mercredi 5 août 2009

je vous traiterai selon les paroles-mêmes que je vous ai entendu prononcer - textes du jour

Mercredi 5 Août 2009
Prier…[1] vous saurez ce que c’est, que de m’avoir contre vous. Yahvé s’irrite de la manière dont son peuple accueille finalement son présent, en renâclant devant la Terre promise. Le péché d’Israël (l’expression populaire que dans notre ambiance actuelle on dirait une des sources de l’antisémitisme) est d’examiner la situation, notamment stratégique, sans compter sur Dieu, sans se souvenir du don initial et des objectifs de départ : Israël oublie sa vocation, nous aussi… La Cananéenne a priori n’en a pas. Elle n’a aucun droit : Il n’est pas bon de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. Jésus se laisse prendre par sa dialectique, une intelligence servie par la foi. Le miracle-type. Jésus d’une certaine manière obéit à la prière qui lui est faite : ‘ Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux !’ Et, à l’heure même, sa fille fut guérie. – Je ne peux que songer à cette heure à tous ceux, toutes celles qui ont fondé leur vie sur ce qu’ils ont reçu-compris comme une vocation, qui se sont fondés sur la foi d’Abraham et qui… ceux qui sont morts : vos cadavres resteront dans ce désert, visages et voix qui m’habitent, la prière funéraire de l’Islam : que Dieu les enveloppe de sa miséricorde. Aux racines de la foi, la miséricorde ou le silence, la stérilité et le seul débat avec soi. Ils oubliaient le Dieu qui les sauvait. Les psaumes qui séduisent et accueillent par leur psychologie de l’homme et un certain anthropomorphisme pour celle de Dieu, à moins que ce soit notre psychologie qui reflète celle de notre Créateur… les psaumes sont aussi une méditation des événements et des aventures concrètes du peuple de Dieu, et de chacune de ses créatures. Je vous traiterai selon les paroles mêmes que je vous ai entendu prononcer. Dieu nous considère puisqu’Il nous prend au mot. Que tout se fasse pour toi comme tu le veux !

[1] - Nombres XIII 1 à 25 passim & XIV 1 à 35 passim ; psaume CVI ; évangile selon saint Matthieu XV 21 à 28

mardi 4 août 2009

Jésus vint vers eux - textes du jour

Mardi 4 Août 2009

Prier… il se rendit dans la montagne, à l’écart, pour prier.. le soir venu, il était là, seul. Le Christ et la foule, le Christ et les disciples, enseignement et miracles vont de pair, la vie sociale de Jésus est d’enseigner et de guérir, de mourir supplicié, sa vie personnelle est de prier. Génie littéraire de l’Ecriture et des évangiles, particulièrement puisqu’ils savent nous centrer alternativement et ensemble autant sur les disciples que sur Jésus, et d’une certaine manière notre appartenance par la foi et l’espérance au Christ, nous font – dans la prière et dans la vie quotidienne – jouer les deux rôles, si je puis écrire : jouer, et rôle. La marche sur les eaux a été tellement commentée, la symbolique de la barque et de l’Eglise, la primauté de Pierre dans le reniement, le doute, la spontanéité : lui, et les égards et la sollicitude de Jésus envers lui. Ce passage semble anticiper les apparitions du Christ ressuscité : souveraineté de Celui-ci sur les éléments, dubitation des apôtres, confession de foi. Seule, l’intimité diffère : elle est totale après la Résurrection à laquelle les foules ne sont pas admises. Jésus vint vers eux… Jésus leur parla… Jésus étendit la main, le saisit et lui dit … Les disciples doutent, pas la foule : Les gens de cet endroit reconnurent Jésus, et on lui amena tous les malades. Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui la touchèrent furent sauvés. Les disciples ont un rapport de compagnonnage, les foules d’intérêt. – seigneur, porter tous. Etre porté par tous : pitié pour moi, mon Dieu,dans ton amour. – Dialogue de Yahvé avec Moïse, Aaraon et Myriam, confirmation de Moïse, lèpre et guérison de Myriam. Ce que voit les disciples sur le lac, ce que voit Moïse, ce que chacun entend : ‘ je lui parle directement, et non pas en énigmes ; ce qu’il voit, c’est l’image-même du Seigneur.’ … Or Moïse était très humble, l’homme le plus humble que la terre ait porté. Tout simplement, parce que l’intimité avec Dieu la plus grande, autant par grâce reçue que par docilité obéissante et confiance, produit nécessairement une telle conscience du décalage infini et à tous les points de vue entre le Créateur et la créature, l’aimant et l’aimé, que l’humilité est la seule posture d’âme et de corps qui soit vraie. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : ‘ Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! ’. Ce qui rend d’autant plus poignant nos vies à chacun. Aaaron la regarda : elle était lépreuse. Il dit alors à Moïse (c’est son frère, c’est leur soeur) : ‘Je t’en supplie…’. … Moïse cria vers le Seigneur : ‘ Mon Dieu, je t’en prie, guéris-la ! ’. Nos solidarités, les plus belles, les plus fortes, les plus efficaces : la prière les uns pour les autres, et – indiciblement – ensemble. [1] Toi qui me meus, toi qui nous fait vivre et toi qui nous accueillera dans l’éternité et en Toi d’où nous venons.
[1] - Nombres XII 1 à 13 ; psaume LI ; évangile selon saint Matthieu XIV 22 à 36

