dimanche 29 novembre 2009

lecture du Coran - sourate 76 . L'Humain

délivré... en sécurité... - textes du jour

Dimanche 29 Novembre 2009



Prier… [1] apprendre la vie à chaque éveil-réveil, éveil à quoi ? à quelqu’un, toujours et sipossible pas seulement à soi-même. Grâce de s’éveiller à quelqu’un. Se réveiller d’où et réintégrer quoi, ou arriver à quoi ? aux tâches inachevées de la veille, aux projets que l’on s’est donnés pour le lendemain. Funambule. Apprendre soudainement ce qu’il était en train d’arriver, la mort qui entoure et enveloppe le frère aimé, son dernier regard presque apeuré-étonné, signe encore de présence, la tête vaguement hélant la vie de dessous les draps, le visage dévoré de points noirs, le regard… qui n’est pas éteint et qui reconnaît. En ces jours-là, Juda sera délivré, Jérusalem habitera en sécurité. La mort éclaire tout, splendidement, le mourant nous aide, le frère nous pénètre. J’ai au bout de la langue les mots qu’il me disait et confiait, et m’a donc appris à dire et à m’approprier. Que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant. … Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption est proche. Amen !

[1] - Jérémie XXXIII 14 à 16 ; psaume XXV ; 1ère lettre de Paul aux Thessaloniciens III 12 à IV 2 ; évangile selon saint Luc XXI 25 à 36


samedi 28 novembre 2009

lecture du Coran - sourate 6 Les troupeaux . 127 à 165


soir du samedi 28 Novembre 2009

Une lecture du Coran, pour un chrétien, ne peut être neutre, surtout si elle est empathique. J’apprends le sens que d’autres ont de Dieu, je vais à Dieu selon leur chemin et leur enseignant, et j’en reçois un regard me faisant différencier et caractériser mon propre chemin, celui que j’ai reçu. L’absence du Fils, la non-personnalisation de l’Esprit ne me désorientent pas, dans cette lecture coranique, elles me pèsent quand je suis en dehors. Le texte et ce à quoi il appelle, sont nus, d’autant plus impérieux, directs et sévères.

Sourate 6 127 à 165

En forme de recommandations au Prophète pour la justesse de son prêche. Chacun a le rang de ce qu’il fait : ton Maître n’est pas inattentif à ce qu’ils font 132. Ô mon peuple, agissez selon votre condition, j’agis selon la mienne… les fraudeurs ne sont pas féconds 135.

Toujours cette perspective de l’ultime rassemblement, le jour où il les réunira tous. Une dialectique presque pastorale : nous accordons notre protection à certains fraudeurs pour qu’ils châtient les crimes de certains autres… Ton Maître ne détruit pas des cités, par fraude, leurs tentes étant inattentives.

Et cette toute-puissance de Dieu, active constamment dans nos vies et dans chacune des circonstances si particulières qu’elles paraissent : Si Allah le décidait, ils ne le feraient pas : laisse-les à leurs illusions147 A Allah, l’argument péremptoire ! S’il l’avait décidé, il vous aurait tous guidés. La foi, l’agir, le croire sont donnés par Dieu

L’interrogation essentielle pour le chrétien sans doute, mais qui habita le Prophète, lucide et sincère sur sa situation dans la chronologie religieuse et spirituelle de l’humanité cheminant à la trace de Dieu : nous avons donné l’Ecrit à Moïse (Mûssa), perfection de ceux qui excellent, élucidation de toute réalité, guidance et matrice. Peut-être adhèreront-ils à la rencontre de leur Maître ? 154 Dialogue avec ceux de la « religion du Livre ». Voici l’Ecrit que nous avons fait descendre. Il est béni, suivez-le et frémsisez… Direz-vous : « L’Ecrit n’est descendu que sur eux peuples avant nous : voici, nous en ignorons les enseignements. » Ou direz-vous : « Si l’Ecrit était descendu sur nous, nous aurions été mieux guidés qu’eux. ». Mais l’évidence de votre Maître vous est déjà parvenue. 155.156.157 Et c’est le constat de rupture : Nul ne fraude davantage que le négateur qui se détourne des Signes d’Allah. Cette interrogation sur les Juifs et les chrétiens est précédée par un énoncé des commandements paraphrasant, mais avec une souplesse littéraire que n’a pas le hiératisme mosaïque, les « dix commandements » : 151 . 152 . 153 . Je regarderai la traduction Chouraqui de l’Exode pour que la superposition des deux textes soit homogène.

