dimanche 29 mai 2016

sainte Urszula Ledóchowska . 1865 + 1939



(dans le siècle Julie Ledóchowska)
Vierge et fondatrice des :
 « Ursulines du Cœur de Jésus Agonisant »




« Pourvu que je sache aimer ! me laisser brûler, consumer par l’amour » ainsi écrit Julie Ledóchowska, âgée de 24 ans, novice dans le couvent des Ursulines à Cracovie, à la veille de ses vœux religieux. Le jour de sa profession elle prend le nom de Marie Ursule de Jésus et ces paroles deviennent la trame de toute sa vie.

Julie Ledóchowska, naît le 17 avril 1865 à Loosdorf (Autriche) d’une mère de nationalité suisse, descendante d’une ancienne famille chevaleresque, les Salis. Le père est issu d’une très ancienne famille polonaise, qui a donné naissance à des hommes d’état, des militaires et des ecclésiastiques liés à l’histoire de l’Europe et de l’Église. Julie et sa nombreuse fratrie grandissent, entourés de l’amour de leurs parents à la fois tendre et exigeant. Les trois aînés choisissent la voie de la vie consacrée. Marie Thérèse, béatifiée en 1975, fonde la « Sodalité de Saint Pierre Claver » et le frère cadet Vladimir, devient supérieur général de la Compagnie de Jésus.

Mère Ursule vit 21 ans dans le couvent de Cracovie. Son entourage est sensible à son amour de Dieu, son talent d’éducatrice, son attention aux besoins des jeunes filles en cette époque de changements sociaux, politiques et d’évolution des mœurs. C’est alors que les femmes accèdent à l’Université Jagellon. Mère Ursule ouvre le premier internat d’étudiantes en Pologne donnant aux jeunes filles un lieu de vie sûr, ainsi qu’une formation religieuse.

Avec la bénédiction de saint Pie X (Giuseppe Melchiorre Sarto, 1903-1914) elle est envoyée en compagnie d’une autre sœur à Saint Petersburg au cœur de la Russie hostile à l’Église catholique. Habillée en civil, la vie religieuse étant interdite en Russie, elle poursuit son travail éducatif, toujours attentive à la vie des jeunes. En quittant Cracovie Mère Ursule ne sait pas que l’Esprit Saint la conduit sur un chemin qu’elle ignore. A Saint Petersburg, la communauté grandissante est érigée en maison autonome. Les sœurs vivent leur vie religieuse dans la clandestinité. En dépit d’une surveillance policière permanente, elles sont engagées dans un travail d’éducation, de formation religieuse, dans un souci de rapprochement entre Polonais et Russes.

En 1914 la première guerre mondiale éclate. Mère Ursule expulsée de la Russie, s’exile à Stockholm. Lors de son périple scandinave, Suède, Danemark, Norvège, outre son travail éducatif, Mère Ursule s’engage dans la vie de l’église locale, l’aide aux victimes de la guerre et l’œcuménisme.

La communauté de Mère Ursule devient un lieu de soutien pour les personnes de différentes orientations politiques et religieuses. Son patriotisme fervent va de pair avec une ouverture à la différence et à la diversité. Interrogée sur son orientation politique, elle répond sans hésitation : « ma politique c’est l’amour ».

En 1920 Mère Ursule rentre en Pologne avec les sœurs et un groupe important d’orphelins, leurs parents étaient des émigrés polonais. Le couvent autonome est transformé par le Saint Siège en Congrégation apostolique : « Ursulines du Cœur de Jésus Agonisant ».

La spiritualité de la Congrégation est centrée sur la contemplation de l’amour rédempteur du Christ. Les sœurs participent à sa mission de salut par l’éducation, l’enseignement et le service des personnes souffrantes, délaissées, marginalisées, en quête du sens de la vie.

Mère Ursule forme les sœurs à l’amour inconditionnel de Dieu. « Elles aimeront en Dieu chaque personne et toute créature ». La sérénité, le sourire, l’humilité et la capacité de vivre la vie quotidienne ordinaire sont pour elle un chemin privilégié de sainteté. C’est un témoignage particulièrement crédible d’union au Christ, un moyen d’évangélisation et d’éducation. Elle-même en est un exemple.