lundi 3 août 2009

le Seigneur s'enflamma... il fut saisi de pitié - textes du jour

Lundi 3 Août 2009

Prier… ceux/celles qui ne « vont » pas bien, santé, âme, angoisses, structures de vie difficiles à assumer. La folie de notre époque (chacune, avant la nôtre, a eu la sienne), les rémunérations, les actions-suicides des salariés virés, l’absence de diagnostic d’ensemble – quoique j’ai entendu parler d’une encyclique sociale produite ces semaines-ci par Benoît XVI. Mes tentatives vers le Nonce et vers l’éditeur du compendium de la doctrine économique et sociale de l’Eglise, il y a deux ou trois ans, sans même un accusé de réception. Les cymbales de chacun, le silence de tous. Jésus partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de pitié envers eux… Jésus, Dieu fait homme, ses itinéraires et ses façons, les nôtres, la rencontre, apparemment à notre initiative, nous pressentons où est Dieu. Réponse de Celui-ci… importance du site, qu’avait choisi le Christ et où la foule se presse. L’endroit est désert et il se fait tard. Constat aussi des disciples parvenus à Emmaüs. Mais les apôtres suggèrent la séparation, au soir de Pâques ils voudront la communion. Fraction du pain dans les deux cas, paradoxalement le Ressuscité n’opère que pour deux des siens et celui qui sera condamné, accablé, réduit à la totale impuissance produit de quoi nourrir des milliers de gens. Impuissance radicale et personnelle de Moïse en proie aux nouvelles réclamations de son peuple. Prière et interrogation : pourquoi m’as-tu imposé le fardeau de tout ce peuple ? Quand d’autres cherchent, à toutes époques, la gloire ou la libido d’être chef, Moïse se plaint. Jésus, à l’agonie, se plaint du supplice mais pas de la mission ni du peuple qui va l’accabler. L’humanité a besoin de Dieu, en chacun de ses individus, en sa totalité. Mais sa récrimination est à ras de terre, nos sens, et nos raisons : maintenant, nous ne pouvons plus rien avaler ; nous ne voyons jamais rien que de la manne ! Prière du saint, Job et Moïse : si c’est ainsi que tu me traites, fais-moi plutôt mourir ! Ah ! Si je pouvais trouver grâce à tes yeux et voir la fin de mon malheur ! Leçon humaine de prière : discuter avec Dieu point par point et du tac au tac. La pleurnicherie compassée, nos narcissismes, mes évaporations ne sont pas la relation priante à Dieu, le Dieu de Jacob qui nous appelle à lutter avec Lui. Réponse finale : je le nourrirais de la fleur du froment, je le rassasierais avec le miel du rocher ! [1]