Je vous avertirai de ce que votre Maître vous interdit. Ne Lui associez rien. Excellez avec vos parents. Ne tuez pas vos enfants par crainte de la misère : nous veillerons à votre subsistance comme à la leur. Eloignez-vous des vices, apparents ou ccachés. Ne tuez personne sans droit. Ne touchez pas aux biens des orphelins avant leur majorité, si ce n’est pour leur bénéfice. Remplissez la mesure et pesez avec dexactitude. Quand vous parlez, soyez équitables, même pour le bien d’un proche parent. Le texte, non seulement est moins fruste, il a presque l’accent des Béatitudes, sauf sa tournure négative. Il est pastoral, familier, intime : Allah l’interdit. Voilà ce qu’il vous ordonne. Peut-être discernerez vous ? … Nous n’imposons à personne plus qu’il ne peut porter… remplissez le pacte d’Allah, cela, il vous l’ordonne. Peut-être l’invoquerez-vous ? Voici mon chemin ascendant, suivez-le, ne suivez pas les sentiers qui vous séparent de son sentier.

En fin de cette sourate, le Prophète se présente : Voici ma prière, mes titres : ma vie, ma mort sont à Allah, maître des univers 162. Mais ce n’est pas de lui-même, il est commandé : Dis… l’entier du Coran est d’ailleurs rythmé par cet impératif. Je suis le premier des pacifiés 163. Le Prophète, que Dieu exonère du refus des autres : Tu n’es responsable en rien de ceux qui morcellent leur foi et deviennent sectaires. Leur sort appartient à Allah seul. Il les informera de ce qu’ils faisaient 159. A contrario, c’est l’énoncé de la responsabilité que chacun a de soi-même devant Dieu seul, c’est donc la liberté humaine.

les esprits et les âmes des justes - textes du jour

Samedi 28 Novembre 2009



Prier… j’avais l’esprit angoissé, car les visions que j’avais me bouleversaient. [1] Récit et apocalypse de Daniel, aussi énigmatiques et imagés que nos vies quotidiennes, une évolution souvent de notre monde qui nous paraît terrible au regard de notre impuissance. Cette bête terriblement puissante… des propos délirants… De même que Moïse s’approche du buisson, Daniel ose interroger et réclamer une interprétation : je l’interrogeai sur tout cela, il me répondit et me révéla l’interprétation. Or, Daniel va devoir sa fortune politique et faire sa « carrière » par sa propre science à deviner le sens des songes… je l’interrogeai… à ces questions, il me fut répondu… une royauté éternelle, et tous les empires le serviront et lui obéiront. Mise en regard du Coran, la Bible est d’un concret, d’une précision qui frappent, elle est factuelle. Ses conseils ne sont pas spirituels mais directs, Jésus, précédé par les prophètes, relayés par les apôtres, unicité d’un langage et d’une tournure d’esprit étonnantes alors que le texte fondamental est à tant de voix et a été composé en plusieurs siècles : tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie… Autant que Mahomet, Jésus peuple ses auditeurs des « fins dernières », mais deux différences sont essentielles, la prière est une action au présent et non un critère d’identité et de foi, et la référence est explicite, l’enjeu : paraître debout devant le Fils de l’homme. La création appelée à l’attitude, à la posture la plus mature, la plus responsable, la plus haute et belle devant le Seigneur Dieu fait homme. Et devant Lui… les saints et les humbles de cœur, bénissez le Seigneur ! Ajouterai-je ? vous tous qui pleurez et souffrez, vous tous qui n’avez de refuge qu’aimer, vous qui êtes morts et demeurez en nous de souvenir et de paroles, d’attente de nos revoirs mutuels, vous qui vivez, qui décevez, qui étonnez, vous tous de toutes espèces et de toutes formes de vie, bénissez le Seigneur, si difficile soit le sens de votre mort et de votre vie. Bénissez-le pour Son aide, et Sa présence, pour le jugement prononcé en faveur des saints du Très-Haut et pour la royauté, la domination et la puissance de tous les royaumes de la terre … données au peuple des saints du Très-Haut. … Vous, ses serviteurs, bénissez le Seigneur ! Les esprits et les âmes des justes, bénisez le Seigneur ! Et ensemble de toutes parts et en tous temps, prions. Le temps était arrivé où les saints avaient pris possession de la royauté.

