Prier… l’appel
des premiers disciples commentée aujourd’hui en forme de conversion universelle
et particulière [1],
la version de cet appel par Marc fait suite à celle de Jean [2]. Jésus désigné par le
Précurseur : Voici l’Agneau de
Dieu, à deux de ses propres disciples,
Jean le futur évangéliste et André, qui d’eux-mêmes se mettent à suivre le
Seigneur, qui allait et venait… Qui
cherchez-vous ? – Maître, où demeures-tu ? – Venez et vous verrez. Ils
allèrent donc, ils virent où il demeurait et ils restèrent auprès de lui ce
jour-là. Ce qui amène à Jésus Simon,
frère d’André. Jésus posa son regard sur lui… comme le Baptiste l’avait sur le Christ, comme ce dernier le fera sur « le
jeune homme riche ». Tu es Simon, fils de Jean : tu seras Pierre.
Ce n’est pas l’évangile « pétrinien »
(Marc) qui présente ainsi Pierre, mais Jean, le disciple que Jésus aimait. Marc enchaîne, ce ne sont plus les disciples
qui prennent l’initiative, mais le Christ, qui appelle et qui, dans le même
mouvement, indique mission et destinée : venez à ma suite, je vous
ferai devenir pêcheurs d’hommes. Il les
prend où ils sont, au travail, dans leur métier, leur famille. Pas de dialogue,
une véritable aimantation, au vrai ils se connaissent donc déjà : aussitôt,
laissant leurs filets, ils le suivirent. A
lire Marc, sensation forte d’urgence… après l’arrestation de Jean le
Baptiste… le règne de Dieu est tout proche (contrairement
à l’apparence puisque le prophète de renom, Jean le Baptiste, est contraint au
silence, mis sous clé). Message relayant et continuant celui du Baptiste :
convertissez-vous et croyez à l’Evangile. Message déjà celui de Jonas, le récalcitrant lui-même converti à sa
mission d’annonce à Ninive. Proclame le message que je te donne pour elle. Fécondité immédiate. Aussitôt, les gens
de Ninive crurent en Dieu. Paul aussi prêche
l’urgence, les quarante jours de délai pour Ninive, je dois vous le dire :
le temps est limité… car il passe, ce monde tel que nous le voyons. Comportement ? celui, plus tard, systématisé
par Ignace de Loyola et les siens : user du monde comme n’en usant
point… ceux qui profitent de ce monde comme s’ils n’en profitaient pas.
D’où l’appel
de ce que nous vivons ensemble, toutes confessions et idéologies, convictions
confondues. Le débat, la guerre n’est pas entre religions, mais entre extrêmistes,
intégristes quel que soit ce dont ils se
réclament : christianisme, islam, judaïsme, chacun se croyant agressé,
persécuté, souvent d‘ailleurs avec du vrai maintenant ou au passé, parfois
terriblement… entre ces enfermés sur la défensive et se figeant dans la haine
et la peur de l’autre, et ceux, dont je souhaite que nous fassions partie, qui
cherchent le tréfonds, le socle commun, et l’évidence du projet commun, de l’attente
du monde d’en ce moment. Les fils d’Abraham, les hommes et les femmes de compassion,
de prière, de partage. Immédiatement… je
vois ce montage sur le « net », déniant toute spontanéité et âme à
nos marches nationales du 11 janvier et de la veille et de l’avant-veille… et criant
au complôt et à la complaisance…, je lis la confession-parcours de ce curé de
paroisse entré dans la franc-maçonnerie et n’y voyant que prolongement en fraternité
et donc en apostolat et en proximité avec tout homme, toute femme de bonne
volonté : porte claquée à Rome, « inconciliable ! »,
excommunication, bûcher allumé mentalement alors qu’il y a des précédents, même
récents, qui ont été vécus tout autrement entre l’évêque du lieu et du moment
et son prêtre. Haine et crispation partout. Main refusée. Mésintelligence enfin :
nous n’avons pas encore su dire notre admiration et notre reconnaissance pour
ceux – de véritables rois mages – qui sont venus des terres vives de l’Islam
accompagner chez nous notre soutien à la liberté d’expression. Condamner
ensuite, si pubiquement et répétitivement, les manifestations de ceux qui, en
Islam, ont trouvé de trop le nouveau numéro de Charlie… a été
aussi une crispation, une étroitesse autiste. La France, les Français de toutes
confessions ou de toute ouverture d’esprit, ont du chemin à montrer :
combien de fois revendiquons-nous ce rôle ? mais sans en assumer la
responsabilité, qui suppose réflexion (et prière, grâce demandée). Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi
connaître ta route, dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi car tu es le Dieu
qui nous sauve. Alors, tous, nous allons converger
pour que change notre monde si chancelant en grand et en détail, manifestement.
Il passe ce monde. Que Dieu, celui d’Abraham,
nous fasse arriver ensemble en terre promise. Et tous, du plus grand au
plus petit, se vêtirent d’une toile à sac. Cette
force immense des hommes vers Dieu, vers le bien, le beau, l’équilibre :
elle peut s’exercer, s’appliquer dans le plus politique et le plus criant, les
foules devenant peuple unique, l’humanité. Ce qu’a très bien exprimé – unicité –
le document des pères conciliaires sur les relations interreligieuses, signé par Paul VI en Octobre 1965.
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