vendredi 5 avril 2019

saint Vincent Ferrier . 1350 + 1419

wikipédia à jour au 7 avril 2019 à 08:56 – consulté à 10 heures



Vincent Ferrier
Saint catholique

Saint Vincent Ferrier
Détail d'un tableau de Giovanni Bellini
Naissance
23 janvier 1350
Valence
Décès
5 avril 1419  (à 69 ans)
Vannes
Nationalité
Ordre religieux
Vénéré à
1455 Rome
par Calixte III
Vénéré par
Fête
5 avril (5 mai dans le Diocèse de Vannes)
Saint patron
patron des constructeurs, couvreurs, plombiers
Vincent Ferrier (en valencien Sant Vicent Ferrer) est un prêtre de l'Ordre dominicain, né le 23 janvier 1350 près de Valence (Couronne d'Aragon) et mort le 5 avril 1419 à Vannes (Bretagne) qui est resté célèbre pour ses prédications publiques. Une partie de ses reliques sont vénérées à la cathédrale Saint-Pierre de Vannes. Il est le saint patron du Pays valencien.

Biographie

Enfance et formation

Vincent est le quatrième enfant d’un homme issu de la noblesse aragonaise, Guillem Ferrer, originaire de Palamos et de Constança Miquel. Selon certaines légendes, son père aurait fait un rêve avant sa naissance l’informant qu’il aurait un fils dominicain. Il fut nommé d’après saint Vincent de Saragosse, le patron de sa ville natale, Valence. A l’âge de 19 ans, Vincent Ferrer entre dans l’Ordre des Prêcheurs, communément appelé l’ordre dominicain. Les premières années, il est tenté de quitter l’habit mais ses parents l’incitent à continuer sa formation. En 1379, il est ordonné prêtre à Barcelone. Dans un premier temps, il enseigne la théologie à Barcelone puis à l’université de Lleida, où il obtient un doctorat de théologie. Il s’y fait connaître pour ses talents d’orateur.

Prédications en Europe

Statue de Saint Vincent Ferrier, Musée d'histoire et d'archéologie de Vannes
Maison de Saint Vincent Ferrier, (Valence)
Son charisme et son influence populaire sont tels qu'il devient un personnage-clé dans les troubles politico-religieux liés au Grand Schisme d'Occident. Proche de Pedro de Luna, alors cardinal et futur Benoît XIII, Vincent Ferrier se rallie tout d'abord à la papauté d'Avignon, rejetant la légitimité d'Urbain VI dans son traité De moderno ecclesiae schismate. Il devient par la suite confesseur de Benoît XIII, désormais antipape et figure emblématique de la résistance à Rome. Mais, dans un souci d'union de l'Église, il finit par se résigner à abandonner la cause de Benoît pour reconnaître le pape romain. Son acte de renonciation officiel intervient en 1416, à l'époque où le Concile de Constance s'emploie à mettre fin au Schisme.
Infatigable prêcheur et évangélisateur de l'Europe pendant vingt ans, de 1399 à sa mort, il parcourt l'Espagne, l'Italie, la Suisse, et va même jusqu'en Écosse. Il est souvent accompagné d'une quantité impressionnante de disciples, au point qu'il doit essentiellement prêcher dans de grands espaces extérieurs pour pouvoir être entendu de la foule. On lui prête le don des langues, au vu de sa capacité à communiquer avec tant de peuples différents.
En dehors des questions papales, son rôle politique est particulièrement important en Espagne, où il aide Ferdinand de Castille à accéder à la couronne d'Aragon dans un contexte de succession difficile (cf. Compromis de Caspe).
Il aborde la question juive en Espagne où il prêche la conversion des Juifs. Pour l'historien Salomon Mitrani-Samarian, « tout en s'efforçant de modérer la sauvagerie des massacreurs, il faisait entrer dans le giron de l'Église les malheureux Juifs qui pour échapper à la mort se réfugiaient dans les églises  » et aurait selon ses apologistes converti 25 000 à 30 000 Juifs1. Au début du XVe siècle, il écrit : « Les apôtres qui ont conquis le monde ne portaient ni lances ni couteaux. Les chrétiens ne doivent pas tuer les juifs avec le couteau, mais avec la parole et pour cela les émeutes qu'ils font contre les juifs, ils les font contre Dieu même, car les juifs doivent venir d'eux-mêmes au baptême »1. Les sources divergent sur la nature des événements (invasion pendant un sermon obligatoire ou bien massacres pendant le culte synagogal), la date (1391 ou 1411) et la part que prit Ferrier dans l'appropriation d'une synagogue de Tolède puis sa transformation en l'église Santa Maria la Blanca2,3. Il prêche aussi la séparation complète des Juifs et des chrétiens et serait donc un des instigateurs de la création des « juderias » en Espagne1. Par ailleurs, Normand Rousseau, maître en sciences bibliques, affirme dans « Monsieur Jésus » (p.574) et dans «Les assassaints et les assassaintes» que « Vincent Ferrier incendiait des synagogues ».
La France n'est pas oubliée dans ses missions, il en parcourt tout le Sud avant d'être appelé en Bretagne en 1418 par Jean V, duc de Bretagne. Il sillonne pratiquement toute la Bretagne de ville en ville pendant près de deux ans et revient à Vannes, épuisé, où il meurt le 5 avril 1419. La localité de Puy-Saint-Vincent en Vallouise (Hautes-Alpes), qui s'appelait auparavant Puy-Saint-Romain, a pris son nom après son passage dans les Alpes du Sud.
Après les nombreux miracles constatés sur sa tombe qui lui sont attribués, le duc de Bretagne Jean V (1399-1442) demande que le dominicain soit canonisé. Calixte III proclame sa canonisation le 29 juin 1455. Le pape désigne le prélat breton Alain de Coëtivy pour lever les reliques du tombeau ; la cérémonie a lieu à Vannes le 5 avril 14564Source insuffisante .
Il est fêté le 5 avril.
Vincent Ferrier (dessin de Jean Le Clerc dans Vita et miracula Vicentii Ferrerii, Paris, 1712)
Coffre reliquaire de saint Vincent Ferrier (cathédrale de Vannes)
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Protection

