mardi 30 juin 2015

premiers martyrs de l'église de Rome + 64


Premiers Martyrs de l'Église de Rome
(† 64)

Martyrologe Romain : Mémoire des premiers saints martyrs de la sainte Église romaine.
En 64, après l’incendie de la ville de Rome, l’empereur Néron accusa faussement les chrétiens de ce forfait et en fit cruellement périr un grand nombre: les uns, revêtus de peaux de bêtes, furent exposés aux morsures des chiens; d’autres crucifiés; d’autres transformés en torches, afin qu’à la chute du jour ils servissent d’éclairage nocturne dans le cirque.
Tous étaient disciples des Apôtres; ils furent les premiers des martyrs que l’Église romaine offrit au Seigneur.
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Premiers martyrs de l'Église de Rome – wikipédia en ligne 30 Juin 2015


Les Torches de Néron (Lumières guidant la Chrétienté), huile sur toile, 1876

Les Premiers martyrs de l’Église de Rome est, suivant l'hagiographie catholique, le nom donné à un groupe indéterminé de chrétiens victimes du premier épisode de persécution des chrétiens qui prend place à Rome entre 64 et 68 à l'instigation de Néron à la suite du grand incendie de Rome.

Sommaire

Contexte

Un violent incendie se déclare à Rome en 64, que les pompiers de l'Urbs ne peuvent maîtriser. La rumeur court alors que la catastrophe serait le fait de Néron, désireux de détruire les quartiers insalubres et de rebâtir la ville.

Témoignage de Tacite

L'historien Tacite, tout en étant réservé quant à l’origine de l’incendie (« Fut-il dû au hasard ou à la malignité du prince, on ne sait »)1 rapporte dans ses Annales (XV, 44) que l'empereur était incapable de faire taire la rumeur dévastatrice : « Aucun moyen humain, ni largesses princières, ni cérémonies expiatoires ne faisaient reculer la rumeur infamante d’après laquelle l’incendie avait été ordonné »2 Les chrétiens - un groupe religieux minuscule, encore mal distingué des juifs3 - sont choisis comme boucs émissaires : « [Néron] supposa des coupable et infligea des tourments raffinés à ceux que leurs abominations faisaient détester et que la foule appelait ‘Chrétiens’»4
Tacite décrit les supplices atroces auxquels les chrétiens sont soumis (et qui ont largement alimenté l’iconographie chrétienne) : « On ne se contenta pas de les faire périr ; on se fit un jeu de les revêtir de peaux de bêtes pour qu’ils fussent déchirés par la dent des chiens, ou bien ils étaient attachés à des croix et enduits de matières inflammables, quand le jour avait fui, ils éclairaient les ténèbres comme des torches… ». Tacite n’a aucune attirance personnelle pour cette « détestable superstition ». Cependant, à la vue de ce spectacle horrible5 il en vient à éprouver quelque sympathie : « Aussi quoique ces gens fussent coupables et dignes des dernières rigueurs on se mettait à les prendre en pitié ».
Sans se prononcer sur la culpabilité des chrétiens Tacite propose une théorie du bouc émissaire lui permettant de faire ressortir la cruauté et l'arbitraire de l'empereur et non par sympathie pour les chrétiens qui sont amalgamés aux juifs, porteurs à ses yeux d'une même « haine du genre humain »3.
Suétone mentionne également une persécution au milieu d’une liste de mesures prises par Néron6 mais sans la lier à l'incendie7.
Buste de Néron, Musée capitolin, Rome
Les chrétiens sont peut-être visés après avoir vu dans l'incendie le signe précurseur de l'imminence de la fin du monde : se répandant dans les rues pour appeler à la conversion[réf. nécessaire], tombant ainsi sous le coup du crime de prosélytisme8, ils auraient ainsi attiré l'attention sur eux9. Ils sont condamnés comme incendiaires et subissent une peine réflexive : ils sont eux-mêmes, pour certains, brûlés vifs dans les jardins impériaux ; d'autres sont utilisés pour des jeux de rôle de type mythologiques ou des jeux de chasse, dont est friand le public romain, dans les arènes du cirque du Vatican9. Ils sont condamnés en vertu de la lex Cornelia de sicariis et veneficis10 sans que leur religion ne rentre pour autant en ligne de compte11. Ainsi, la justification de cette première persécution par un hypothétique institutum neronianum relève de la légende10.
Une tradition de la communauté chrétienne de Rome lie dès la fin du Ier siècle à cet épisode la mort des apôtres Pierre et Paul de Tarse comme en atteste pour la première fois Clément de Rome dans son épître aux Corinthiens12, bien qu'on n'en connaisse rien d'un point de vue historique. La communauté chrétienne de Rome sera prompte, malgré le traumatisme subi, à dédouaner le pouvoir impérial de cette persécution suivant l'injonction paulinienne de se soumettre « à toute institution humaine » et Clément de Rome lui-même impute les victimes néroniennes et la mort des deux apôtres à des tensions intra-communautaires13.

