lundi 1 août 2016

ordonnant à la foule de s'asseoir sur l'herbe - textes du jour

Lundi 1er Août 2016

Prier en toute espérance. La lumière du voyage polonais de François, la manifeste communion de prière et d’inquiétude des autorités religieuses de toutes confessions chez nous. Le politique se périme. Je n’y reviens que demain, fatigué ce soir. D’autant que je me lance dans ce livre, projeté dans son principe mais pas encore assez dans son écriture. La querelle de prophètes : Ananie et Jérémie, mais elle n’est pas une rivalité d’homme, elle est une leçon de vocation. Nous ne sommes pas chacun investi pour la même fonction ni lancé dans le même parcours. Jérémie est d’une parfaite sérénité car il ne parle pas de lui-même. alors le prophète Jérémie alla son chemin. La parole du Seigneur fut adressée à Jérémie… « Va dire à Ananie… » [1] Et, ce qui rejoint les paroles du pape François lors du chemin de croix, avec la jeunesse JMJ, le mal… car si Ananie fait croire à la libération imminente des déportés à Babylone, Jérémie au contraire confirme la domination abhorrée et pour longtemps : c’est un joug de fer que je mets sur la nuque de toutes ces nations, pour qu’elles servent Nabuchodonosor, roi de Babylone. Et elles le serviront. Je lui ai donné même les bêtes sauvages. Notre réponse et celle de François arrivant de Auschwitz et de Birkenau… et assurant même que le mal n’est pas qu’au passé et qu’en ces lieux.. Réponse aussi du psalmiste : des impies escomptent ma perte ; moi, je réfléchis à tes exigences. Notre situation à tous égards.  Et la réponse qui n’est pas des hommes. Jésus comptait se recueillir à la nouvelle de la mort du Précurseur : il se retira et partit en barque pour un endroit désert, mais rejoint par les foules, il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades, puis multiplia pains et poissons. L’Eglise universelle : cela faisait douze paniers pleines. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants. Je vis la prière et lis les textes à la lumière de ce qu’il m’est donné en circonstances, en enjeux, en revers, en inquiétudes, et cela me soutient, se transforme en joie. Plus je suis dans le creux, plus je suis heureux de ressentir que je suis dans la main de Dieu, et mon petit troupeau avec moi, ma femme, notre fille. – J’essaierai de mieux répondre à mon cher Jean-Claude C. que je ne l’ai fait sur le champ [2], mais c’est vrai je n’ai aucune formation ni théologique ni exégétique. Me taire ? sur ces « sujets » … non car je ne les traite pas, je mets simplement au partage mes moyens de vivre spirituellement, de survivre psychiquement et, si c’est la volonté de Dieu, d’avancer et peut-être sur le tard de mon existence, de construire. D’ailleurs, je ne suis spécialiste de rien. C’est le propre du diplomate ce soit dans la partie économique et financière ou dans la relation politique : connaître les gens, les pénétrer assez pour que l’envie de construire ensemble se partage, s’impose. Et celui qui écrit, il a peut-être le savoir de ce qu’il veut exposer, mais l’art-même d’écrire ? Prier, est-ce une spécialité ? un savoir ? sans doute, y a-t-il une formation possible, et encore, ce ne sera qu’en priant ensemble, ces quelques jours auxquels participera à partir de l’Assomption notre chère fille. Presque tout se reçoit. Ma culture politique n’est que mémoire et empathie, elle n’a jamais été théorie ou science politique : quatre jurys des années 1970 puis 2000 me l’ont signifié. J’accepte toute leçon. Je les chercherai même, mais revenir et demeurer dans le texte, y compris dans ce que je ne saisis pas, c’est ce qui est devenu structure de vie, certaines semaines, la seule. Je n’ai jamais eu de métier que la mise en relation : les gens, les thèmes, les pays, les questions, les uns avec les autres, dans leur ordre respectif, ou d’un ordre avec l’autre. – Transmission, témoignage et initiation ou aboutissement d’une chaîne, d’un geste : mon cher Jean-Claude me fait vivre et justifier, autant que je le puis, des mots plus reçus en écriture que posés et délibérés. Il prit les cinq pains et les deux poissons… il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule… on ramassa les morceaux qui restaient. Le rythme de la Création, d’un jour à l’autre, puis le repos, le « final ».



[1] - Jérémie XXVIII 1 à 17 ; psaume CXIX ; évangile selon saint Matthieu XIV 13 à 21

[2] - Bertrand,
J'ai fini ma spécialisation en exégèse (à l'Institut Biblique Pontifical, à Rome), en 1976. On parlait bien sûr déjà de Qoheleth, simplement parce que le travail ne se fait pas sur les traduction latines, mais sur le texte hébreu. Ce n'est pas du tout une mode adoptée par des "tâcherons", comme tu dis de manière passablement arrogante... Ignace de Loyola aurait pu t'instruire davantage en modestie...
Si je parlais de la vie politique (en son passé comme en son présent) de la manière dont tu parles des questions théologiques (et encore plus pastorales), tu me dirais qu'il vaudrait mieux que je retourne à mes chères études. Le point de vue de l’Église, et de la réflexion théologique a changé, depuis Vatican II, c'est-à-dire depuis 1965 (il y a quand même 50 ans !). Tu me donnes le sentiment que tu réfléchis avec les instruments intellectuels d'avant Vatican II...
C'est dommage que ta compétence, et ta finesse d'analyse, dans le domaine politique et historique-politique, n'ait pas son pendant dans le domaine "religieux". C'est vrai que l'on ne peut pas tout faire, mais alors le silence est préférable et la confiance en ceux qui ont construit le point où nous en sommes (qui est très loin d'être sans importance et efficacité, y compris dans la "transmission" dont tu parles si souvent).
Je m'agace souvent à te lire (je ne te lis qu'un jour sur trois ou quatre) dans le domaine théologique, mais je e réagis pas. Là, ton mot de "tâcherons" a fait mouche. Je ne supporte pas qu'on traite ainsi des hommes et des femmes qui font tout un travail de transmission, qui est particulièrement intelligent et au courant de toute la recherche. Le directeur actuel de "Prions en Église" est un exégète très compétent, doublé d'un spirituel, ce qui n'est pas rien.
Bien amicalement.
Jean-Claude

Le 01/08/2016 à 15:41, Bertrand Fessard de Foucault a écrit :
Grand merci, mon bien cher Jean-Claude, pour ta correction. Fraternelle, mais très avisée et fondée. Comment remédier à une lacune qui n'est pas seulement d'un ou de quelques segments dans un savoir qu'effectivement, hormis un petit livre du Père Congar - contemporain du concile, sinon même un peu antérieur - je ne possède pas.
Très affectueusement. Et avec reconnaissance.
Que "deviens"-tu ?
N B Tâcheron. je t'avoue que j'ai beaucoup hésité pour trouver un terme, et que ce que j'ai posé comme terme ne correspond pas à une pensée, elle-même approximative, mais je le reconnais assez péjorative. Ayant du temps ce matin, en une salle d'attente, j'avoue aussi que j'ai lu plusieurs des chroniques, courtes et plus qu'intéressantes, dans le fascicule du mois.
Tu m'occupes et m'auras beaucoup occupé le coeur et l'esprit,

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