Il est le patron des travailleurs de la construction en général, et plus particulièrement des :
  • Constructeurs
  • Fabricants de briques et de tuiles; couvreurs
  • Plombiers
  • Poseurs de revêtements de sol.

Dévotions particulières

  • Invoqué contre l'épilepsie et le mal de tête

Œuvres

Notes et références

  1. Michel Despland, « La religion en Occident: Grandes ou petites vérités? [archive] », dans Critère, no 32, automne 1981, reproduit sur L'Encyclopédie de L'Agora. Consulté le 24 août 2007.
  2. (en) Anna Foa, « The Jews of Europe after the Black Death » [archive], sur Google Books, University of California Press, 2000 p. 88

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

Il est l'auteur d'un Traité des suppositions dialectiques et de Question solennelle sur l'unité de l'universel qui définit et fixe sa conception de l'univers intelligible qui servira de support à son enseignement sacré.
  • Pierre-Henri Fagès, Histoire de saint Vincent Ferrier, apôtre de l'Europe, Paris, Picard, 2 vol., 1901.
  • Pierre-Henri Fagès, Procès de canonisation de saint Vincent Ferrier. Enquête de Bretagne, Moulins, imprimerie bourbonnaise, 1904.
  • Pierre-Henri Fagès, Notes et documents de l’histoire de saint Vincent Ferrier, Paris, Picard, 1905.
  • Henri Ghéon, Saint Vincent Ferrier, Paris, Flammarion, 1939 (rééd. 2019, DMM).
  • Mathieu-Maxime Gorce, Bases de l'étude historique de saint Vincent Ferrier, Paris, Plon, 1923.
  • Mathieu-Maxime Gorce, Saint Vincent Ferrier (1350-1419), Paris, Plon, 1924.
  • Paul-Bernard Hodel, Le Tractatus de moderno ecclesie scismate de saint Vincent Ferrier (1380), Fribourg, Universitaires Fribourg Suisse, 2008.
  • « Un homme d'action : Saint Vincent Ferrier », Le Correspondant, no 1499, 10 mars 1925, p. 641–674 (lire en ligne [archive]).

