dimanche 27 décembre 2015

bienheureux Odoardo Focherini, journaliste, martyr du nazisme, « Juste parmi les nations » - 1907 + 1944



Odoardo Focherini naît le 6 juin 1907 à Carpi, en Émilie-Romagne. Durant sa jeunesse, il fréquente l'école élémentaire et technique.

En 1924, il participe à un magazine pour les jeunes et en 1928, il entre dans l'Action Catholique de son diocèse

En 1930, Odoardo épouse Maria Marchesi (1909-1989), avec qui il eut sept enfants.
 
En 1934, il a été embauché à l'Assurance Catholique de Vérone, puis il est devenu l'inspecteur de la compagnie d'assurance et a exercé ces fonctions à Modène, Bologne, Vérone et Pordenone
En 1942, il a commencé ses travaux en faveur des juifs. Puis, à partir de 1943, Odoardo a commencé à collaborer avec Dante Hall, curé de San Martino Spino (province de Modène). Avec lui, il a réussi à créer une organisation souterraine pour y protéger une centaine de juifs.
Le 11 mars 1944, il est arrêté à l'Hôpital de Carpi, alors qu'il y préparait l'évasion d'un juif. Il a été transféré à la prison de San Giovanni in Monte à Bologne. Pendant sa détention, il adressa 166 lettres à sa famille et ses amis.
Après plusieurs transferts dans différents camps de concentration, il a été placé dans celui de Hersbruck, où Odoardo y est mort, le 27 décembre 1944. Peu avant de mourir, il déclara qu’il offrait sa vie pour son diocèse et pour l’action catholique.

En 1955, on lui a décerné la médaille d'or du Mérite de la République italienne.
En 1969, il a été inscrit dans le livre des « Juste parmi les nations » à Yad Vashem.

En 1996, la phase diocésaine du procès en béatification a été lancée, puis la cause est passée à la phase romaine en 1998. Le 10 mai 2012 le pape Benoît XVI l'a déclaré martyr et vénérable.
Odoardo Focherini a été béatifié le 15 juin 2013 à Carpi (dans la province de Modène) sa ville natale. La cérémonie de béatification a été présidée par le card. Angelo Amato S.D.B., préfet de la Congrégation pour la cause des saints, qui représentait le Pape François (Jorge Mario Bergoglio).
« Le bienheureux Odoardo n’a pas hésité à faire passer en premier le bien de ses frères en offrant sa propre vie », a souligné le cardinal.
Durant la seconde guerre mondiale, Odoardo Focherini, grace à une organisation clandestine et à l’appui de la Curie épiscopale, avait réussi à sauver 105 juifs de la déportation nazie

Sources principales : zenit.org ; wikipédia.org  (« Rév. x gpm »).


fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph . Benoît XVI Angelus du dimanche 27 décembre 2009



 
Chers frères et sœurs !

C'est aujourd'hui le dimanche de la Sainte Famille. Nous pouvons encore nous mettre à la place des pasteurs de Bethléem qui, ayant reçu l'annonce de l'ange, s'empressèrent d'accourir à la grotte et trouvèrent « Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche » (Lc 2, 16).

Arrêtons-nous nous aussi pour contempler cette scène et réfléchissons sur sa signification. Les premiers témoins de la naissance du Christ, les pasteurs, se trouvèrent non seulement en face de l'Enfant Jésus, mais d'une petite famille : la Mère, le Père et le Fils nouveau-né. Dieu a voulu se révéler en naissant dans une famille humaine, et c'est pourquoi la famille humaine est devenue une icône de Dieu ! Dieu est Trinité, il est communion d'amour et la famille en est une expression qui reflète le Mystère insondable de Dieu amour, dans toute la différence qui existe entre le Mystère de Dieu et sa créature humaine. L'homme et la femme, créés à l'image de Dieu, deviennent dans le mariage « une seule chair » (Gn 2, 24), c'est-à-dire une communion d'amour qui engendre une nouvelle vie. La famille humaine, dans un certain sens, est une icône de la Trinité du point de vue de l'amour interpersonnel et de la fécondité de l'amour.

