vendredi 30 mai 2014

la joie qu'elle éprouve du fait qu'un être humain est né dans le monde - textes du jour


Vendredi 30 Mai 2014


 Prier… moi, je ne veux pas être juge de ces affaires [1]. Gallion comme Pilate, à ceci près que le second fait quand même exécuter Jésus alors que le premier provoque un retournement de la foule. Paul et ses visions. Elles sont nombreuses depuis la première décisive et qui n’est d’ailleurs pas présentée comme telle, mais bien comme une apparition, que l’Apôtre assimile, et je crois notre tradition aussi, à celles dont les Onze sont favorisés si souvent après la Résurrection… à vérifier… Paul rassuré mais avec des arguments très humains et d’ordre sociologiques : dans cette ville, j’ai avec moi un peuple nombreux. Mais c’est Dieu, l‘Esprit Saint qui lui en fait prendre conscience : Sois sans crainte, continue à parler, ne reste pas muet. Je suis avec toi, et personne n’essaiera de te maltraiter… moment et avertissement très semblables à ceux dont Moïse bénéficie au début de sa mission. Mystère de Paul… la rédaction des Actes tourne d’ailleurs court… s’achevant sur cette installation à Rome, en résidence surveillée mais ouverte pendant deux ans… sans que la suite et le dénouement soient dit : libération, seconde capitivité romaine, martyre… ni non plus l’histoure de l’église de Jérusalem, ni enfin le sort de chacun des Douze… ce vœu ? … cette « écharde » ? A vrai dire, l’essentiel qui sont ses propres écrits et les circonstances de sa conversion puis de son ministère, nous est donné. Le reste est conjoncture et ne me paraît pas décisif. Les Ecritures ne disent ni n’expliquent pas tout, elles nous tiennent en haleine pour l’essentiel, pour ce qui nous est nécessaire. « Inépuisable » discours après la Cène, ce mouvement incessant de toute cette soirée-là de la plus décisive théologie aux effusions sentimentales et aux recommandations de psychologie, de comportement. Jésus nous ménage, nous forme, a son programme de pédagogie. Tout l’évangile est porté par le mystère grâce/liberté qui est très mal dit et perçu si l’on prend tout cela pour de la prédestination, une approche induisant angoisse ou laxisme.Vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous n’aurez plus à m’interroger. … Une immunité ? personne ne vous l’enlèvera…  personne n’essaiera de te maltraiter… Rien d’une surnature, mais tout simplement le cours des événements rendu à leur origine. Les relations humaines, l’évangélisation, le rapport à Dieu n’ont pas un fond belligène, au contraire… mais une mûe s’opère, mystérieuse et pourtant très vécue. Dans la vie courante, ces passages d’un « état d’âme » à un autre en sont les pressentiments. Nous sommes « équipés », tous, pour le spirituel et une sensibilité opérationnelle à notre conduite par Deu, et selon Lui, selon ce qu’Il souhaite et attend de nous. Obtient de nous.


[1] - Actes des Apôtres XVIII 9 à 18 ; psaume XLVII ; évangile selon saint Jean XVI 20 à 23

