal ni le droit de l'Église catholique ne reconnaissent : l'abus spirituel »97..98.99 Elle affirme : "J'ai bel et bien passé onze ans dans une secte"100.

Condamnations pénales pour agressions sexuelles et viols

Le 2 juillet 2010, un premier frère et prêtre de Saint-Jean, du prieuré de Marchegg (Autriche), est condamné par un tribunal de Vienne à six mois de prison avec sursis et 2 000 euros d'amende après les plaintes de deux jeunes femmes101. Le frère a été depuis renvoyé en France.
En 2012, un second frère de Saint-Jean, de nationalité mexicaine, est condamné à deux reprises, d’abord le 14 février 2012 par le Tribunal correctionnel d’Angoulême à 18 mois de prison avec sursis pour plusieurs agressions sexuelles commises en mars et septembre 2009 sur un garçon de 12 ans, à Cognac et Richemont en Charente102 ; puis de nouveau condamné le 12 novembre 2012 par le Tribunal correctionnel de Mâcon à 25 mois de prison ferme pour l'agression sexuelle d'un lycéen de 17 ans, commise en mai 2011 à Cluny103.
Un troisième frère de Saint-Jean (renvoyé depuis de la communauté et réduit à l'état laïc) est condamné le 28 mai 2015 par la cour d’assises de Chalon-sur-Saône à 8 ans de prison ferme, pour des faits d'agressions sexuelles et de viols sur cinq fillettes et une adulte fragile psychologiquement (qui s’est ensuite suicidée), commis entre 1991 et 1999 en France et en Roumanie104,105. Ce même frère est une nouvelle fois condamné le 24 novembre 2015 par le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay à quatorze mois de prison ferme pour attouchements sexuels sur une fillette de 6 ans en 1991, à la Chaise-Dieu106.
Un quatrième frère de Saint-Jean (renvoyé en 2014 et relevé de ses vœux en 2015) est condamné le 29 avril 2016 à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône. Questionné par le juge, l'accusé a reconnu les attouchements sexuels qu'il avait commis107 sur un adolescent en 2009 à Murat (Cantal) et sur un adulte en 2014 à Rimont (Saône-et-Loire), en l'occurrence un autre frère de Saint-Jean 108,109.

Le « travail de vérité » de la Communauté Saint-Jean

La Communauté Saint-Jean s'est engagé à partir de 2013 dans un « profond travail de vérité »110. Elle traite de front des sujets sensibles comme la relation à son fondateur, le Père Marie-Dominique Philippe, ou le charisme propre de la Communauté.

La relation au Père Marie-Dominique Philippe

Après la reconnaissance officielle par les autorités de la Communauté des manquements à la chasteté du Père Philippe, en 2013, les frères de Saint-Jean ont engagé une réflexion communautaire afin de clarifier la relation avec leur fondateur111. La communauté s'est lancée dans un travail de discernement afin de permettre à chacun de « relire son histoire personnelle avec le Père Philippe » ; ainsi la communauté veut « travailler sur l’enseignement du père Philippe, donc son héritage dans la pensée et les structures de la congrégation, et vérifier sa validité »110. Sans renier l'héritage spirituel et intellectuel du fondateur, les frères de Saint-Jean ont accepté de faire le deuil d'une image parfois idéalisée. Les frères ont aussi rééquilibré leur formation avec plus d'intervenants extérieurs, une meilleure formation en psychologie, sur la chasteté et la vie sexuelle. Si la pensée et les écrits du Père Philippe nourrissent toujours l'enseignement et la vie spirituelle, la communauté a pris une certaine distance critique et identifié certains manquements dans la formation qui ont pu favoriser les déviances en matières de moeurs. Comme le souligne le prieur général : « Les écrits du père Philippe ont été étudiés et, même à Rome, il n’a pas été trouvé d’éléments qui soient hors de l’enseignement de l’Église. Finalement, c’est un équilibre que nous avons remis en cause. »110

Accompagnement extérieur

Depuis 2013, les frères ont créé une cellule d’écoute avec un jésuite et une psychologue extérieurs à la communauté. Ils ont aussi mis en place, avec les jésuites du Châtelard112, des programmes de formation à l’accompagnement à destination des prieurs, ainsi qu’à la vie affective et à la sexualité pour les frères. Le chapitre général a aussi mis en route des procédures internes, en cas de plaintes portant sur un frère. Une année de postulat a également été ajoutée avant le noviciat pour renforcer le discernement à l’entrée de la communauté.
La Congrégation pour les instituts de vie consacrée nomme en septembre 2015 un commissaire pontifical pour « accompagner » la communauté Saint-Jean dans son ensemble. Il s'agit de l'évêque émérite de Viviers, Mgr Blondel113. Il est précisé que son rôle « n'est pas de se substituer aux supérieurs généraux »114, mais d'aider la congrégation d'une part à améliorer la formation de ses membres et, d’autre part, à préciser son charisme et clarifier la relation à son fondateur115.