Articles connexes

Liens externes







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Vincent Ferrier



Vincent Ferrier
Saint catholique

Saint Vincent Ferrier
Détail d'un tableau de Giovanni Bellini
Naissance
23 janvier 1350
Valence
Décès
5 avril 1419  (à 69 ans)
Vannes
Nationalité
Ordre religieux
Vénéré à
1455 Rome
par Calixte III
Vénéré par
Fête
5 avril (5 mai dans le Diocèse de Vannes)
Saint patron
patron des constructeurs, couvreurs, plombiers
Vincent Ferrier (en valencien Sant Vicent Ferrer) est un prêtre de l'Ordre dominicain, né le 23 janvier 1350 près de Valence (Couronne d'Aragon) et mort le 5 avril 1419 à Vannes (Bretagne) qui est resté célèbre pour ses prédications publiques. Une partie de ses reliques sont vénérées à la cathédrale Saint-Pierre de Vannes. Il est le saint patron du Pays valencien.

Biographie

Enfance et formation

Vincent est le quatrième enfant d’un homme issu de la noblesse aragonaise, Guillem Ferrer, originaire de Palamos et de Constança Miquel. Selon certaines légendes, son père aurait fait un rêve avant sa naissance l’informant qu’il aurait un fils dominicain. Il fut nommé d’après saint Vincent de Saragosse, le patron de sa ville natale, Valence. A l’âge de 19 ans, Vincent Ferrer entre dans l’Ordre des Prêcheurs, communément appelé l’ordre dominicain. Les premières années, il est tenté de quitter l’habit mais ses parents l’incitent à continuer sa formation. En 1379, il est ordonné prêtre à Barcelone. Dans un premier temps, il enseigne la théologie à Barcelone puis à l’université de Lleida, où il obtient un doctorat de théologie. Il s’y fait connaître pour ses talents d’orateur.

Prédications en Europe

Statue de Saint Vincent Ferrier, Musée d'histoire et d'archéologie de Vannes
Maison de Saint Vincent Ferrier, (Valence)
Son charisme et son influence populaire sont tels qu'il devient un personnage-clé dans les troubles politico-religieux liés au Grand Schisme d'Occident. Proche de Pedro de Luna, alors cardinal et futur Benoît XIII, Vincent Ferrier se rallie tout d'abord à la papauté d'Avignon, rejetant la légitimité d'Urbain VI dans son traité De moderno ecclesiae schismate. Il devient par la suite confesseur de Benoît XIII, désormais antipape et figure emblématique de la résistance à Rome. Mais, dans un souci d'union de l'Église, il finit par se résigner à abandonner la cause de Benoît pour reconnaître le pape romain. Son acte de renonciation officiel intervient en 1416, à l'époque où le Concile de Constance s'emploie à mettre fin au Schisme.
Infatigable prêcheur et évangélisateur de l'Europe pendant vingt ans, de 1399 à sa mort, il parcourt l'Espagne, l'Italie, la Suisse, et va même jusqu'en Écosse. Il est souvent accompagné d'une quantité impressionnante de disciples, au point qu'il doit essentiellement prêcher dans de grands espaces extérieurs pour pouvoir être entendu de la foule. On lui prête le don des langues, au vu de sa capacité à communiquer avec tant de peuples différents.
En dehors des questions papales, son rôle politique est particulièrement important en Espagne, où il aide Ferdinand de Castille à accéder à la couronne d'Aragon dans un contexte de succession difficile (cf. Compromis de Caspe).
Il aborde la question juive en Espagne où il prêche la conversion des Juifs. Pour l'historien Salomon Mitrani-Samarian, « tout en s'efforçant de modérer la sauvagerie des massacreurs, il faisait entrer dans le giron de l'Église les malheureux Juifs qui pour échapper à la mort se réfugiaient dans les églises  » et aurait selon ses apologistes converti 25 000 à 30 000 Juifs1. Au début du XVe siècle, il écrit : « Les apôtres qui ont conquis le monde ne portaient ni lances ni couteaux. Les chrétiens ne doivent pas tuer les juifs avec le couteau, mais avec la parole et pour cela les émeutes qu'ils font contre les juifs, ils les font contre Dieu même, car les juifs doivent venir d'eux-mêmes au baptême »1. Les sources divergent sur la nature des événements (invasion pendant un sermon obligatoire ou bien massacres pendant le culte synagogal), la date (1391 ou 1411) et la part que prit Ferrier dans l'appropriation d'une synagogue de Tolède puis sa transformation en l'église Santa Maria la Blanca2,3. Il prêche aussi la séparation complète des Juifs et des chrétiens et serait donc un des instigateurs de la création des « juderias » en Espagne1. Par ailleurs, Normand Rousseau, maître en sciences bibliques, affirme dans « Monsieur Jésus » (p.574) et dans «Les assassaints et les assassaintes» que « Vincent Ferrier incendiait des synagogues ».
La France n'est pas oubliée dans ses missions, il en parcourt tout le Sud avant d'être appelé en Bretagne en 1418 par Jean V, duc de Bretagne. Il sillonne pratiquement toute la Bretagne de ville en ville pendant près de deux ans et revient à Vannes, épuisé, où il meurt le 5 avril 1419. La localité de Puy-Saint-Vincent en Vallouise (Hautes-Alpes), qui s'appelait auparavant Puy-Saint-Romain, a pris son nom après son passage dans les Alpes du Sud.
Après les nombreux miracles constatés sur sa tombe qui lui sont attribués, le duc de Bretagne Jean V (1399-1442) demande que le dominicain soit canonisé. Calixte III proclame sa canonisation le 29 juin 1455. Le pape désigne le prélat breton Alain de Coëtivy pour lever les reliques du tombeau ; la cérémonie a lieu à Vannes le 5 avril 14564Source insuffisante .
Il est fêté le 5 avril.
Vincent Ferrier (dessin de Jean Le Clerc dans Vita et miracula Vicentii Ferrerii, Paris, 1712)
Coffre reliquaire de saint Vincent Ferrier (cathédrale de Vannes)
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Protection

