lundi 9 janvier 2012

de la mer à la mer et du fleuve au bout de la terre - textes du jour

Dimanche 8 Janvier 2011



Hier… les rencontres… Mustapha, photographe au bas des pistes, franco-marocain, qui n’attend rien des réformes dans son pays de naissance, près d’Oudjda, et qui analyse la monarchie comme une dictature, surtout celle d’Hassan II… en prenant un téléski, un couple, une langue pouvant être de l’arabe mais avec de l’accent français, la fille est jolie, entièrement en noir, les cheveux noirs, franco-tunisienne, le français enseigné et appris selon les programmes tunisiens en même temps que l’arabe et elle travaillle à notre ambassade, mariée à un Français, mon évocation élogieuse pour Bourguiba, son appréciation de l’ambassadeur qui fut viré inopinément pour erreur de prévision sur la chute de Ben Ali : un homme de cœur… une camarade de cours de ski pour notre fille, elle a manqué, elle, la « seconde étoile », son père, né au Caire, son père admirateur de Farouk alors que ce dernier avait confisqué une partie des biens familiaux, établi et marié à Genève… facilité de ces contacts, francophonie ambiante… l’autre voisinage plus périlleux : comme depuis plusieurs années, beaucoup de Russes avec leurs enfants, pas de communication, rudesse selon les Mégevans qui leur voient à tous le visage de Poutine, pas de beauté ravageuse… enfin, en pose de longue durée devant le magasin, haut-lieu du village prestigieux (Allard), un photographe, manifestement haut-le-pied, caricaturant ses confrères des pistes, des « filmeurs » payés à la bobine, lui-même de Cassis, plongée et photo sous-marine mais rien d’édité que quelques cartes postales, la déontologie lui interdit de nous donner un téléphone, il ne pratique pas l’internet, la conversation a commencé (je l’ai facile, ce que me reproche en permanence ma chère femme, perte de temps, d’énergie, risques éventuels, oubli chronique de quelque chose en fin d’échange) quand Marguerite tente d’escalader une sculpture enneigée, la danseuse de flamenco peut-être… télévision, l’école des fans… Arielle Dombasle, puis Pascal Obispo, je n’ai pas eu envie de continuer, ma femme non plus, quand François Bayrou a a été annoncé avec un crédit de trente minutes selon le CSA, l’émission de Rouquier et sans doute beaucoup du genre, changent complètement quand on en a regardé l’imitation-dérision par Laurent Guerra. – J’apprends toujours bien plus par ces rapides échanges que selon beaucoup d’écrits, mais il faut les trois : le télévisuel tel que l’enquête sur le « suicide » de Pierre Bérégovoy (un témoignage nez-gorge-oreilles porte plus que son verbatim imprimé), l’empathie débutant par une silhouette, un visage et produisant une information ressentie et un quotidien pratiqué de longue date (pour moi Le Monde dont je conserve la collection au jour le jour depuis Septembre 1960). Constellations intellectuelles, affectives que nous constituons par nos rencontres, passagères ou débutantes. Nourritures mentales, les paysages qui en montagne sont si mouvants, nuages et météo., la provocation de nos sentiments, de nos émotions et pourtant notre identité digestive, notre manière de chanter ou les pentes de nos attristements, la commune et extraordinaire diversité qu’autour de nous produit sans cesse la vie à laquelle nous participons du dedans de nous-mêmes, précaires et continus. L’arrêt sur image est la tendresse entre nous, le cri d’admiration, les deux ensemble pour nous humains donnent la prière, la demande, le recueillement dans une dépendance qui n’est pas subordination mais champ de la liberté… aucun de ces visages n’était trahi par sa voix, j’étais accueilli bien plus que je ne questionnais et mon interrogation était plus globale que les mots de l’un à l’autre : le partage nous caractérise, il n’y a pas besoin de se dire mutuellement, l’ouverture de l’un suffit à l’autre et le signifie en retour. Accueil pas tant l’un de l’autre, que de la généralité du genre humain, il y a bien plus d’analogie que de diversité ou de différence, d’antagonisme. J’ai surtout rencontré plusieurs civilisations. Un jour, je saurai quelle est la mienne. La rencontre amoureuse, elle, nous renseigne sur nous-mêmes. Pas inépuisablement, mais répétitivement, tandis que les rencontres du type de celles d’hier, sans suite, enseigne l’autre, donc tout. S’oublier, c’est être accueilli par celui que j’amène à s’exposer et qui y consent, le temps d’un regard et d’une demi-phrase.