Travail sur la culture communautaire

Au-delà des structures et de la formation, la communauté dit faire « peu à peu bouger des lignes, évoluer notre « culture communautaire » »116 afin de favoriser l'acceptation par tous ses membres des transformations nécessaires. Le Père Thomas, explique s'être « beaucoup déplacé pour faire en sorte que ce qui devait être dit le soit »116. Par des groupes de discussion, l'accompagnement de psychologues et des autorités de l'Eglise, la communauté travaille sur sa propre culture. « Si le travail intellectuel est fait, celui sur la culture communautaire est encore vivant. »110 Parallèlement à la réforme de la formation, la communauté mène le même effort auprès de tous ses membres. A la lumière du travail accompli, de nombreux évêques en France, ont manifesté leur soutien à la congrégation110. Le père Thomas, assure, quant à lui « envisager l'avenir avec espérance » : « On sent que progressivement, on évolue dans le bon sens. Alors que le risque, aujourd’hui, serait de manquer d’une certaine fierté d’appartenance au bon sens du terme, il faut aussi voir que nous avons de très belles choses, nous continuons d’apporter une bonne nouvelle, de faire du bien: donc corrigeons ce qui doit l’être mais n’oublions pas le don que Dieu a fait à notre communauté. »111

Structure et implantations

Prieuré de Marchegg, en Autriche.
L'église Saint-Nicolas-des-Lorrains de Rome.

Les frères

Prieur général des frères :
  • Jusqu'en 2001 : P. Marie-Dominique Philippe op
  • 2001-2010 : P. Jean-Pierre-Marie (Guérin-Boutaud) csj
  • Depuis avril 2010 : P. Thomas Joachim csj (ordonné prêtre en 1995), réélu pour trois ans en 2016.
Le prieur général est élu pour six ans. Son mandat peut être prolongé de trois ans. Il est assisté d'un vicaire général et appuyé par un conseil général qui le conseille dans son service de direction de la congrégation. Certains membres sont aussi vicaires.
La congrégation est divisée en vicariats dont le vicaire (élu pour trois ans par le chapitre général) représente le prieur général.
En France, les frères sont présents dans les diocèses d'Ajaccio, d'Angers, d'Angoulême, d'Avignon, d'Autun, de Beauvais, de Bourges, de Digne, de Fréjus-Toulon, de Lyon, du Mans, de Marseille, de Montpellier, de Moulins, de Nanterre, d'Orléans, du Puy-en-Velay, de Saint-Flour, de Tours et de Vannes.

Les sœurs

Les Sœurs apostoliques sont présentes dans 23 prieurés (dont 12 en France, ainsi qu'en Allemagne, Lituanie, Guinée, Cameroun, Togo, Philippines, Mexique et États-Unis). Leur prieure générale est Sœur Claire-de-Jésus depuis mars 2018.
Les Sœurs contemplatives sont présentes dans 12 prieurés (dont 4 en France, ainsi qu'en Belgique, Lituanie, au Cameroun, Côte d'Ivoire, à Taïwan, aux Philippines, au Mexique et aux États-Unis). Leur prieure générale est Sœur Paul-Marie (Moulin) depuis mai 2015.

Références

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Voir aussi

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Articles connexes

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Communautés nouvelles catholiques dans le contexte du concile Vatican II (+ ou - 20 ans)
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Nées au  Brésil
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Madonna House · Marie-Jeunesse · Famille Myriam
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Franciscains du Bronx · People of Praise (en) · Word of God
Nées en  Espagne
Néocatéchuménat
Nées en  France
Agneau (Frs et Srs) · Aïn Karem (Fid) · Apôtres de la paix (Fid) · Béatitudes (Fid) · Bethléem (Frs et Srs) · Chemin Neuf (Fid) · Croix Glorieuse (Fid) · de l’Épiphanie et de la Croix (Fid) · Emmanuel (Fid) · Fondacio (Fid) · Foyers de Charité (Fid) · Jérusalem (Frs et Srs) · Jeunesse-Lumière (Fid) · Gennésaret (Fid) · Marie-Jean (Fid) · Nouvelle Alliance (Srs · Notre-Dame de l'Alliance (Fid) · Notre-Dame de la Sagesse (Prêtres) · Points-Cœur (Frs et Srs) · Puits de Jacob (Fid) · Réjouis-toi (Fid) · Résurrection (Frs) · Saint-Jean (Frs et Srs) · Saint-Jean-de-Malte (Prêtres) · Saint-Joseph (Frs et Srs) · Saint-Thomas-Becket (Prêtres) · Sappel (Fid) · Serviteurs de Jésus et de Marie (Frs) · Verbe de Vie (Fid) · Vierge Missionnaire (Frs et Srs)
Nées en  Italie
Communion et Libération (Fid) · Saint-Martin (Prêtres) · Sant'Egidio (Fid) · Focolari (Fid) · Franciscains de l’Immaculée (Fr. et Sr.)
Nées en  Pologne
Koïnonia Saint-Paul (pl)
Nées en  Suisse
Eucharistein
Disparues
Moria · Théophanie · Sainte-Croix · Pain de Vie · Sœurs mariales d'Israël
Voir aussi
Conseil pontifical pour les laïcs · Arche de Jean Vanier · L'Arche de Lanza del Vasto · Marthe Robin · Renouveau charismatique · Taizé · Vatican II · Nouvelle évangélisation
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