mardi 2 août 2016

homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? - textes du jour

Mardi 2 Août 2016

                         Prier… réponse à ce que je vis : Seigneur, sauve-moi ! – Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? Réponse simple, voyant Jésus marcher sur les eaux, il sollicite une preuve d’identité, la reçoit, puis ne compte plus que sur lui-même, et enfonce. Et la grande aventure, résumé de nos vies, s’achève au temporel : quand ils furent montés, le vent tomba… et au spirituel, l’adoration et la connaissance suprêmes : vraiment, tu es le Fils de Dieu. Fasse Dieu que ce soit mon itinéraire, ces jours et ces semaines-ci. [1] Selon les promesses dont Jérémie est le porte-parole . voici que je vais restaurer les tentes de Jacob, pour ses demeures j’aurai de la compassion ; la ville sera rebâtie sur ses ruines, la citadelle sera rétablie en sa juste place… Vous serez mon peuple, et moi je serai votre Dieu. L’Alliance. La suite des Actes des Apôtres : la vie des saints, notre vénération est au second degré, eux sans doute et librement disponibles à la grâce, mais au premier degré, l’œuvre de Dieu en l’homme. L’Incarnation du Fils de Dieu, puis l’habitation trinitaire en chacun de nous, gratifiés de la foi. Baptême, Esprit-Saint, et universellement la bonne volonté qui est bénie. Le Seigneur s’est penché du ciel, il regarde la terre pour entendre la plainte des captifs et libérer ceux qui devaient mourir. Toute exécution capitale aujourd’hui, tous les mourants, toutes celles et tous ceux qui se savent en perspective de mort. Mort à la terre, mort à la finitude. Tous tes amants t'ont oubliée, aucun ne te recherche… Sion, incurable est ta blessure, et profonde, ta plaie. Et cependant…les gens de cet endroit reconnurent Jésus, ils firent avertir toute la région et on lui amena tous les malades. Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui le faisaient furent sauvés… Vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu. Amen.


[1] - Jérémie XXX 1 à 22  passim ;  psaume CII ; évangile selon saint Matthieu XIV 22 à 36

lundi 1 août 2016

saint Alphonse-Marie de’ Liguori . 1696 + 1787


évêque, fondateur de la :
Congregatio Sanctissimi Redemptoris
docteur de l'Église
Alfonso Maria de’ Liguori naît à Marianella, près de Naples, le 27 septembre 1696, dans une famille noble.

Après de fort brillantes études, docteur en droit civil et canonique à seize ans, il embrassa la carrière d'avocat. Pendant les dix années qu'il remplit cette charge, il fut le modèle du parfait chrétien.
Il commençait à se relâcher, quand il échoua dans un plaidoyer superbe où il avait déployé tous ses talents ; « Ô monde ! s'écria-t-il, désormais je te connais; tu ne m'auras plus. »
Peu après, il entendit une voix lui dire : « Laisse le monde de côté, livre-toi à Moi tout entier... » Aussitôt il répondit, fondant en larmes : « Ô Dieu ! Me voici, faites de moi ce qu'il Vous plaira. » Aussitôt Alphonse va déposer à l'église de la Sainte Vierge son épée de gentilhomme, prend bientôt l'habit ecclésiastique, fait ses études de théologie, et au bout de trois ans reçoit le sacerdoce. Désormais le voilà embrasé du zèle des âmes ; il se mêle au peuple des campagnes et s'éprend d'un amour spécial pour lui.
C'est alors que l'idée lui vint de fonder, pour exercer l'apostolat parmi cette classe si intéressante de la société, la « Congrégation des Rédemptoristes ». Traité d'insensé par son père, ses proches et ses amis, persécuté et abandonné bientôt par plusieurs de ses premiers collaborateurs, délaissé et méprisé par son directeur lui-même, Alphonse endura toutes les souffrances morales qui peuvent tomber sur un homme : rien ne put l'abattre ni le décourager.
Il eut plusieurs visions de la très Sainte Vierge ; une fois, pendant un sermon sur les gloires de Marie, il fut ravi, et environné d'une éblouissante lumière.
Un jour, son pauvre accoutrement le fit prendre pour le cocher des autres missionnaires, et, à son premier sermon, son éloquence fit dire au peuple : « Si le cocher prêche si bien, que sera-t-il des autres ! » Aux travaux apostoliques, Alphonse joignait les travaux intellectuels, et il composa un grand nombre d'ouvrages de piété et de morale qui l'ont fait élever au rang des docteurs.
Sacré évêque, Alphonse égala par ses vertus les plus saints pontifes. Il passa de la terre au ciel, à l'âge de quatre-vingt-onze ans, le Ier août 1787, à Pagani, en Campanie.