Le développement de la Congrégation est rapide. Plusieurs communautés de sœurs sont fondées en Pologne, et aux confins du pays, à l’est, région pauvre habitée par une population de nationalité et de religions diverses. En 1928 la maison généralice est fondée à Rome ainsi qu’un internat. Son but est de donner la possibilité aux jeunes filles peu fortunées de connaître les richesses spirituelles et culturelles de l’Église et de l’Europe. Les sœurs s’engagent aussi auprès des pauvres d’une banlieue de Rome.

En 1930, les sœurs accompagnent des jeunes filles en recherche de travail en France. Partout où cela est possible, Mère Ursule crée des lieux d’éducation et d’enseignement. Elle envoie les sœurs dans la catéchèse et dans des quartiers pauvres. Elle crée des éditions pour les enfants et les jeunes, écrit des articles et des livres. Elle initie et soutient différents mouvements : le Mouvement Eucharistique des enfants et d’autres pour les jeunes et les femmes. Mère Ursule participe activement à la vie de l’Église et de son pays dont elle reçoit de hautes distinctions. Quand sa vie laborieuse et difficile s’éteint, le 29 mai 1939 à Rome, les gens s’exclament : « une sainte est morte »

Urszula Ledóchowska a été béatifiée le 20 juin 1983, à Poznań en Pologne, et canonisée le 18 mai 2003 à Rome, par le même pape : Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

Avec Urszula ont été canonisés 3 autres bienheureux : le compatriote Józef Sebastian Pelczar, Evêque de Przemysl, fondateur de la Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus; deux italiennes: Maria De Mattias, vierge, fondatrice de la Congrégation des Sœurs adoratrices du Sang du Christ; Virginia Centurione Bracelli, laïque, fondatrice des Sœurs de Notre-Dame du Refuge sur le Mont Calvaire et des Sœurs Filles de Notre-Dame au Mont Calvaire. (>>> Homélie du Pape).


Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).
    


CHAPELLE PAPALE POUR LA CANONISATION DE QUATRE BIENHEUREUX 
HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II
V Dimanche de Pâques, 18 mai 2003
 