Hagiographie

Suivant cette tradition, l’apôtre Pierre aurait été crucifié et son corps fut déposé dans une sépulture au flanc de la colline du Vatican soit en 64, soit en 67. L’apôtre Paul de Tarse, suivant une tradition remontant au IIIe siècle14, aurait lui été décapité aux Aquae Salvae, sur la route d’Ostie, en 65 ou 67, à l'emplacement de l'actuelle basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.
Les deux apôtres son fêtés ensemble le 29 juin.

Liturgie

Ce groupe de martyrs anonymes ou légendaires est liturgiquement commémoré le 30 juin, au lendemain de la fête des saints Pierre et Paul
La tradition chrétienne retient également une série de martyrs supposés liés à cette persécution :

Notes et références

  1. Tacite, dans les Annales, livre XV, N° XXXVIII (page 486 de l’édition latin-français de Henri Goetzler, Paris, 1925)
  2. Tacite, dans les Annales, livre XV, N° XLIV (page 491 de l’édition latin-français de Henri Goetzler, Paris, 1925).
  3. a et b Marie-Françoise Baslez, Les Persécutions dans l'Antiquité. Victimes, héros, martyres, Fayard, 2007, p. 283.
  4. Tacite, ibidem
  5. Tacite, âgé de quelque 12 ou 13 ans, est étudiant à Rome et probablement témoin oculaire de ce qui s’est passé
  6. Suétone, Vie des douze Césars, Néron, 16.
  7. Manfred Heim, 2000 dates pour comprendre l'Église, Albin Michel, 2010, p. 19.
  8. Marie-Françoise Baslez, Comment notre monde est devenu chrétien, CLD, 2008, p. 61.
  9. a et b Baslez 2007, p. 282.
  10. a et b Heim 2010, p. 20.
  11. Baslez 2008, p. 60.
  12. Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, PUF/Nouvelle Clio, 2006, p. 197.
  13. Marie-Françoise Baslez, Comment notre monde est devenu chrétien, CLD, 2008, p. 62.
  14. Heim 2010, p. 19.

Bibliographie

  • Marie-Françoise Baslez, Les Persécutions dans l'Antiquité. Victimes, héros, martyrs, Fayard, 2007.
  • Glen W. Bowersock, Rome et le martyre, Flammarion, 2002.
  • Pierre Maraval, Les Persécutions des chrétiens durant les quatre premiers siècles, Desclée, 1992
  • Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le Christianisme des origines à Constantin, PUF/Nouvelle Clio, 2006.
  • Adalberto Giovanni, « Tacite, l’incendium neronis et les chrétiens », dans Revue des études augustiniennes no 30, 1984, pp. 3-23 [lire en ligne].