jeudi 29 mai 2014

est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? - textes du jour

Jeudi de l'Ascension . 29 Mai 2014

                            Prier… deux aspects ou « choses », deux mouvements de l’esprit, préalables à la prière, pour cette fête ou solennité (l’empêchement des mots) de l’Ascension. La logique de l’incarnation : les deux problèmes physiques, la virginité de Marie, mère de Dieu, pas de problème si Jésus est son fils unique, mais il y la mention du premier-né et l’évocation des frères et sœurs que l’Eglise évacue en parlant de mœurs et salutations à l’orientale comme nous des cousins à la mode de Bretagne, pour fermer le jeu : toujours vierge. Et il est vrai que dans le cas contraire, il y aurait des descendants collatéraux du Christ… et au lieu d’une spirituelle fraternité par adoption, il y aurait de la généralogie. En ce sens, le mystère est plus simple que l’éventuelle réalité. Et dans le cas précis de l’Ascension (et aussi de l’Assomption de la Vierge), le problème du corps. Le tombeau du Christ n’est qu’une tombe de passage. Le corps est ailleurs, il ne s’est pas évaporé, il est monté aux cieux, vivant. Tandis que la Vierge… Je ne sais s’il y a beaucoup de littérature là-dessus. Ces questions ne me font pas problème, mais elles ne me paraissent pas pour autant résolues. L’autre aspect de ce que nous évoquons aujourd’hui et qui nous met en prière, est difficile à énoncer mais décisif. Nous sommes dans la totalité, une totalité de toutes les dimensions, selon tous les sens… [1]. De toutes les nations, faites des disciples… Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde… l’Eglise est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude. Le concret et le vécu sont donnés de la même manière que pour la Résurrection : voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient…  Le moment du Christ parmi nous, réalisation d’une promesse, s’achève sur une autre promesse : vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit… mais il y a une novation : la participation à la vie divine, selon la révélation trinitaire, selon la restauration du créé, selon la rédemption se traduit immédiatement par la reprise de cette collaboration, déjà commandée lors de la Genèse…c’est l’envoi en mission. La charge que nous avons de l’évangélisation anticipe notre participation à la vie divine, elle en fait même partie. Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrêmités de la terre. Mais de quoi ? est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? pas du tout ni de nous-mêmes, ni de l’accomplissement de nos vœux, fort limités. Cette royauté, ce temporel, ce pratique, ce personnel, cet immédiat. Par la bouche de Samuel d’ailleurs, Dieu avait tout objecté à ce souhait d’Israël d’avoir « comme tout le monde » un système politique, dont le plus commun à l’époque était la royauté. Vous serez mes témoins. Plus qu’un fait, qu’un état nouveau des choses et des gens, plus même que la rédemption, une personne, la Personne du Christ, la Personne de Dieu… Dieu existe, et Il est ceci, cela, Il a des traits, des caractéristiques, une psychologie-même, Il s’est incarné, Il a vécu parmi nous, et en même temps Il est incommensurable indicible. Témoins…  mais dépassés… témoins parce qu’habités… témoins parce que l’Esprit Saint…


[1] - Actes des Apôtres I 1 à 11 ; psaume XLVII ; Paul aux Ephésiens I 17 à 23 ; évangile selon saint Matthieu XXVIII 16 à 20

mercredi 28 mai 2014

ils ont tous, partout, à se convertir - textes du jour

Mercredi 28 Mai 2014



Prier…    [1] il reprendra ce qui vient de lui pour vous le faire connaître. L’évangile de Jean a une dialectique unique, la relation de Dieu à l’homme, elle est d’abord la rédemption, puis une fois « remonté » l’engrenage de la Passion, elle devient la révélation. Dieu se fait connaître par le Fils, et le Fils ne s’ancre en nous pour tout ce qui est de Son message, que par l’Esprit Saint. Ce passage du relais à la Résurrection qui est déjà un départ, à l’Ascension qui n’est pas une apothéose mais un envoi en mission. L’homme, désormais spirituellement adulte, formé, a charge d’évangéliser, de s’évangéliser. L’antidote du péché a été donné. Cette connaissance convoitée par Eve, nous est donnée. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. Et Paul, à l’Aréopage, l’Apôtre des gentils, absolument à son affaire, lui, Juif jusqu’au bout des ongles par la culture et l’aristocratie de naissance, Romain de statut ce qui le place au cœur des dialectiques politiques, judiciaires et mentales de son temps, met en route l’immense mouvement qui continue encore aujourd’hui, cf. ce troisième voyage pontifical en Terre sainte (dont je voudrais tant qu’elle devienne résidence partagée du Pape et de tout croyant en Islam, en Moïse, en Jésus Christ, tous à Jérusalem)… Et voici que Dieu, sans tenir compte des temps où les hommes l’ont ignoré, leur annonce maintenant qu’ils ont tous, partout, à se convertir. … Il les a faits pour qu’ils cherchent Dieu et qu’’ils essayent d’entrer en contact avec lui et de le trouver, lui qui, en vérité, n’est pas loin de chacun de nous.