[1] - Daniel VII 15 à 27 ; toujours le cantique de Daniel III 82 à 87 ; évangile selon saint Luc XXI 34 à 36

vendredi 27 novembre 2009

lecture du Coran - sourate 6 Les troupeaux 111 à 126

le royaume de Dieu est proche - textes du jour

Vendredi 27 Novembre 2008

Prier…[1] j’arrive à cet autel reçu par Marguerite de Savoie (+ 1464), notre fille a combien de patronnes et saintes protectrices, c’est peu ordinaire, combien nous, ses parents, en avons besoin, aujourd’hui plus encore. Les évangiles, le « génie du christianisme » par rapport au judaïsme ou au sens de Dieu que nous recevons du Coran, est de nous donner accès à Dieu par son Fils, Dieu fait homme. L’histoire de Dieu se raconte parmi nous, son visage a été vu, son visage d’homme. Expérience personnelle de la spirituelle, vie de l’Esprit en nous, certes et décisivement, mais fait historique. Mes paroles ne passeront pas. Assurance personnelle du Christ que jamais avant ni après lui n’ont eu aucun prophète ou envoyé ou chef spirituel. Et quel est le message ? au-delà ou en deçà de tous les appels à la fois et à la conversion, le fait que le royaume de Dieu est proche. Jésus n’est que faits, bien plus encore que parole. Il est LE fait. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. Passage de Daniel dont je voudrais tant l’exégèse et qui ne m’a jamais été donnée, car lire comme un Fils d’homme, n’est pas lire dans l’évangile, le Fils de l’homme. Le genre apocalyptique… la révélation n’est pas tant les catastrophes que le salut à la clé qui est l’avènement définitif de Dieu, c’est-à-dire la création retrouvant son état final et originel. Dans la bataille actuelle sur les responsabilités dans le dérèglement climatique, humaines ou pas humaines, la Bible a la piste de réponse : responsabilité humaine (le péché originel) et possibilité de remédier (l’homme ayant mission de dominer et cultiver la terre, avec hiérarchie et connaissance sur l’ensemble du monde vivant). Cantique de Daniel anticipant celui de François, les oiseaux du ciel, les fauves et troupeaux, baleines et bêtes de la mer, plantes de la terre, sources et fontaines, bénissez le Seigneur !

[1] - Daniel VII 2 à 14 ; cantique de Daniel III 75 à 81 ; évangile selon saint Luc XXI 29 à 33


reçu d'une destinataire de la méditation ci-dessus :


Re: le royaume de Dieu est proche - textes du jour

Cher Bertrand,

tout à fait d'accord avec vous : Jésus est "le fait", par sa personne de Fils incarné de Dieu, seule vraie nouveauté par rapport à la révélation consignée dans l'Ancien Testament.

En revanche, désaccord avec votre formule : "la création retrouvant son état final et originel »
La création, du fait même qu'elle était "créée" ne pouvait pas être parfaite. Lorsque Dieu dit : Et cela était bon", il veut dire : "il est bon que cela soit". Et comment penser que tout le mal vient de l'homme : peut-on lui imputer les catastrophes naturelles, les maladies dont il n'est pas responsable, aussi haut que l'on remonte dans l'échelle des responsabilités. Le "péché originel", interprétation par saint Augustin du péché d'Adam, a bon dos, et finalement, pose - me semble-t-il - plus de problèmes qu'il n'en résout !

Selon la ligne théologique de saint Irénée et des Pères orientaux, à laquelle j'adhère, il y a une histoire du salut dont le premier "moment" est la création , dont l'accomplissement adviendra avec le retour glorieux du Christ, l'incarnation en étant le passage obligé, la clé. Le salut n'est pas alors la simple restauration d'un état originel, mais l'accomplissement de l'être humain et du cosmos dans un état - le partage de la vie d'amour trinitaire pour l'homme - allant bien au-delà de leurs possibilités propres. Le péché est un accident de parcours, certes grave, mais nullement fatal si l'on croit au libre arbitre de l'être humain.

Pardonnez-moi cet exposé théologique, mais, personnellement, j'ai vécu cette découverte, comme une libération !