[1] - Nombres XI 4 à 15 ; psaume LXXXI ; évangile selon saint Matthieu XIV 13 à 21

dimanche 2 août 2009

la nourriture qui se perd - textes du jour

Dimanche 2 Août 2009


La submersion par le présent, lui-même avec sa cascade d’instants, de tâches, d’immédiatetés tandis que les repères des anniversaires de naissance – ceux-celles que nous aimons et omettons ainsi de saluer et de porter quelque temps – et le repère de la mort, la mort de chacun, nos laideurs physiques de plus en plus fréquentes, miroirs des photos. miroirs des regards et confusions d’âge ou de généalogie, les balbutiements de notre conscience et de notre biologie, sens de la vie, tâtons de notre aveuglement, grâce de ne pas tout porter à la fois, et de ne marcher que pas à pas, pas toujours le regard ni à nos souliers ni aux horizons, mais à quelques autres, compagnons de route en présence mutuelle. Dans le désert, toute la communauté des fils d’Israël récriminait contre Moïse et son frère Aaron. La plaie du communautarisme, qui peut détruire nos pays, au moins nos pays européens, qui ne se sont pas faits selon cela. Le bouc émissaire, les vrais chefs et les faux. Mais le désert où tout arrive : le soir même, surgit un vol de cailles qui recouvrirent le camp. Les événements nous rendent à la perspicacité et souvent à la reconnaissance. Le lendemain matin, il y avait une couche de rosée autour du camp. Le miracle n’est jamais à partir de rien quand il est matériel. Adam créé avec de la glaise, Eve avec une côte d’Adam, le corps mystique avec nous et le corps du Christ enfanté par Marie. Quand nous étions assis près des marmites de viande, quand nous mangions du pain à satiété… voici le peuple servi. Vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée. Sans doute, mais combien – chrétiens assurés d’apparence – sommes-nous à être remplis de néant tandis que l’agnostique a ses valeurs et son humanisme, un comportement de bienveillance et parfois un doute qui le mène au-delà de nous jusqu’à ce Dieu que nous leur avons caché, tant nous sommes rigides, contrefaits ou verbeux, en tout cas peu conséquents avec ce que nous croyons croire. C’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. … Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd… Enseignement fondamental du Christ, de cent manières, Il nous aura dit que c’est de Lui que nous recevons tout. Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim, celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif. [1]
[1] - Exode XVI 2 à 15 ; psaume LXXVIII ; Paul aux Ephésiens IV 17 à 24 ; évangile selon saint Jean VI 24 à 35