Sources principales : Abbé L. Jaud (Vie des Saints...) ; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).



BENOÎT XVI
AUDIENCE GÉNÉRALE
Place Saint-Pierre
Mercredi 30 mars 2011

Saint Alphonse de Liguori
Chers frères et sœurs,
Je voudrais aujourd’hui vous présenter la figure d’un saint docteur de l’Eglise à qui nous devons beaucoup, car ce fut un éminent théologien moraliste et un maître de vie spirituelle pour tous, en particulier pour les personnes simples. Il est l’auteur des paroles et de la musique de l’un des chants de Noël les plus populaires en Italie et pas seulement: Tu descends des étoiles.
Appartenant à une noble et riche famille napolitaine, Alphonse Marie de Liguori naquit en 1696. Doté de nombreuses qualités intellectuelles, il obtint à seulement 16 ans une maîtrise de droit civil et canonique. Il était l’avocat le plus brillant du barreau de Naples: pendant huit ans il gagna toutes les causes qu’il défendit. Toutefois, dans son âme assoiffée de Dieu et désireuse de perfection, le Seigneur le conduisait à comprendre que la vocation à laquelle il l’appelait était une autre. En effet, en 1723, indigné par la corruption et l’injustice qui viciaient le milieu juridique, il abandonna sa profession — et avec elle la richesse et le succès — et il décida de devenir prêtre, malgré l’opposition de son père. Il eut d’excellents maîtres, qui l’initièrent à l’étude de l’Ecriture Sainte, de l’histoire de l’Eglise et de la mystique. Il acquit une vaste culture théologique, qu’il mit à profit quand, quelques années plus tard, il entreprit son œuvre d’écrivain. Il fut ordonné prêtre en 1726 et il se lia, pour l’exercice de son ministère, à la Congrégation diocésaine des Missions apostoliques. Alphonse commença une action d’évangélisation et de catéchèse dans les couches les plus humbles de la société napolitaine, auxquelles il aimait prêcher, et qu’il instruisait sur les vérités fondamentales de la foi. Un grand nombre de ces personnes, pauvres et modestes, auxquelles il s’adressait, s’adonnaient souvent aux vices et accomplissaient des actes criminels. Il leur enseignait avec patience à prier, les encourageant à améliorer leur façon de vivre. Alphonse obtint d’excellents résultats: dans les quartiers les plus misérables de la ville se multipliaient les groupes de personnes qui, le soir, se réunissaient dans les maisons privées et dans les échoppes, pour prier et pour méditer la Parole de Dieu, sous la direction de plusieurs catéchistes formés par Alphonse et par d’autres prêtres, qui rendaient visite régulièrement à ces groupes de fidèles. Quand, suivant le désir de l’archevêque de Naples, ces réunions furent tenues dans les chapelles de la ville, elles prirent le nom de «chapelles du soir». Elles furent de véritables sources d’éducation morale, d’assainissement social, d’aide réciproque entre les pauvres: les vols, les duels, la prostitution finirent presque par disparaître.
Même si le contexte social et religieux de l’époque de saint Alphonse étaient bien différent du nôtre, les «chapelles du soir» apparaissent comme un modèle d’action missionnaire auquel nous pouvons nous inspirer également aujourd’hui pour une «nouvelle évangélisation», en particulier des plus pauvres, et pour construire une coexistence humaine plus juste, fraternelle et solidaire. Une tâche de ministère spirituel est confiée aux prêtres, alors que des laïcs bien formés peuvent être des animateurs chrétiens efficaces, un authentique levain évangélique au sein de la société.
Après avoir pensé partir pour évangéliser les peuples païens, Alphonse, à l’âge de 35 ans, entra en contact avec les paysans et les pasteurs des régions intérieures du royaume de Naples et, frappé par leur ignorance religieuse et par l’état d’abandon dans lequel ils se trouvaient, il décida de quitter la capitale et de se consacrer à ces personnes, qui étaient pauvres spirituellement et matériellement. En 1732, il fonda la Congrégation religieuse du Très Saint Rédempteur, qu’il plaça sous la protection de l’évêque Tommaso Falcoia, et dont par la suite il devint lui-même le successeur. Ces religieux, guidés par Alphonse, furent d’authentiques missionnaires itinérants, qui atteignaient aussi les villages les plus reculés en exhortant à la conversion et à la persévérance dans la vie chrétienne, en particulier au moyen de la prière. Aujourd’hui encore les Rédemptoristes, présents dans de nombreux pays du monde, avec de nouvelles formes d’apostolat, continuent cette mission d’évangélisation. Je pense à eux avec reconnaissance, en les exhortant à être toujours fidèles à l’exemple de leur saint fondateur.
