Je lis en déjeunant un autre article, dialogué entre Olivier ROY et
Fethi BENSLAMA, le premier universitaire, le second psychanalyste, dans la
série sur le religieux ou la religion au XXIème siècle (Le Monde daté du samedi 6 Août,
pp. 18 & 19). Nombre d’observations et de remarques ou juste ou
ensemençantes, mais pas de synthèse ni de conclusion.
Les valeurs ? y en a-t-il encore puisqu’elles ne sont plus communément acceptées, ce qui permettait de ne pas vraiment ls définir. Les valeurs de la République, qu’est-ce à dire ? sinon un idéal humaniste et puis… Pour Olivier ROY, la mûe, c’est qu’à partir des années 1960, un nouveau référentiel de valeurs s’impose dans lequel la liberté individuelle devient le centre de tout. Ce n’est pas expliqué par nos dialogants, mais toujours impressionné par ce séminaire place du Colonel-Fabien il y a seize ans, je crois que l’individualisme actuel tient à la perte de sens et de pratique de la lutte des classes. On arrive mieux, on se sauve davantage en étant seul qu’à plusieurs dont on ne partagerait qu’un sort misérable, l’échec de toutes les actions contre les fermetures d’usine. Cet individualisme est pourtant né des « glorieuses » et d’une économie bienfaisante, ce qui n’est plus sans pour autan que soit revenue une conscience de classe. Je rapproche cet individualisme du libre examen protestant et caractérisant ensuite la psychologie de la Réforme. Pour ROY, la controverse ne porte donc pas sur le dogme et la foi, mais sur les valeurs fondant la société.
Ligne de pensée passionnanne du psychanalyste tunisien BENSLAMA : la religion, remède à l’angoisse (comme le bouddhisme aurait été le remède à la douleur par une culture de l’insensibilité), mais comme le socle commun unique de la conception du monde lui a échappé, chacun privatise sa religion native. Se convertir, se reconvertir, les "born again", et – observation décisive – sauver Dieu mis en question par la laïcisation, la sécularisation, l’exclusion de la religion hors de la scène publique (le refus de reconnaître en France ou en Europe les racines chrétiennes) pour qu’Il puisse continuer à me sauver. D’où le "surmusulman", cette angoisse de sauver le sauveur est la souffrance de beaucoup de musulmans d’où les signes, les rites, etc… Remarque enfin : le Daech n’est pas une utopie, il ne la propose pas, il appelle au sacrifice. Se réorienter à partir de la mort, à travers une quête de sens qui passe par l’épreuve ordalique. Donc, la combinaison de la sécularisation générale et de névroses individuelles ferait la violence religieuse. Le terrorisme en Islam, la haine psychotique des « intégristes » dans le catholicisme, notamment en France ? je ne suis pas convaincu, mais que la religion, se vivant désormais assiégée et minoritaire, fasse volontairement sécession de la société, c’est observable. Les deux réduisent cependant la religion et sa pratique à un remède, à une compensation, analyse analogue à celle du marxisme, l’opium du peuple. Ils n’entrent pas dans la vérité psychologique d’un équilibre pacifiant dans lequel peut s’établir le chrétien, par exemple, pour peu qu’il s’approprie personnellement ce qu’il a reçu ou reçoit en éducation à la foi. Le discernement de Dieu dans sa vie, rétrospectivement et quotidiennement importe bien davantage et est bien plus moteur en goût de vivre que de simples appels au secours, si désespérés ou de dernière haleine, qu’ils soient.
Les valeurs ? y en a-t-il encore puisqu’elles ne sont plus communément acceptées, ce qui permettait de ne pas vraiment ls définir. Les valeurs de la République, qu’est-ce à dire ? sinon un idéal humaniste et puis… Pour Olivier ROY, la mûe, c’est qu’à partir des années 1960, un nouveau référentiel de valeurs s’impose dans lequel la liberté individuelle devient le centre de tout. Ce n’est pas expliqué par nos dialogants, mais toujours impressionné par ce séminaire place du Colonel-Fabien il y a seize ans, je crois que l’individualisme actuel tient à la perte de sens et de pratique de la lutte des classes. On arrive mieux, on se sauve davantage en étant seul qu’à plusieurs dont on ne partagerait qu’un sort misérable, l’échec de toutes les actions contre les fermetures d’usine. Cet individualisme est pourtant né des « glorieuses » et d’une économie bienfaisante, ce qui n’est plus sans pour autan que soit revenue une conscience de classe. Je rapproche cet individualisme du libre examen protestant et caractérisant ensuite la psychologie de la Réforme. Pour ROY, la controverse ne porte donc pas sur le dogme et la foi, mais sur les valeurs fondant la société.
Ligne de pensée passionnanne du psychanalyste tunisien BENSLAMA : la religion, remède à l’angoisse (comme le bouddhisme aurait été le remède à la douleur par une culture de l’insensibilité), mais comme le socle commun unique de la conception du monde lui a échappé, chacun privatise sa religion native. Se convertir, se reconvertir, les "born again", et – observation décisive – sauver Dieu mis en question par la laïcisation, la sécularisation, l’exclusion de la religion hors de la scène publique (le refus de reconnaître en France ou en Europe les racines chrétiennes) pour qu’Il puisse continuer à me sauver. D’où le "surmusulman", cette angoisse de sauver le sauveur est la souffrance de beaucoup de musulmans d’où les signes, les rites, etc… Remarque enfin : le Daech n’est pas une utopie, il ne la propose pas, il appelle au sacrifice. Se réorienter à partir de la mort, à travers une quête de sens qui passe par l’épreuve ordalique. Donc, la combinaison de la sécularisation générale et de névroses individuelles ferait la violence religieuse. Le terrorisme en Islam, la haine psychotique des « intégristes » dans le catholicisme, notamment en France ? je ne suis pas convaincu, mais que la religion, se vivant désormais assiégée et minoritaire, fasse volontairement sécession de la société, c’est observable. Les deux réduisent cependant la religion et sa pratique à un remède, à une compensation, analyse analogue à celle du marxisme, l’opium du peuple. Ils n’entrent pas dans la vérité psychologique d’un équilibre pacifiant dans lequel peut s’établir le chrétien, par exemple, pour peu qu’il s’approprie personnellement ce qu’il a reçu ou reçoit en éducation à la foi. Le discernement de Dieu dans sa vie, rétrospectivement et quotidiennement importe bien davantage et est bien plus moteur en goût de vivre que de simples appels au secours, si désespérés ou de dernière haleine, qu’ils soient.
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