[1] - Actes des Apôtres XVII 15 à 22 & XVIII 1 ; psaume CXLVIII ; évangile selon saint Jean XVI 12 à 15

mardi 27 mai 2014

il laissa déborder sa joie de croire en Dieu - textes du jour

Mardi 27 Mai 2014



Un film inattendu, admirable de photographies : le visage et le corps totalement mentaux, physiquement aussi superbes qu’étranges, anachroniques du jeune Timur AIDARBEKOV… la ligne de l’Altaï et les premiers plans d’étangs, les végétations de la steppe, le visage de la grand-mère, les murs des chambres, de presque tous les intéreurs, la salle en, plein air avec ses étais de bois et le poudroiement figé des jeux d’un soleil d’ragent en oblique tandis que passe le héros, les pieds nus de celui qui n’a pas été amputé, la notion d’axe aussi bien pour le scenario que pour les images, un axe central jamais déviant, évidemment la vioekce extrême dès la première scène… l’égorgement et le dépouillement du mouton (il a cherché à grimper à la verticale des murs, parfaitement lucide) emblématique de toute survie au Kazakhstan selon les légendes nationales et selon la vérité alimentaire du pays sept fois la France et si grand que d’Almaty à la Volga, il y a autant que de la Volga au Rhin… Leçons d’harmonie d’Emir BAIGAZIN, juste hier soir, après avoir écouté la plainte présidentielle inopportune en temps et heure, mais que l’on pouvait presque s’approprier tant notre pays est au-delà même du désespoir : le Front national est une expression, mais ce n’est ni un avenir ni une espérance. Un pays, le Kazakhstan, capable vingt ans après que j’y ai vécu et d’une certaine manière contribué à le commencer, même si cela se refusa à Paris et ne se sut pas longtemps là-bas… capable de produire un tel chef d’oeuvre, achevé, maîtrisé aux rôles féminins archi-sobres, hiératique (la grand-mère, la proviseure, la jeune et pure élève qui se voile), aux rôles masculins tous de jeunesse au parxysme, et donc violente, muette, jouée, mature… je ne l’aurai pas cru à ce point : j’ai admiré et c’était, hier soir, peut-être la première fois que ma chère femme assumait de partager une part considérable de mon passé, celui d’un tête-à-queue apparent de mon destin individuel. De la violente scène du début à cette offrande du Styx en lumière sans origine, du mouton égorgé à l’emblème tranquille du même passant sur le miroir d’eau, et toujours de gauche à droite, du nord au sud si l’on suit l’Altaï… enfin la langue si étonnante, autre, ni douce ni rauque, si brève de phrase.

Prier pour ce pays, prier pour cette jeune femme au Soudan, prier pour que l’horreur partout devienne grâce, que l’humiliation devienne, pays par pays, personne par personne, dont moi pour les entretiens à subir, quoique je les ai demandés… cet après-midi, après- demain… oui, devienne gloire et justification… [1] L’aventure, méticuleusement décrite et si circonstanciée, de Paul et Silas, miraculeusement libérés, et leur gardien miraculeusement converti… il laissa déborder sa joie de croire en Dieu.  Ce sont les prisonniers qui enseignent au geôlier la liberté, la libération… Ne va pas te faire du mal, nous sommes tous là … Que dois-je faire pour être sauvé, mes seigneurs ? ..  Crois au Seigneur Jésus ; alors tu seras sauvé, toi et toute ta maison.  Annonce de la Parole divine, baptême de toute la famille, retournement total (ce mot cher à notre Président, il y trois semaines…). Seigneur, éternel est ton amour : n’arrête pas l’oeuvre de tes mains. Celle du Christ, au moment d’entrer librement dans sa Passion (observation liminaire du Canon de la messe) est paradoxalement de céder la place. La place à l’Esprit Saint… Il montera où est le péché, car… Il montrera où est le bon droit, car… Il montrera où est la condamnation, car… Oui, veni sante Spiritus. Je tu, elle, il, nous, vous, elles, ils en avons tous immensément besoin.