Estimé pour sa bonté et pour son zèle pastoral, en 1762 Alphonse fut nommé évêque de Sant’Agata dei Goti, un ministère qu’il quitta en 1775 avec l’autorisation du Pape Pie vi, à la suite des maladies dont il était atteint. Ce même Pape, en 1787, en apprenant la nouvelle de sa mort, qui eut lieu après de grandes souffrances, s’exclama: «C’était un saint!». Et il ne se trompait pas: Alphonse fut canonisé en 1839, et en 1871 il fut déclaré Docteur de l’Eglise. Ce titre lui convient pour de nombreuses raisons. Tout d’abord parce qu’il a proposé un riche enseignement de théologie morale, qui exprime de manière adaptée la doctrine catholique, au point qu’il fut proclamé par le Pape Pie XII «Patron de tous les confesseurs et moralistes». A son époque, s’était diffusée une interprétation très rigoriste de la vie morale également en raison de la mentalité janséniste qui, au lieu d’alimenter la confiance et l’espérance dans la miséricorde de Dieu, fomentait la peur et présentait un visage de Dieu revêche et sévère, bien éloigné de celui que nous a révélé Jésus. Saint Alphonse, en particulier dans son œuvre principale intitulée Théologie morale, propose une synthèse équilibrée et convaincante entre les exigences de la loi de Dieu, gravée dans nos cœurs, pleinement révélée par le Christ et interprétée de manière faisant autorité par l’Eglise, et les dynamismes de la conscience et de la liberté de l’homme, qui précisément dans l’adhésion à la vérité et au bien permettent la maturation et la réalisation de la personne. Alphonse recommandait aux pasteurs d’âmes et aux confesseurs d’être fidèles à la doctrine morale catholique, en assumant, dans le même temps, une attitude charitable, compréhensive, douce, pour que les pénitents puissent se sentir accompagnés, soutenus, encouragés dans leur chemin de foi et de vie chrétienne. Saint Alphonse ne se lassait jamais de répéter que les prêtres sont un signe visible de la miséricorde infinie de Dieu, qui pardonne et illumine l’esprit et le cœur du pécheur afin qu’il se convertisse et change de vie. A notre époque, où on voit de clairs signes d’égarement de la conscience morale et — il faut le reconnaître — un certain manque d’estime envers le sacrement de la confession, l’enseignement de saint Alphonse est encore de grande actualité.
A côté des œuvres de théologie, saint Alphonse rédigea de très nombreux écrits, destinés à la formation religieuse du peuple. Le style est simple et plaisant. Lues et traduites dans un grand nombre de langues, les œuvres de saint Alphonse ont contribué à façonner la spiritualité populaire des deux derniers siècles. Certaines d’entre elles sont des textes à lire avec un grand intérêt encore aujourd’hui, comme Les Maximes éternelles, Les gloires de Marie, La pratique d’amour envers Jésus Christ, une œuvre — cette dernière — qui représente la synthèse de sa pensée et son chef-d’œuvre. Il insiste beaucoup sur la nécessité de la prière, qui permet de s’ouvrir à la Grâce divine pour accomplir quotidiennement la volonté de Dieu et poursuivre la sanctification personnelle. Au sujet de la prière, il écrit: «Dieu ne refuse à personne la grâce de la prière, par laquelle on obtient l’aide pour vaincre les concupiscences et les tentations. Et je dis, et je réponds et je répondrai toujours, tant que j’aurai vie, que tout notre salut réside dans la prière». De là vient son célèbre axiome «Qui prie se sauve» (Grand moyen de la prière et opuscules semblables. Œuvres ascétiques II, Rome 1962, p. 171). Il me revient à l’esprit, à cet égard, l’exhortation de mon prédécesseur, le vénérable serviteur de Dieu Jean-Paul II: «Nos communautés chrétiennes doivent devenir d’authentiques “écoles” de prière... Il faut alors que l’éducation à la prière devienne en quelque sorte un point déterminant de tout programme pastoral» (Lett. ap. Novo Millennio ineunte, nn. 33.34).