1. "Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit" (Jn 15, 5; cf. Chant à l'Evangile). Les paroles adressées par Jésus aux Apôtres au terme de la dernière Cène, constituent une invitation touchante également pour nous, ses disciples du troisième millénaire. Seul celui qui reste intimement uni à Lui - greffé sur Lui comme le sarment sur la vigne - reçoit la lymphe vitale de sa grâce. Seul celui qui vit en communion avec Dieu produit des fruits abondants de justice et de sainteté.
Les témoins de cette vérité évangélique fondamentale sont les saints, que j'ai la joie de canoniser en ce cinquième dimanche de Pâques. Deux d'entre eux proviennent de Pologne:  Józef Sebastian Pelczar, Evêque de Przemysl, fondateur de la Congrégation des Servantes du Sacré-Coeur de Jésus; Urszula Ledóchowska, vierge, fondatrice des Soeurs Ursulines du Sacré-Coeur de Jésus agonisant. Les deux autres saintes sont italiennes:  Maria De Mattias, vierge, fondatrice de la Congrégation des Soeurs adoratrices du Sang du Christ; Virginia Centurione Bracelli, laïque, fondatrice des Soeurs de Notre-Dame du Refuge sur le Mont Calvaire et des Soeurs Filles de Notre-Dame au Mont Calvaire.
2. "La perfection est comme cette ville de l'Apocalypse (Ap 21), dont les douze portes s'ouvrent vers toutes les parties du monde, comme signe que les hommes de chaque nation, de chaque état et de chaque âge peuvent les franchir. (...). Aucun état, ni aucun âge ne constituent un obstacle à une vie parfaite. Dieu, en effet, ne considère pas les choses extérieures (...), mais l'âme (...), et il exige seulement ce que nous pouvons donner". C'est à travers ces paroles que notre nouveau saint, Józef Sebastian Pelczar exprimait sa foi dans l'appel universel à la sainteté. Il vécut de cette conviction comme prêtre, comme professeur et comme évêque. Il tendait lui-même à la sainteté et il y conduisait les autres. Il fut zélé en toute chose, mais il le fit de façon à ce que, dans son service, le Christ soit le Maître.
La devise de sa vie était:  "Tout pour le Très Saint Coeur de Jésus à travers les mains immaculées de la Très Sainte Vierge Marie". Ce fut celui-ci qui forma sa figure spirituelle, dont la caractéristique fut de confier au Christ, par l'intermédiaire de Marie, sa personne, sa vie et son ministère.
Il considérait notamment son don au Christ comme une réponse à son amour, contenu et révélé dans le sacrement de l'Eucharistie. Il disait:  "Chaque homme doit être saisi par l'émerveillement à la pensée que le Seigneur Jésus, devant aller au Père sur un trône de gloire, resta sur la terre avec les hommes. Son amour a inventé ce miracle des miracles, en instituant le Très Saint Sacrement". Il éveillait sans cesse en lui et chez les autres cet émerveillement de la foi. Ce fut celui-ci qui le conduisit également à Marie. En tant qu'expert en théologie, il ne pouvait manquer de voir en Marie celle qui "dans le mystère de l'Incarnation anticipait également la foi eucharistique de l'Eglise"; celle qui en portant dans son sein le Verbe, qui se fit chair, fut en un certain sens le "tabernacle" - le premier "tabernacle" de l'histoire (cf. Ecclesia de Eucharistia, n. 55). Il s'adressait donc à Elle avec une dévotion filiale et avec l'amour qu'il avait reçu de la maison paternelle, et il encourageait les autres à cet amour. Il écrivait à la Congrégation des Servantes du Sacré-Coeur de Jésus, qu'il avait fondée:  "Parmi les désirs du Sacré-Coeur de Jésus, l'un des plus ardents est celui que sa Très Sainte Mère soit vénérée et aimée de tous, tout d'abord parce que le Seigneur lui-même l'aime de façon ineffable, et ensuite parce qu'il la fit devenir la mère de tous les hommes, afin que, par sa douceur, elle attire à elle-même ceux  qui fuient la Sainte Croix et qu'elle les conduise au Coeur Divin".
En élevant à la gloire des autels Józef Sebastian Pelczar, je demande que par son intercession la splendeur de sa sainteté représente pour les Servantes du Sacré-Coeur de Jésus, pour l'Eglise de Przemysl et pour tous les croyants de Pologne et du monde un encouragement à un tel amour pour le Christ et pour sa Mère.
3. Au cours de toute sa vie, sainte Urszula Ledóchowska garda, avec fidélité et amour, le regard fixé sur le visage du Christ, son Epoux. Elle s'unissait de façon particulière au Christ agonisant sur la Croix. Cette union la comblait d'un zèle extraordinaire dans l'oeuvre d'annoncer, à travers les paroles et les oeuvres, la Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu. Elle l'apportait avant tout aux enfants et aux jeunes, mais également à tous ceux qui se trouvaient dans le besoin, aux pauvres, aux laissés-pour-compte, aux personnes seules. Elle s'adressait à tous avec le langage de l'amour concrétisé dans les oeuvres. Portant  le  message de l'amour de Dieu, elle traversa la Russie, les Pays scandinaves, la France et l'Italie. En son temps, elle fut une apôtre de la nouvelle évangélisation, donnant la preuve à  travers sa vie et son activité d'une constante actualité, créativité et efficacité de l'amour évangélique.