[1] - Actes des Apôtres XVI 22 à 34 ; psaume CXXXVIII ; évangile selon saint Jean XVI 5 à 11

lundi 26 mai 2014

le pape François en Terre sainte pour le 50ème anniversaire de la rencontre de Paul VI et d'Athénagoras - quelques textes

c'est la fierté de ses fidèles - textes du jour

Lundi 26 Mai 2014



Eveillé depuis plus d’une heure, levé il y a une demi-heure, le jour déjà là. – Le pays à la dérive : complètement. Au lieu de réfléchir à ce que doit être et à ce que doit faire l’Union européenne, nos dirigeants de tous bords regardent et commentent leurs résultats, prennent notre votation pour un sondage sans impératif. Un instant du Premier ministre actuel, sur les petits écrans, pour paraître physiquement plus enfantin que jamais, sans profondeur ni présence, et pour laisser entendre que le président de la République est introuvable ! L’Europe sans institutions puisque la semi-campagne pour la présidence de la Commission dont on fait croire qu’elle sera élue « directement » par les députés que nous venons de désigner, minore encore davantage, s’il était besoin, les deux nouveaux rôles apparus avec le traité de Lisbonne : le président du Conseil européen, et la vice-présidente de la Commission, ministre des Affaires étrangères ou des Relations extérieures, choisis d’ailleurs pour leur pâleur. Habituel dédain des personnes en politique tant que celles-ci ne sont pas en position dominante. C’est pitoyable. Un pays sans direction, sans patrimoine, et un continent, inventeur du reste du monde ou presque en idées et en faits, sans moyen de locomotion…
Prier… le site de Philippes en Macédoine grecque d’aujourd’hui, quand on arrive de cette île enchanteresse de Thassos, le calme et la verdure. Nous avons passé là quelques jours et, le jour du sabbat, nous sommes allés hors la ville, au bord de la rivière ; nous pensions y trouver l’endroit où les Juifs venaient prier. Nous nous sommes assis, et nous avons parlé aux femmes qui étaient réunies. Le calme, la confiance mutuelle, leçon pour notre immédiat politique, leçon pour ma vie et pour aujourd’hui tandis que de la vieillesse qui m’est donnée, je puise tellement à la saveur de cette jeunesse qui m’avait été prodiguée…  La manière d’évangéliser de Paul en cette occurrence, la rencontre d’une certaine Lydia, une commerçante en tissus de pourpre, originaire de la ville de Thyatire, qui adorait le vrai Dieu. Une évangélisation au domicile mental d’une âme, une simple coopération de l’Apôtre avec l’Esprit Saint…  une évangélisation-constat, un mouvement qui se prolonge à partir d’un simple état de la foi qui se valide et s’identifie, s’approprie elle-même : alors, le baptême… Elle nous écoutait car le Seigneur lui avait ouvert l’esprit pour la rendre attentive à ce que disait Paul… « Puisque vous avez reconnu ma foi au Seigneur, venez donc loger dans ma maison ». [1] Cachet de l’évangile et de ses suites apostoliques : l’appelé, le converti, le miraculé rçoit son sauveur chez lui. L’âme, la maison, l’accueil, la reconnaissance. L’accueil est une réponse, une gratitude. Et nous avons été forcés d’accepter. Les suppléments d’ « instruction » qu’au soir de sa vie humaine, le Christ prodigue aux siens : je ne vous l’ai pas dit dès le commencement parce que j’étais avec vous. L’apparente complexité du discours après la Cène, tient à ce que Jésus parle constamment selon deux registres qui s’alternent, se prolongent l’un l’autre, celui de l’homme, celui de Dieu, et seul de toute l’Histoire, de toute la Vie, Il tient également et avec la même intensité les deux « rôles », Il est les deux… ils ne connaissent ni le Père ni moi… je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur… moi Dieu, Fils de Dieu, égal en tout au Père… en ma faveur, à moi qui suis homme comme vous et parmi vous. C’est la fierté de ses fidèles.


[1] - Actes des Apôtres XVI 11 à 15 ; psaume CXLIX ; évangile selon saint Jean XV 26 à XVI 4