Parmi les formes de prière conseillées avec ferveur par saint Alphonse se détache la visite au Très Saint Sacrement ou, comme nous l’appellerions aujourd’hui, l’adoration, brève ou prolongée, personnelle ou communautaire, devant l’Eucharistie. «Assurément — écrit Alphonse — parmi toutes les dévotions celle d’adorer Jésus sacrement est la première après les sacrements, la plus chère à Dieu, et celle qui nous est la plus utile... Oh, quel délice d’être devant un autel plein de foi... et lui présenter nos nécessités, comme fait un ami avec un autre ami intime!» (Visites au Saint Sacrement et à la Sainte Vierge pour chaque jour du mois. Introduction). La spiritualité alphonsienne est en effet éminemment christologique, centrée sur le Christ et son Evangile. La méditation du mystère de l’Incarnation et de la Passion du Seigneur sont fréquemment l’objet de sa prédication. Dans ces événements en effet la Rédemption est offerte «copieusement» à tous les hommes. Et précisement parce qu’elle est christologique, la piété alphonsienne est aussi absolument mariale. D’une grande dévotion pour Marie, il en illustre le rôle dans l’histoire du salut: associée à la Rédemption et Médiatrice de grâce, Mère, Avocate et Reine. En outre, saint Alphonse affirme que la dévotion à Marie nous sera d’un grand réconfort au moment de notre mort. Il était convaincu que la méditation sur notre destin éternel, sur notre appel à participer pour toujours à la béatitude de Dieu, tout comme sur la tragique possibilité de la damnation, contribue à vivre avec sérénité et engagement, et à affronter la réalité de la mort en conservant toujours toute sa confiance dans la bonté de Dieu.
Saint Alphonse de Liguori est un exemple de pasteur zélé, qui a conquis les âmes en prêchant l’Evangile et en administrant les sacrements, s’unissant à une façon d’agir marquée par une bonté sereine et douce, qui naissait de l’intense rapport avec Dieu, qui est la Bonté infinie. Il a eu une vision à la fois réaliste et optimiste des ressources de bien que le Seigneur donne à chaque homme et il a donné importance aux élans et aux sentiments du cœur, ainsi qu’à ceux de l’esprit, pour pouvoir aimer Dieu et son prochain.
En conclusion, je voudrais rappeler que notre saint, de manière analogue à saint François de Sales — dont j’ai parlé il y a quelques semaines — insiste pour nous dire que la sainteté est accessible à chaque chrétien: «Le religieux comme religieux, le séculier comme séculier, le prêtre comme prêtre, le mari comme mari, le marchand comme marchand, le soldat comme soldat, et ainsi de suite pour tout autre statut» (La pratique de l’amour envers Jésus Christ. Œuvres ascétiques I, Rome 1933, p. 79). Rendons grâce au Seigneur qui, avec sa Providence, suscite des saints et des docteurs en des lieux et en des temps différents, qui parlent le même langage pour nous inviter à croître dans la foi et à vivre avec amour et avec joie notre être chrétiens dans les actions simples de chaque jour, pour avancer sur le chemin de la sainteté, sur la route vers Dieu et vers la joie véritable. Merci.
* * *
Depuis longtemps, ma pensée va souvent aux populations de la Côte d’Ivoire, traumatisées par de douloureuses luttes internes et de graves tensions sociales et politiques.
Alors que j’exprime ma proximité à tous ceux qui ont perdu un être cher et souffrent de la violence, je lance un appel pressant afin que soit engagé le plus vite possible un processus de dialogue constructif pour le bien commun. L’opposition dramatique rend plus urgent le rétablissement du respect et de la cohabitation pacifique. Aucun effort ne doit être épargné dans ce sens.
Avec ces sentiments, j’ai décidé d’envoyer dans ce noble Pays, le Cardinal Peter Kodwo Turkson, Président du Conseil pontifical “Justice et Paix”, afin qu’il manifeste ma solidarité et celle de l’Église universelle aux victimes du conflit, et encourage à la réconciliation et à la paix.
* * *
           Je salue avec joie les pèlerins francophones venus de Grèce, France et Suisse! Durant ce temps de carême, et toujours, tout chrétien est appelé à la sainteté. Par la prière, par l’amour pour Jésus présent dans l’Eucharistie et par la pratique du sacrement de la réconciliation, vous vous sanctifierez et vous changerez le visage de l’humanité! Avec ma bénédiction!
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saint Pierre Favre, cofondateur de la Compagnie de Jésus, premier prêtre jésuite . 1506 + 1546