La liturgie d'aujourd'hui propose le célèbre épisode évangélique de Jésus âgé de douze ans qui reste au Temple, à Jérusalem, à l'insu de ses parents, qui, surpris et inquiets, l'y retrouvent après trois jours alors qu'il discute avec les docteurs. A sa mère qui lui demande des explications, Jésus répond qu'il doit « être dans la propriété », dans la maison de son Père, c'est-à-dire de Dieu (cf. Lc 2, 49).

Dans cet épisode, le jeune Jésus nous apparaît plein de zèle pour Dieu et pour le Temple. Demandons-nous : de qui Jésus avait-il appris l'amour pour les « choses » de son Père ? Assurément en tant que fils, il a eu une intime connaissance de son Père, de Dieu, d'une profonde relation personnelle permanente avec Lui, mais, dans sa culture concrète, il a assurément appris les prières, l'amour envers le Temple et les institutions d'Israël de ses propres parents. Nous pouvons donc affirmer que la décision de Jésus de rester dans le Temple était surtout le fruit de sa relation intime avec le Père, mais aussi le fruit de l'éducation reçue de Marie et de Joseph.

Nous pouvons ici entrevoir le sens authentique de l'éducation chrétienne : elle est le fruit d'une collaboration à rechercher toujours entre les éducateurs et Dieu. La famille chrétienne est consciente que les enfants sont un don et un projet de Dieu. Par conséquent, elle ne peut pas les considérer comme sa propriété, mais, en servant à travers eux le dessein de Dieu, elle est appelée à les éduquer à une plus grande liberté, qui est précisément celle de dire oui à Dieu pour faire sa volonté. La Vierge Marie est l'exemple parfait de ce « oui ». Nous lui confions toutes les familles, en priant en particulier pour leur précieuse mission éducative. [...]

Dieu, qui est venu au monde au sein d'une famille, montre que cette institution est la voie sûre pour le rencontrer et le connaître, et également un appel incessant à travailler à l'unité de tous autour de l'amour. Il s'ensuit que l'un des services les plus grands que nous chrétiens pouvons prêter à nos semblables est de leur offrir notre témoignage serein et ferme de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, en la sauvegardant et en la promouvant, car celle-ci possède une importance suprême pour le présent et l'avenir de l'humanité. En effet, la famille est la meilleure école pour apprendre à vivre les valeurs qui donnent sa dignité à la personne et rendent les peuples grands. Dans celle-ci, on partage également les souffrances et les joies, car l'on se sent tous protégés par l'affection qui règne à la maison, du simple fait d'être membres de la même famille.

Je demande à Dieu que dans vos foyers domestiques l'on respire toujours cet amour de dévouement total et de fidélité que Jésus apporta au monde avec sa naissance, le nourrissant et le renforçant par la prière quotidienne, la pratique constante des vertus, la compréhension réciproque et le respect mutuel. Je vous encourage donc, confiant dans l'intercession maternelle de la Très Sainte Vierge Marie, Reine des Familles, et dans la puissante protection de saint Joseph, son époux, à vous consacrer sans relâche à cette belle mission que le Seigneur a placée entre vos mains. Vous pouvez compter sur ma proximité et sur mon affection. Je vous demande d'apporter un salut particulier du Pape à vos proches qui en ont le plus besoin ou à ceux qui se trouvent en difficulté. Je vous bénis de tout cœur.

À l'issue de l'Angelus:

Chers pèlerins francophones, en cette fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, je suis heureux de saluer toutes vos familles et ma prière rejoint particulièrement celles qui connaissent des difficultés. Avec vous, je rends grâce à Dieu pour la sainte famille de Nazareth : Marie et Joseph n'ont pas seulement procuré à l'Enfant Jésus le pain de la terre ; ils lui ont donné un authentique témoignage de foi et d'amour. Que leur exemple guide toutes les familles et soit pour elles une source intarissable de joie et de bonheur !
À tous je souhaite une fin d'année sereine !

homélie du pape François pour la fête de la Sainte Famille : Jésus, Marie et Joseph