samedi 1 août 2009

contrarié - textes du jour

Samedi 1er Août 2009

Me voici à l’orée décidée de la prière… le fascicule de Prions en Eglise a pour image de couverture le site de Conques, la basilique en contre-bas, lieu et ambiance qui me hantent depuis que je les ai découverts il y a près de quarante ans, au point que j’aurais voulu m’y établir et que j’en ai fait le décor d’un récit esquissé. J’y suis souvent revenu, parfois les couleurs et le tympan, parfois les dallages et maintenant les fenêtres de Soulages de l’intérieur puis de l’extérieur. Je suis, sauf une fois, toujours venu accompagné, je n’y ai donc rencontré personne et je ne me suis guère arrêté moi-même. Devant des évidences monumentales multiséculaires, je ne crois pas avoir réfléchi ni à la vie, ni à Dieu, ni à l’œuvre. Le trésor proposé reste intact, je ne crois pas non plus que des œuvres « sacrées » ou profanes aient été produites là, alors que Vézelay, Chartres, Notre-Dame de Paris sans compter la symbolique patriotique et stratégique, résumant toute l’histoire de la France, qu’est la cathédrale de Strasbourg. J’y ai situé, récit esquissé, ou dialogues de mes couples successifs, des histoires d’amour qui mouraient ou avaient leur arrête. Il y aura donc une suite… tu n’as pas le droit de vivre avec elle… c’est ce que je me suis dit avec plusieurs. Les textes du jour ont des assonnances que je ne comprends pas, la décollation de saint Jean Baptiste, des calendriers liturgiques et agraires. Souveraineté de Dieu réglant la vie de son peuple, tandis qu’Hérode eut peur de la foule de même qu’il craignait le prophète. Vie déréglée et angoissée, sans repère. Celle d’Israël selon ce que lui commande Moïse est limpide : tu ne feras aucun tort à ton prochain, tu craindras ton Dieu, je suis le Seigneur votre Dieu. Signature et cachet de Yahvé, infidélité et inconséquence du peuple, plus tard Hérode n’aura pas même la cohérence de ses écarts et angoisses. Il collectionne les dialogues avec les prophètes de son temps, Jean Baptiste, Jésus, drague sa belle-sœur puis sa belle-fille, boit trop. Texte-vignette diraient les psy. pour l’évangile, code hiératique et impeccable en logique que donne le livre de l’Exode dans l’Ancien Testament. Ton chemin sera connu sur la terre… la terre a donné son fruit [1]. La chaîne de la tête du Baptiste au garde qui la lui coupe à la jeune adolescente et à la mère de celle-ci, tout apparaît relationnel mais tout est mortifère. Yahvé donnant ses instructions, adresse au pluriel, adresse au singulier, perspective et projection, façonnement d’une forme d’éternité, salutation finale, un dialogue puisqu’Israël est convié à répondre par sa docilité. Docilité féconde tandis que la chaîne des docilités entre Hérode, les deux femmes, le garde et le supplicié… pourtant c’est de cette mort et de cette stérilité certaine pour les contemporains qu’ont surgi notre salut et notre accomplissement tandis que les prescriptions mosaïques…

[1] - Lévites XXV 1 à 17 ; psaume LXVII ; évangile selon saint Matthieu XIV 1 à 12