Il est le patron des travailleurs de la construction en général, et plus particulièrement des :
  • Constructeurs
  • Fabricants de briques et de tuiles; couvreurs
  • Plombiers
  • Poseurs de revêtements de sol.

Dévotions particulières

  • Invoqué contre l'épilepsie et le mal de tête

Œuvres

Notes et références

  1. Michel Despland, « La religion en Occident: Grandes ou petites vérités? [archive] », dans Critère, no 32, automne 1981, reproduit sur L'Encyclopédie de L'Agora. Consulté le 24 août 2007.
  2. (en) Anna Foa, « The Jews of Europe after the Black Death » [archive], sur Google Books, University of California Press, 2000 p. 88

Voir aussi

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Bibliographie

Il est l'auteur d'un Traité des suppositions dialectiques et de Question solennelle sur l'unité de l'universel qui définit et fixe sa conception de l'univers intelligible qui servira de support à son enseignement sacré.
  • Pierre-Henri Fagès, Histoire de saint Vincent Ferrier, apôtre de l'Europe, Paris, Picard, 2 vol., 1901.
  • Pierre-Henri Fagès, Procès de canonisation de saint Vincent Ferrier. Enquête de Bretagne, Moulins, imprimerie bourbonnaise, 1904.
  • Pierre-Henri Fagès, Notes et documents de l’histoire de saint Vincent Ferrier, Paris, Picard, 1905.
  • Henri Ghéon, Saint Vincent Ferrier, Paris, Flammarion, 1939 (rééd. 2019, DMM).
  • Mathieu-Maxime Gorce, Bases de l'étude historique de saint Vincent Ferrier, Paris, Plon, 1923.
  • Mathieu-Maxime Gorce, Saint Vincent Ferrier (1350-1419), Paris, Plon, 1924.
  • Paul-Bernard Hodel, Le Tractatus de moderno ecclesie scismate de saint Vincent Ferrier (1380), Fribourg, Universitaires Fribourg Suisse, 2008.
  • « Un homme d'action : Saint Vincent Ferrier », Le Correspondant, no 1499, 10 mars 1925, p. 641–674 (lire en ligne [archive]).

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