Les lectures bibliques que nous avons écoutées nous ont présenté l’image de deux familles qui accomplissent leur pèlerinage vers la maison de Dieu.  Elkana et Anne portent leur fils Samuel au temple de Silo et le consacrent au Seigneur (cf. 1 Sam 1, 20-22.24-28). De la même manière, Joseph et Marie, pour la fête de la Pâque, se font pèlerins à Jérusalem avec Jésus (cf. Lc 2, 41-52).
Nous avons souvent sous les yeux les pèlerins qui se rendent aux sanctuaires et aux lieux chers à la piété populaire. En ces jours, beaucoup se sont mis en chemin pour rejoindre la Porte Sainte ouverte dans toutes les cathédrales du monde et aussi dans de nombreux sanctuaires. Mais la chose la plus belle mise en relief aujourd’hui par la Parole de Dieu est que toute la famille accomplit le pèlerinage. Papa, maman et les enfants, ensemble, se rendent à la maison du Seigneur pour sanctifier la fête par la prière. C’est un enseignement important qui est offert aussi à nos familles. Nous pouvons même dire que la vie de la famille est un ensemble de petits et de grands pèlerinages.
Par exemple, comme cela nous fait du bien de penser que Marie et Joseph ont enseigné à Jésus à réciter les prières !  Et cela est un pèlerinage, le pèlerinage de l’éducation à la prière. Et cela nous fait aussi du bien de savoir que durant la journée ils priaient ensemble ; et qu’ensuite le samedi, ils allaient ensemble à la synagogue pour écouter les Écritures de la Loi et des Prophètes et louer le Seigneur avec tout le peuple. Et certainement durant le pèlerinage vers Jérusalem, ils ont prié en chantant avec les paroles du Psaume : « Quelle joie quand on m’a dit : “Nous irons à la maison du Seigneur!”. Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! » (122, 1-2).
Comme il est important pour nos familles de marcher ensemble et d’avoir un même but à atteindre ! Nous savons que nous avons un parcours commun à accomplir ; une route où nous rencontrons des difficultés mais aussi des moments de joie et de consolation. Dans ce pèlerinage de la vie, nous partageons aussi le moment de la prière. Qu’y-a-t-il de plus beau pour un papa et une maman que de bénir leurs enfants au début de la journée et à sa conclusion ? Tracer sur leur front le signe de la croix comme le jour du Baptême. N’est-ce pas peut-être la prière la plus simple des parents pour leurs enfants ? Les bénir, c’est-à-dire les confier au Seigneur, comme l’ont fait Elkana et Anne, Joseph et Marie, pour qu’il soit leur protection et leur soutien dans les différents moments de la journée. Comme il est important pour la famille de se retrouver aussi pour un bref moment de prière avant de prendre ensemble les repas, pour remercier le Seigneur de ces dons, et pour apprendre à partager ce qui est reçu avec celui qui est davantage dans le besoin. Ce sont de tout-petits gestes qui expriment cependant le rôle de formation que possède la famille dans le pèlerinage de tous les jours.
Au terme de ce pèlerinage, Jésus retourne à Nazareth et il était soumis à ses parents (cf. Lc 2, 51). Cette image contient aussi un bel enseignement pour nos familles. Le pèlerinage, en effet, ne finit pas quand on arrive au but du sanctuaire, mais quand on revient à la maison et qu’on reprend la vie de tous les jours, mettant en acte les fruits spirituels de l’expérience vécue. Nous savons ce que Jésus avait fait cette fois. Au lieu de revenir à la maison avec les siens, il s’était arrêté à Jérusalem dans le Temple, causant une grande peine à Marie et à Joseph qui ne le trouvaient plus. Pour cette “escapade”, Jésus a dû aussi probablement faire des excuses à ses parents. L’Évangile ne le dit pas, mais je crois que nous pouvons le supposer. La question de Marie, d’ailleurs, manifeste une certaine réprobation, rendant évidente sa préoccupation et son angoisse ainsi que celle de Joseph. Revenant à la maison, Jésus s’est certainement soumis à eux pour montrer toute son affection et son obéissance. Ces moments qui, avec le Seigneur, se transforment en opportunité de croissance, en occasion de demander pardon et de le recevoir, de montrer l’amour et de l’obéissance, font aussi partie du pèlerinage de la famille.
Au cours de l’Année de la Miséricorde, que chaque famille chrétienne puisse devenir un lieu privilégié de ce pèlerinage où s’expérimente la joie du pardon. Le pardon est l’essence de l’amour qui sait comprendre l’erreur et y porter remède. Pauvres de nous si Dieu ne nous pardonnait pas ! C’est à l’intérieur de la famille qu’on s’éduque au pardon, parce qu’on a la certitude d’être compris et soutenus malgré les erreurs qui peuvent se commettre.
Ne perdons pas confiance dans la famille ! C’est beau de s’ouvrir toujours le cœur les uns aux autres, sans rien cacher. Là où il y a l’amour, là aussi il y a compréhension et pardon. Je confie à vous toutes, chères familles, ce pèlerinage domestique de tous les jours, cette mission si importante, dont le monde et l’Église ont plus que jamais besoin.