Articles connexes

  • Portail de Rome

nominis.cef.fr

Saints Premiers martyrs de Rome

( 64)

Injustement accusés par Néron de la responsabilité de l'incendie de Rome, cité qui, selon l'Apocalypse, "se saoulait du sang des témoins de Jésus." Ils furent livrés aux bêtes, éclairèrent les fêtes de Néron en brûlant comme des torches dans les jardins de Rome où ils furent torturés pour le plaisir sadique de leurs bourreaux.
Mémoire des premiers saints martyrs de la sainte Église romaine. En 64, après l’incendie de la ville de Rome, l’empereur Néron accusa faussement les chrétiens de ce forfait et en fit cruellement périr un grand nombre: les uns, revêtus de peaux de bêtes, furent exposés aux morsures des chiens; d’autres crucifiés; d’autres transformés en torches, afin qu’à la chute du jour ils servissent d’éclairage nocturne dans le cirque. Tous étaient disciples des Apôtres; ils furent les premiers des martyrs que l’Église romaine offrit au Seigneur.
Martyrologe romain
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catholicus.pagesperso-orange.fr
Dans la nuit du 18 au 19 juillet 64, éclate à Rome un violent incendie. Les trois quart de la ville sont endommagés. Voulant éviter la haine de la foule à son égard, l'Empereur Néron décide de faire des chrétiens de la ville les uniques responsables de cette catastrophe et ordonne de les arrêter.
Ils sont « une foule immense » nous dit Tacite. Ils périssent un mois plus tard dans la nuit du 15 août, exposés sur des croix, brûles vifs ou donnés comme gibier à des chiens. Ce terrible « spectacle » a lieu dans les jardins de Néron sous les yeux d'une foule qui aime se divertir par des scènes de cruauté mais surtout sous la direction d'un fou avide de sang et de gloire. Saint Pierre est très probablement une de ces victimes saintes qui ont préféré subir la fureur d'un tyran que cacher leur identité de Chrétiens.
Si nous ne connaissons pas les noms de ces martyrs, l'Église nous assure qu'ils sont à jamais inscrit sur « le livre de vie » dont parle l'Apocalypse et qu'ils possèdent pour l'éternité la gloire et la paix profonde des enfants de Dieu. C'est l'orgueil d'un seul qui entraîna ce massacre inouï, mais Dieu sait combien le témoignage des Saints rend féconde la terre qui reçut leur sang.
Ces martyrs sont pour nous « un magnifique exemple » (Saint Clément de Rome - Pape) parce qu'ils nous invitent à reprendre courage contre l'adversaire qui « va et vient comme un lion rugissant ». C'est par la « force de la foi » qu'ils ont pu rester fermes devant les pires supplices. C'est cette foi ardente que nous sommes appelés à recevoir de l'Esprit Saint. Il n'y a qu'elle qui puisse nous donner une vrai liberté et la joie de la victoire de l'amour.
Il y eut bien d'autres martyrs à Rome :
Vers 67 : 47 martyrs.
Vers 68 : 3 soldats.
Vers 115 : des malfaiteurs prisonniers, baptisés par le pape Saint Alexandre (107 - 116 ?), auraient été conduits à Ostie et embarqués sur un vieux navire qui aurait sombré.
En 219 : très nombreux martyrs sous Alexandre Sévère et sous le préfet Ulpien.
vers 250 : 2 soldats martyrisés sur la voie Lavicana.
En 262 : 40 soldats martyrs, voie Lavicana, sous Gallien.
En 269 : environ 260 martyrs : d'abord condamnés aux travaux forcés pour construire la voie Salarienne, puis massacrés dans l'amphithéâtre par des archets, sous Claude II.
Plus 46 soldats et 212 civils martyrisés.
En 274 : 165 martyrs, sous Aurélien.
En 303 : Un important groupe martyrisé parce que ces membres avaient refusé de livrer les Livres saints, sous Dioclétien.
Plus 23 martyrs, voie Salarienne et 30 martyrs, enterrés, voie Lavicana.
En 304 : 30 soldats martyrisés, toujours sous Dioclétien.
Il existe avec certitude d'autres groupes de martyrs mais dont les dates sont incertaines. cela ne nous permet pas de les mentionner.
L'ancien Martyrologe d'avant 1970 appelle Rome, « un champ fertile de martyrs ».


DORE GUSTAVE / The Christian Martyrs

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