P ierre Favre naît le 13 avril 1506 dans le village du Villaret (Savoie, alors dans le diocèse de Genève), dans une famille nombreuse de bergers.

 À dix ans, il apprit les rudiments de la grammaire et du calcul à l'école de Thônes. Très vite, l'élève manifesta une vive intelligence servie par une mémoire fidèle, si bien qu'à la rentrée de l'automne 1517, Pierre entra au collège de la Roche-sur-Foron. 

En 1525, encouragé également par son oncle, Dom Mamert Favre, prieur de la chartreuse du Reposoir, qui finança la suite de ses études, il partit étudier à Paris au collège de Montaigu mais il passe rapidement au Collège Sainte-Barbe où il a François Xavier comme camarade de chambre. Peu après un troisième élément, Ignace de Loyola, les rejoint. Alors que François Xavier est plus réservé, une profonde amitié se lie entre Pierre et Ignace. Le premier devient le répétiteur du second et Ignace, qui a déjà 34 ans et une grande expérience spirituelle, aide Pierre à surmonter ses tentations et ses scrupules.

En 1530, Pierre Favre est bachelier ès Arts et poursuit sa licence en théologie. En 1534, il suit ses Exercices spirituels sous la direction d’Ignace de Loyola et pénètre si profondément dans cette voie vers Dieu que, plus tard, Ignace le reconnaîtra comme celui qui donne le mieux les Exercices spirituels.

Ordonné prêtre le 30 mai 1534 par le cardinal Jean du Bellay, il fut le premier prêtre de la Compagnie de Jésus. Lorsque, le 15 août 1534, le groupe des sept « Amis dans le Seigneur » rassemblés par Ignace de Loyola monte à la chapelle St-Denis à Montmartre pour se consacrer à Dieu par les vœux de pauvreté et chasteté, c’est Pierre Favre qui célèbre la messe et reçoit leur engagement religieux et apostolique. Peu après, il remplace également Ignace à la tête du groupe lorsque ce dernier doit faire un séjour dans son pays natal pour des raisons de santé. Trois nouveaux compagnons sont alors reçus par Favre dans le groupe : Jean Codure, Claude Le Jay et Paschase Broët.