vendredi 31 juillet 2009

n'est-il pas ? - textes de trois jours

Mercredi 29 . jeudi 30 . vendredi 31 Juillet 2009


Trois jours sans ordinateur, sans écriture, sans connexion, sans journal, mais la vie et ses mêmes acteurs qui me passionnent, ma chère femme, notre fille, le paysage français dominé par la tolérance de tous à un mode d’exercice du pouvoir qui n’a pas de prise sur les choses mais sur des esprits fascinés, abasourdis, hypnotisés et convaincus de leur impuissance, le paysage de cette Mauritanie qui m’est si chère, dont la crise m’a apporté tant d’amis nouveaux, où une pression, un vent installés au dehors régissent les démocrates au point de les contraindre à la démocratie avec ceux-là même qui trichent. Ici, là, je ne sais trop comment mais selon les mêmes règles, une ambiance collective apparaît et interdit soudain la cohérence, la marche selon des repères et des valeurs. Elle produit le même résultat : le mensonge, l’irréalité des démagogies contemporaines, le gaspillage des individualités et des ersonnalités. Ce ne sont plus les idéologies dominantes d’antant, totalitaires ou capitalistes, des dogmes qui s’énonçaient et se démontaient au besoin, ce sont des mécanismes de quelques malins, de quelques habiles et cyniques qui réintroduisent partout le pouvoir de quelques-uns, l’accaparement des chances et des enchainements en sorte qu’il y a les apparences et la réalité pour ce qui régit la vie des hommes en collectivité. On fait croire à l’universalité de ce qui n’a plus aucune dialectique que la libido de quelques-uns dans le pouvoir d’Etat ou de l’argent, les deux se mêlant chez nous, ailleurs, partout. La réalité étant d’ailleurs que ces profiteurs ne dirigent rien mais sont les seuls à bénéficier du moment politique ou économique. Une fantasmagorie de l’injustice et de la laideur. En regard, un anniversaire, le jeu des bougies pour l’enfant et sa mère, un nouveau venu dans la famille, regard et sourire angéliques, mais se heurtant aux conventions, aux racismes, à l’atrocité de la solitude où il va être poussé du fait de son amour. Même fraicheur chez les gens du cirque et leurs animaux, le calme et la concentration de l’acrobate-athlète fait du rapport avec ses chevaux dans l’autre registre de ses animaux. Je vois des chefs d’œuvre et des authenticités – là, et non sur les scènes politiques et médiatiques imperturbables dans leur répétivité, leurs grimaces et leurs assurances de marionettes. Ces bonheurs dont je sais la fragilité me paraissent des chefs d’œuvre, limpides. Et là poussent l’amitié, la confiance, la chaleur de la réciprocité, à des niveaux sociaux ou culturels et selon des registres totalement différentes, se rencontre le même point d’humanité. Je crois que cela tient aussi à cette unicité, à une franchise, parfois pas immédiatement perceptible, qui ne s’avoue et ne se vérifie que si nous arrivons, vierge d’attente et de désir, simple comme Job au bout de sa course. Ce point où il n’y plus race, culture, métier, âge ou expérience, sexe même, où il y a la personne humaine, notre communauté de glaise et de souffle divin. Vêcu cela en famille, au bord de l’océan, au cirque le soir avec auparavant la ménagerie et les ruminants, vêcu cela quand arrive cet ange noir d’un fin fond qui nous apprend immensément et avec lequel nous nous sommes trouvés de plain-pied. – Prier donc maintenant, ces trois jours en rassemblement, le cœur, l’âme et les mains en coupe. Marie-Madeleine commémorée la semaine dernière, Marthe avant-hier [1]. Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. Marthe regarde ainsi celui qu’elle implore pour son frère mort. Apparemment, un rôle étonnamment critiqué quand elle et sa sœur reçoivent Jésus, mais explicitement le grand rôle de la foi quand Celui-ci arrive à Béthanie. Oui, Seigneur, je le crois… tu es … Ce regard, c’est le sien. Marie, contemplative, écoute de l’intérieur, elle ne regarde pas, elle confondra Jésus et le jardinier. Marthe, pratique, active, affective, puissante, raisonne, rétorque et placée dans la bonne situation, les derniers retranchements de la foi, fait face à Dieu, répond et triomphe, elle voit. Si humaine, elle ne sera pas au tombeau du Seigneur, mais elle est au tombeau de son frère. Le Royaume a tant de places, une par une pour nous un par un. Parabole des poissons triés, donnée hier [2]et que la foule accueille, dans un rare unisson, alors que le jugement est probablement le nœud le plus secret de notre foi, et de toute religion, liberté, prédestination, tous les paramètres de la contradiction et donc du doute humain sont là, mais aussi ceux de Dieu tel que nous croyons Le cerner : tout de bonté, ou bien impavide, inacessible, hors de nos vies ? Avez-vous compris tout cela ? – Oui, lui répondent-ils. C’est alors que tout commence : tout scribe devenu disciple est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. Ailleurs, Jésus les dit incompatibles, et combien de scribes se convertissent-ils ? Nicodème ? C’est pourtant la conclusion de l’enseignement, il passe le relais, puis il s’éloigna de là. Souveraineté tranquille de ce Christ plaçant l’humanité devant des choix, mais restant à sa portée. Dans la journée, la nuée du Seigneur reposait sur la Demeure, et la nuit, un feu brillait dans la nuée aux yeux de tout Israël. Et il en fut ainsi à toutes leurs étapes. Jésus tellement avec nous qu’il alla dans son pays, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement : ‘ D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N’est-il aps le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors d’où lui vient tout cela ? ’ Tellement homme, tellement situé, incarné, et pourtant les dialogues avec Marthe, avec la Samaritaine. A l’apogée de la puissance et du charisme sur la population de Jérusalem, se faire arrêter et crucifier. C’est l’évangile qui donne à l’Ancien Testament, aux commandements, à l’Exode et à la sortie d’Egypte, leur sens. Cela crève les yeux à la lecture et dans la méditation. Là est l’explication de chacun de nos jours, là la force de la suite, là la foi que le regard d’autrui sur nous, le nôtre sur lui ne sont pas vains. Nous ne sommes pas entre êtres perdus ou de perdition, nous sommes entre fils adoptifs de Dieu et par cela avons le droit d’être exigeants les uns vis-à-vis des autres, et nous tous vis-à-vis de nous-mêmes. Nazareth n’est pas à la hauteur, les fils d’Israël sortant d’Egypte ne le sont que rameutés par Yahvé, je conçois ainsi le pouvoir politique ou le dialogue de couple. Avancer par confiance mutuelle, échange et partage de forces. C’est moi, le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait monter d’Egypte. [3]