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quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes - textes du jour

Dimanche 27 Décembre 2015

pape François 
C’est beau de s’ouvrir toujours le cœur les uns aux autres, sans rien cacher. Là où il y a l’amour, là aussi il y a compréhension et pardon
 messe pour les familles aujourd'hui
en la fête de la Sainte-Famille


Prier… fête de la Sainte-Famille. Evidence que davantage que le couple, la famille est l’épreuve, l’expérience, l’apprentissage de l’amour : la durée et le détail, non le grandiose ou le pathétique ou le paroxysme. Plus encore que la tolérance, le respect mutuel et ainsi sortis chacun de la gangue de nos impatiences, de nos occupations, nous arrivons à jouir de tout mouvement en nous et en l’autre. Tout est occasion bien plus que de rencontre ou de vérification des affinités, ou même de goût ou bâti pour une œuvre commune, il y a les réconciliations, petites et grandes où alors le cœur rejoint enfin l’âme et nous frémissons. Tous ces jours de Noël, c’est bien ce que nous vivons ensemble, et aussi avec nos hôtes successifs. – Multiples homélies et exhortations pontificales. Sobriété du texte de Luc, l’épreuve, les réponses de l’Enfant : pas tant Sa liberté que Sa nature divine rappelée d’une manière pouvant être vécue avec douleur par Marie et Joseph : Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela Vois comme ton père et moi nous avons souffert en te cherchant ! – Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? Soit… mais il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth… il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes. [1] Les familles et leur piété, le pèlerinage que peut constituer chaque messe dominicale, surtout en paroisse, se couler dans la tradition et la ferveur du peuple, pas la sienne, mais celle de tous. Elcana au sanctuaire d’Eli, Jésus et ses parents à Jérusalem. On ne saura jamais rien de ce qui fut échangé pendant ces trois jours – toujours les trois jours – mais assis au milieu des docteurs de la Loi, il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement… vie terrestre du Christ, Son enfance et Sa dépendance…  mais nous, privilégiés par cette transmission et ce témoignage des Apôtres et des siècles… ma propre vie et nos enfances familiales en chrétienté : paroisses, collèges, scoutisme… nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. Jean voyait l’homme dont il fut intime, nous verrons Dieu. Voilà comment nous reconnaissons qu’il demeure en nous, puis qu’il nous a donné part à son Esprit. Notre destin… notre nature : nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui seron semblables, car nous le verrons tel qu’il est. Cette fête de la Sainte Famille est en fait centré sur l’enfant… l’Enfant Jésus, cherché, perdu, retrouvé, les événements et l’imprévu, c’est lui, le retour à la stabilité et à la paix, c’est Lui. De même que Samuel est le centre du récit. Les parents : Anne, Elcana, Joseph, Marie sont l’escorte, la garde, en fait la prière. Contemplation méditée de Marie : sa mère gardait dans son cœur tous ces événements…  et la supplication de Anne : je suis cette femme qui se tenait ici auprès de toi pour prier le Seigneur. C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande.. Assurance vécue de Jean : quoi que nous demandions à Dieu, nous le recevons de Lui.