En 1536, Favre obtient sa maîtrise en arts.

En janvier 1537, tous les « Amis dans le Seigneur » - ils sont alors onze - se retrouvent avec Ignace à Venise. Ceux qui sont prêts sont alors ordonnés prêtres. Le séjour à Venise, avec une aide portée aux malades des hôpitaux des villes avoisinantes, est la dernière préparation spirituelle avant de se rendre à Rome pour se placer au service de l'Église et du Pape.
Arrivé dans la ville éternelle en 1538, Pierre Favre y enseigne pour un temps la théologie à l'université « La Sapienza » tout en préparant avec les autres le projet de fondation de la Compagnie de Jésus qui sera approuvé le 27 septembre 1540 par le pape Paul III (Regimini militantis ecclesiae).
Immédiatement après, fin 1540, Favre commence une vie itinérante missionnaire, parcourant les principaux pays d'Europe et travaillant au renouvellement spirituel et à la réforme du catholicisme. Il est d’abord à Parme où durant 18 mois il donne les Exercices spirituels et réforme plusieurs couvents et monastères.

Le pape l’envoie ensuite aux colloques de Worms et Ratisbonne, en Allemagne. Les contacts avec les protestants n'étaient pas encore rompus : on espérait y trouver un accord qui éviterait le schisme. Le colloque fut un échec mais le séjour de Favre en Allemagne lui ouvrit les yeux : l'ignorance religieuse du peuple chrétien et l'immoralité du clergé étaient les causes principales du progrès du protestantisme.
Favre fait ensuite un voyage en Espagne puis, en 1542, il est de retour en Allemagne, à Spire et Mayence, où il donne les Exercices Spirituels, entre autres, au printemps 1543, à Pierre Canisius qui entrera plus tard dans la Compagnie de Jésus. 

À la demande du Pape Paul III (Alessandro Farnese, 1534-1549), Pierre Favre se rend à la cour du Portugal pour une mission spéciale. En Espagne, en 1545, il fonde des communautés jésuites à Valladolid et Alcala; mais ces voyages incessants minent sa santé. Rappelé à Rome pour s'y préparer à participer comme légat du pape au concile de Trente, Pierre Favre s’éteint épuisé le 1er août 1546 dans les bras mêmes, dit-on, d’Ignace de Loyola.
Mort à 40 ans, Favre est moins connu que d’autres parmi les premiers compagnons jésuites. Cependant, il occupe une place très importante dans l’histoire de la fondation de la Compagnie de Jésus ; d'abord parce qu'il faisait partie du noyau initial des trois « Amis dans le Seigneur » fondé dans la chambre du Collège Sainte-Barbe à Paris avec Ignace de Loyola et François-Xavier, ensuite parce qu'Ignace de Loyola avait la plus grande confiance en lui. 

Pierre Favre n’était ni un philosophe, ni un théologien, au sens technique du mot. Les seuls écrits qu'il nous ait laissés sont ses lettres et un Mémorial qui est une autobiographie spirituelle, rédigée de 1542 à 1545 dans laquelle il fait une approche du divin par le biais de l'affection intime et du sentiment. Il n'hésitait pas à s'adresser directement au Christ et aux anges, comme dans l'extrait ci-dessous, où il raconte son installation dans une nouvelle demeure : « Dans chaque pièce et dans chaque salle de la maison, je dis à genoux cette prière : “Visitez cette demeure, nous vous en prions, Seigneur ; écartez d'elle toutes les embûches de l'ennemi, pour que vos saints anges y habitent et nous gardent dans la paix, et que votre bénédiction soit sur nous à jamais, par le Christ notre Seigneur.” Je le fis avec une vraie dévotion et avec le sentiment qu'il était convenable et bon d'agir ainsi en entrant pour la première fois quelque part. J'invoquai ensuite les anges gardiens des voisins et je sentis que cela était convenable et bon quand on change de quartier. Je priai pour que mes compagnons de logis et moi, nous n'ayons à subir aucun mal de la part des mauvais esprits du voisinage et tout spécialement celui de la fornication »