[1] - Paul aux Romains XII 9 à 13 ; psaume XXXIV ; évangile selon saint Luc X 38 à 42

[2] - Exode XL 16 à 38 ; psaume LXXXIV ; évangile selon saint Matthieu XIII 47 à 53

[3] - Lévites XXIII 1 à 37 ; psaume LXXXI ; évangile selon saint Matthieu XIII 54 à 58

lundi 27 juillet 2009

- textes du jour

Prier… le jeûne de Moïse, tandis qu’il écrit les tables de la Loi, les clauses de l’Alliance. C’est un rapport contractuel et amoureux, et non pas une législation sociale ou des règles morales. S’il est vrai, Seigneur, que j’ai trouvé grâce devant toi, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c’est un peuple à la tête dure, mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous un peuple qui t’appartienne. Admirable Moïse, comment ne pas comprendre qu’un peuple, qu’une religion, que toute la respiration et les aspirations spirituelles d’une partie de l’humanité se soit arrêté à cet extraordinaire personnage ! Pas seulement la réalité ou la légende de son dialogue, face à face, avec Dieu, ce qui est déjà un monument mystique, mais cette permanente attitude d’intercession, un homme qui ne pense pas d’abord à soi, mais à un peuple avec lequel il se solidarise pour tout le négatif, le péché et les manques. Un homme de demande et d’espérance, un géant apte à toutes les perspectives même s’il s’y sent inférieur. Mieux que la foi, chez Moïse, l’homme de curiosité, de doute et de questions pratiques, c’est l’espérance. Elle n’est pas vague, ce n’est pas une logique de l’existence ou un quelconque sens de la vie, c’est l’espérance placée en Dieu. Le bonheur personnel et collectif : appartenir à Dieu. Délicatesse spéciale de celui-ci qui, quoique se donnant au face-à-face d’un dialogue fréquent et précis, n’est pas vu de son prophète et homme de confiance. Mon visage, personne ne peut le voir… quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher et je t’abriterai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé. Anthropomorphisme – quels autres mots aurions-nous ? ou images l’auteur spirituell et nous-mêmes qui pensons par des mots et non par le seul jet de notre âme, rumination des mots au lieu de l’intuition que dut être la langue originelle – mais incommensurabilité de celui que nous prions : Je t’en prie, laisse-moi contempler ta gloire. Et Philippe, le soir de la dernière Cène : Montre-nous le Père et cela nous suffit… Comment, Philippe ? il y a si longtemps que… et le salut qui n’est pas le sauvetage de qui se noie, mais tout autre chose, un état personnel, la gloire de Dieu pas seulement contemplée, mais en partage : alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. [1] Prier, par temps clair comme par temps lourd, dans la dépression comme dans l’envol. L’espérance est une relation personnelle à Dieu, elle seule permet l’espérance en la vie et dans celles-ceux que nous aimons, pour l’accomplissement et le bonheur de celles et ceux que nous aimons, pour l’humanité et la création tout entières. Prier, demander, attente, joie et recommencer, revivre. Sans jamais cesser.

[1] - Exode XXXIII 7à 23 passim & XXXIV 4 à 28 passim ; psaume CIII ; évangile selon saint Matthieu XIII 36 à 43