Expérience de la paix et du possible, de tout le possible dans les relations humaines : la famille, en fait les deux familles, celle dont nous sommes issus, et celle que nous formons. Humainement. La parabole vaut aussi pour la société politique, pour la genèse de l’économie par le travail, pour une mondialisation qui serait d’abord une mise en relation. Textes que je viens de recevoir et de lire. Peut-être une toute nouvelle étape pas seulement dans le quinquennat en cours, mais à la péremption des clivages droite/gauche faute de gauche en elle-même et faute d’une droite critiquant le pouvoir pour ce qu’il est et non la caricature que cette droite veut en présenter pour éviter d’avoir elle-même à se définir… à cette péremption, à cette obsolescence du jeu de rôles correspondrait la plus dangereuse des évolutions possibles : un exercice du pouvoir sans aucune référence, sans conscience du chef devant Dieu et devant les hommes peut devenir à force d’autisme et d’isolement une dictature. A mesure que le temps a passé, que FH a oublié toutes origines, les siennes en politique, et nos espérances quand nous l’élûmes, de plus en plus de « décisions » dans le registre pourtant le moins urgent, sont prises par un seul, imposé par un seul. Ni contrôle, ni critique. Le prétexte sécuritaire, les textes n’ajoutant que la possibilité de l’arbitraire mais n’organisant en rien ni le civisme ni le renseignement ni la reprise d’une psychologie collective qui s’est abandonnée à tout tolérer et surtout à tout oublier. Rappel du cher Olivier B. [2] Sans commentaire, j’ai adressé à JPJ les deux analyses du jour, celle sur l’Etat islamique et celle surtout, donnée par Le Monde.fr. sur ce passage historique de l’Etat de droit à l’Etat de sécurité.
La nuit est tombée, notre cher hôte de quatre jours, faute du co-voiturage convenu, reparti par le train, une demi-journée encore avec lui, seul à dialoguer vie et pays, famille aussi. J’apprends intensément. Tandis que paye par carte notre déjeuner sobre mais délicieux (hier il nous avait offert des huîtres, qui se dégustent en deux fois, l’ouverture, la gruge, leur eau et notre crémant, les plates et les creuses), une femme plutôt la soixantaine et plus se jette à mon cou. Elle se présente ensuite, je suis la patronne. Depuis quarante-cinq ans, mon mari mort il y a quinze ans. Nous ne nous sommes jamais vus. Sens ? sinon la liberté d’une impulsion, l’ambiance du commerce qui marche, le commerce de la convivialité. Ces spontanéités dans l’Histoire, dans les évangiles, dans ce mouvement d’aller à celles et ceux que nous aimons, les embrasser, dire que… simplement, quelques secondes autrement que dans ce que l’on fait. Etre aimant et aimé. Heureux les habitants de ta maison : ils pourront te chanter encore. Notre maison de naissance, la famille. La maison de notre mort et du souvenir, la famille.


[1] -  1er livre de Samuel I 20 à 28 ; psaume LXXXIV ; 1ère lettre de Jean III 1 à 24 passim ; évangile selon saint Luc II 41 à 52

[2] - Le 27/12/2015 10:22, Olivier BRISSON a écrit :
Au Kenya, les passagers musulmans protègent les chrétiens lors de l‘attaque d’un bus.
Quand la fraternité est plus forte que la peur…
 Le 25/12/2015

Elle est archéologue, catholique, née en Afrique du Nord,  les cheveux noirs, bouclés sans discipline, les yeux assortis…
Le dimanche 15 novembre, venant à la messe , elle n’a pu entrer dans la cathédrale de Nevers, empêchée par un homme en costume gris :
« Il y a un Office en cours, une célébration catholique… »
Quand la peur est plus forte que la fraternité…
 Le 26/12/2015

Une journaliste française est virée de Chine pour avoir trop parlé de la répression des Ouigours au Sinkiang…
On attend une réaction du gouvernement français inversement proportionnelle à l ‘importance des négociations  commerciales en cours…
Le 27/12/2015