Pierre Favre, béatifié le 05 septembre 1872 par le Bx Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878), a été canonisé (canonisation équipollente) par le Saint Père François le 17 décembre 2013 (la canonisation équipollente signifie que le Pape étend d’autorité à toute l’Église le culte, à travers l’inscription de sa fête, avec messe et office, dans le calendrier de l’Église universelle). Les Jésuites le fêtent le 2 août.


Sources principales : diocese-annecy.fr/ ; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).
 



 





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ordonnant à la foule de s'asseoir sur l'herbe - textes du jour

Lundi 1er Août 2016

Prier en toute espérance. La lumière du voyage polonais de François, la manifeste communion de prière et d’inquiétude des autorités religieuses de toutes confessions chez nous. Le politique se périme. Je n’y reviens que demain, fatigué ce soir. D’autant que je me lance dans ce livre, projeté dans son principe mais pas encore assez dans son écriture. La querelle de prophètes : Ananie et Jérémie, mais elle n’est pas une rivalité d’homme, elle est une leçon de vocation. Nous ne sommes pas chacun investi pour la même fonction ni lancé dans le même parcours. Jérémie est d’une parfaite sérénité car il ne parle pas de lui-même. alors le prophète Jérémie alla son chemin. La parole du Seigneur fut adressée à Jérémie… « Va dire à Ananie… » [1] Et, ce qui rejoint les paroles du pape François lors du chemin de croix, avec la jeunesse JMJ, le mal… car si Ananie fait croire à la libération imminente des déportés à Babylone, Jérémie au contraire confirme la domination abhorrée et pour longtemps : c’est un joug de fer que je mets sur la nuque de toutes ces nations, pour qu’elles servent Nabuchodonosor, roi de Babylone. Et elles le serviront. Je lui ai donné même les bêtes sauvages. Notre réponse et celle de François arrivant de Auschwitz et de Birkenau… et assurant même que le mal n’est pas qu’au passé et qu’en ces lieux.. Réponse aussi du psalmiste : des impies escomptent ma perte ; moi, je réfléchis à tes exigences. Notre situation à tous égards.  Et la réponse qui n’est pas des hommes. Jésus comptait se recueillir à la nouvelle de la mort du Précurseur : il se retira et partit en barque pour un endroit désert, mais rejoint par les foules, il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades, puis multiplia pains et poissons. L’Eglise universelle : cela faisait douze paniers pleines. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants. Je vis la prière et lis les textes à la lumière de ce qu’il m’est donné en circonstances, en enjeux, en revers, en inquiétudes, et cela me soutient, se transforme en joie. Plus je suis dans le creux, plus je suis heureux de ressentir que je suis dans la main de Dieu, et mon petit troupeau avec moi, ma femme, notre fille. – J’essaierai de mieux répondre à mon cher Jean-Claude C. que je ne l’ai fait sur le champ [2], mais c’est vrai je n’ai aucune formation ni théologique ni exégétique. Me taire ? sur ces « sujets » … non car je ne les traite pas, je mets simplement au partage mes moyens de vivre spirituellement, de survivre psychiquement et, si c’est la volonté de Dieu, d’avancer et peut-être sur le tard de mon existence, de construire. D’ailleurs, je ne suis spécialiste de rien. C’est le propre du diplomate ce soit dans la partie économique et financière ou dans la relation politique : connaître les gens, les pénétrer assez pour que l’envie de construire ensemble se partage, s’impose. Et celui qui écrit, il a peut-être le savoir de ce qu’il veut exposer, mais l’art-même d’écrire ? Prier, est-ce une spécialité ? un savoir ? sans doute, y a-t-il une formation possible, et encore, ce ne sera qu’en priant ensemble, ces quelques jours auxquels participera à partir de l’Assomption notre chère fille. Presque tout se reçoit. Ma culture politique n’est que mémoire et empathie, elle n’a jamais été théorie ou science politique : quatre jurys des années 1970 puis 2000 me l’ont signifié. J’accepte toute leçon. Je les chercherai même, mais revenir et demeurer dans le texte, y compris dans ce que je ne saisis pas, c’est ce qui est devenu structure de vie, certaines semaines, la seule. Je n’ai jamais eu de métier que la mise en relation : les gens, les thèmes, les pays, les questions, les uns avec les autres, dans leur ordre respectif, ou d’un ordre avec l’autre. – Transmission, témoignage et initiation ou aboutissement d’une chaîne, d’un geste : mon cher Jean-Claude me fait vivre et justifier, autant que je le puis, des mots plus reçus en écriture que posés et délibérés. Il prit les cinq pains et les deux poissons… il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule… on ramassa les morceaux qui restaient. Le rythme de la Création, d’un jour à l’autre, puis le repos, le « final ».