Elle aussi puisait à l'amour pour l'Eucharistie l'inspiration et la force pour  la grande oeuvre de l'apostolat. Elle écrivait:  "Je dois aimer mon prochain comme Jésus m'a aimée. Prenez et mangez... Mangez mes forces, elles sont à votre disposition (...). Prenez et mangez mes capacités, mon talent (...), mon coeur, afin qu'avec son amour, il réchauffe et illumine votre vie (...). Prenez et mangez mon temps, qu'il soit à votre disposition. (...) je suis vôtre comme Jésus-Hostie est à moi". Dans ces paroles, n'entend-on pas retentir l'écho du don avec lequel le Christ, au Cénacle, s'offrit lui-même aux disciples de chaque époque?
En fondant la Congrégation des Soeurs Ursulines du Sacré-Coeur de Jésus agonisant, elle lui transmit cet esprit. "Le Très Saint Sacrement - écrivit-elle - est le soleil de notre vie, notre trésor, notre bonheur, notre tout sur la terre. (...) Aimez Jésus dans le tabernacle! Que votre coeur y demeure pour toujours, même si matériellement vous êtes au travail. C'est là qu'est Jésus, que nous devons aimer ardemment, de tout notre coeur. Et si nous ne savons pas l'aimer, nous désirons au moins l'aimer - l'aimer toujours davantage".
A la lumière de cet amour eucharistique, sainte Urszula savait percevoir en chaque circonstance un signe des temps, pour servir Dieu et ses frères. Elle savait que pour celui qui croit, chaque événement, même le plus petit, devient une occasion pour réaliser les desseins de Dieu. Ce qui était ordinaire, elle le faisait devenir extraordinaire; ce qui était quotidien, elle le transformait pour qu'il devienne éternel; ce qui était banal, elle le rendait saint.
Si sainte Urszula devient aujourd'hui un exemple de sainteté pour tous les croyants, c'est afin que son charisme puisse être accueilli par celui qui, au nom de l'amour du Christ et de l'Eglise, désire témoigner de façon efficace de l'Evangile dans le monde d'aujourd'hui. Nous pouvons tous apprendre d'elle comment édifier, avec le Christ, un monde plus humain - un monde dans lequel seront réalisées toujours plus pleinement les valeurs comme la justice, la liberté, la solidarité et la paix. Elle peut nous apprendre comment mettre en pratique chaque jour le commandement "nouveau" de l'amour.
4. "Or voici son commandement:  croire... et nous aimer les uns les autres" (1 Jn 3, 23). L'Apôtre Jean nous exhorte à accueillir l'amour sans limites de Dieu, qui a donné son Fils unique pour le salut du monde (cf. Jn 3, 16). Cet amour s'est exprimé de façon sublime lorsque le Christ a versé son Sang comme "prix infini du rachat" pour l'humanité tout entière. Maria De Mattias fut intérieurement conquise par le mystère de la Croix, qui plaça l'Institut des Soeurs adoratrices du Sang du Christ "sous l'étendard du Divin Sang". L'amour pour Jésus crucifié se traduisit chez elle en passion pour les âmes et en un humble dévouement pour ses frères, le "cher prochain", comme elle aimait répéter. "Encourageons-nous - exhortait-elle - à souffrir volontiers par amour pour Jésus, qui avec tant d'amour a donné son sang pour nous. Prodiguons-nous pour gagner des âmes au ciel".
Tel est le message que sainte Maria De Mattias confie à ses fils et à ses filles  spirituelles aujourd'hui, en nous exhortant tous à suivre jusqu'au sacrifice de la vie l'Agneau immolé pour nous.
5. C'est le même amour qui soutint Virginia Centurione Bracelli. Suivant l'exhortation de l'Apôtre Jean, elle voulut aimer non seulement "avec les mots", ou "avec la bouche", mais "en actes et en vérité" (cf. 1 Jn 3, 18). Mettant de côté ses nobles origines, elle se consacra à l'assistance des derniers avec un zèle apostolique extraordinaire. L'efficacité de son apostolat naissait d'une adhésion inconditionnée à la volonté divine, qui se nourrissait de contemplation incessante et d'écoute obéissante de la parole du Seigneur.
Aimant le Christ, et prête pour Lui à se donner à ses frères, sainte Virginia Centurione Bracelli laisse à l'Eglise le témoignage d'une sainteté simple et féconde. Son exemple de fidélité évangélique courageuse continue à exercer une profonde fascination également sur les personnes de notre époque. Elle avait l'habitude de dire:  lorsqu'on a Dieu seul pour objectif, "toutes les oppositions s'applanissent, toutes les difficultés se surmontent" (Positio, n. 86).
6. "Demeurez en moi!". Au Cénacle, Jésus a répété plusieurs fois cette invitation, que saint Józef Sebastian Pelczar, sainte Urszula Ledóchowska, sainte Maria De Mattias et sainte Virginia Centurione Bracelli ont accueillie avec une confiance et une disponibilité totales. C'est une invitation pressante et pleine  d'amour  adressée à tous les croyants. "Si vous demeurez en moi - assure le Seigneur - et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez" (Jn 15, 7).
Puisse chacun de nous faire l'expérience dans sa propre existence de l'efficacité de cette promesse de Jésus.
Que nous assiste Marie, Reine des saints et modèle de parfaite communion avec son divin Fils. Qu'elle nous enseigne à rester "greffés" sur Jésus, comme des sarments à la vigne, et à ne jamais nous séparer de son amour. En effet, nous ne pouvons rien sans Lui, car notre vie est le Christ vivant et présent dans l'Eglise et dans le monde. Aujourd'hui et à jamais. 
Amen. Loué soit Jésus-Christ!
      

© Copyright 2003 - Libreria Editrice Vaticana



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SANTA URSZULA (ORSOLA) LEDOCHOWSKA RELIGIOSA / -orsola- A


 





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