[1] - Jérémie XXVIII 1 à 17 ; psaume CXIX ; évangile selon saint Matthieu XIV 13 à 21

[2] - Bertrand,
J'ai fini ma spécialisation en exégèse (à l'Institut Biblique Pontifical, à Rome), en 1976. On parlait bien sûr déjà de Qoheleth, simplement parce que le travail ne se fait pas sur les traduction latines, mais sur le texte hébreu. Ce n'est pas du tout une mode adoptée par des "tâcherons", comme tu dis de manière passablement arrogante... Ignace de Loyola aurait pu t'instruire davantage en modestie...
Si je parlais de la vie politique (en son passé comme en son présent) de la manière dont tu parles des questions théologiques (et encore plus pastorales), tu me dirais qu'il vaudrait mieux que je retourne à mes chères études. Le point de vue de l’Église, et de la réflexion théologique a changé, depuis Vatican II, c'est-à-dire depuis 1965 (il y a quand même 50 ans !). Tu me donnes le sentiment que tu réfléchis avec les instruments intellectuels d'avant Vatican II...
C'est dommage que ta compétence, et ta finesse d'analyse, dans le domaine politique et historique-politique, n'ait pas son pendant dans le domaine "religieux". C'est vrai que l'on ne peut pas tout faire, mais alors le silence est préférable et la confiance en ceux qui ont construit le point où nous en sommes (qui est très loin d'être sans importance et efficacité, y compris dans la "transmission" dont tu parles si souvent).
Je m'agace souvent à te lire (je ne te lis qu'un jour sur trois ou quatre) dans le domaine théologique, mais je e réagis pas. Là, ton mot de "tâcherons" a fait mouche. Je ne supporte pas qu'on traite ainsi des hommes et des femmes qui font tout un travail de transmission, qui est particulièrement intelligent et au courant de toute la recherche. Le directeur actuel de "Prions en Église" est un exégète très compétent, doublé d'un spirituel, ce qui n'est pas rien.
Bien amicalement.
Jean-Claude

Le 01/08/2016 à 15:41, Bertrand Fessard de Foucault a écrit :
Grand merci, mon bien cher Jean-Claude, pour ta correction. Fraternelle, mais très avisée et fondée. Comment remédier à une lacune qui n'est pas seulement d'un ou de quelques segments dans un savoir qu'effectivement, hormis un petit livre du Père Congar - contemporain du concile, sinon même un peu antérieur - je ne possède pas.
Très affectueusement. Et avec reconnaissance.
Que "deviens"-tu ?
N B Tâcheron. je t'avoue que j'ai beaucoup hésité pour trouver un terme, et que ce que j'ai posé comme terme ne correspond pas à une pensée, elle-même approximative, mais je le reconnais assez péjorative. Ayant du temps ce matin, en une salle d'attente, j'avoue aussi que j'ai lu plusieurs des chroniques, courtes et plus qu'intéressantes, dans le fascicule du mois.
Tu m'occupes et m'auras beaucoup occupé le coeur et l'esprit,