Nouvelles… Jacques Attali, barbe à l’italienne qui lui va bien, gris-noir, hostilité que je partage pour les lois mémorielles (Gayssot sur la shoah, et maintenant sur l’Arménie), Jack Lang plébiscité par les militants socialistes des Vosges (ces assemblées de circonscription à trente ou quarante « camarades » que j’ai pratiquées à Pontarlier puis à Vannes) aura un appartement localement mais « ne quittera pas Paris ». La place de Paris hostile à un cavalier seul de la France sur la taxation des transactions financières. La BNP de Georges Pébereau, pourtant conseiller aulique de l’Elysée, avait donné cette position la première : le gouvernement d’un soliste ne concertant ni ne délibérant fait de l’affichage pas de l’efficacité.



Prier… [1] la messe hier soir au village, celle des familles, une homélie [2]lue mais qui captive et retient (j’en ai félicité le prêtre qui vient d’un autre village, faisant face au Mont Blanc), deux marques liturgiques : à la mention de chacun des défunts pour l’âme de qui nous sommes invités à nous recueillir, un réel temps de silence, et un finalement de même densité en fin de litanie étendue à l’univers, et remise nominative d’un livre de catéchèse aux enfants se préparant à la « première communion ». On sent une équipe de femmes catéchistes équilibrées et heureuses, les hommes à la guitare, à la flûte, à l’harmonium et le célébrant ayant le sens du sacré qui n’est ni théâtre ni lenteur excessive. L’église dédiée à Jean-Baptiste avec une dehors une crèche en glace, les calèches à chevaux, des magasins de luxe sans doute mais la pénombre nivelle et force un certain silence. Pour une fois le dehors fait bien écho à ce qu’il se passe à l’intérieur : l’église est « pleine » et notre fille tient, comme le vendredi 6 à payer de sa tirelire une veilleuse devant la crèche. Ils virent l’enfant avec Marie sa mère. Pas plus de dialogue qu’avec les bergers. Les dialogues sont factuels, ils sont entre grands de ce monde, ceux qui cherchent avec méthode : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. Ils ne s’adressent qu’aux passants, aux habitants quelconques, ils ne sont pas venus vers les autorités politiques ni religieuses, ils disent aussi bien ce qu’ils cherchent, que l’indice qui les mis en mouvement, et surtout que leur intention. La sobriété caractéristique des évangiles est de nous laisser poursuivre mentalement, spirituellement ce qu’ils suggèrent par un seul fait la mention seule d’une attitude. Ces mages attendaient depuis toujours, et bien plus qu’un roi d’une nationalité qui n’est pas la leur. Nous n’avons pas fini d’être questionnés par ces trois personnages… ils me font penser ce matin à ces trois voyageurs que la tradition et Roublev identifient comme les trois personnes de la Trinité. Dieu nous apprendrait lui-même qui Il est, les mages – qui seraient Lui – viendraient entourer le Fils et lui apporter tout ce quee l’homme peut apporter à l’homme, tout en sachant qu’il est Dieu… ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. … Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens et proclamant les louanges du Seigneur… Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents, les rois de Saba et de Seba feront leur offrande. Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront. [3] Abraham courait faire préparer un repas et la naissance de son fils lui était précisée, en présence discrète de sa femme. Les rois mages au contraire s’empressent autour du nouveau-né, ce sont eux les hôtes de l’enfant-roi au nom du monde entier. Hérode a autant d’indices que les mages mais il ne s’associe pas à eux. Il ne se commettrait pourtant pas : avertissez-moi pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. Les desseins ne sont pas les mêmes… Le prophète que citent tous les chefs des prêtres et tous les scribes d’Israël n’évoque pas un roi, mais reprend les psaumes et anticipe les paraboles décisives du Christ : un chef, qui sera le berger d’Israël mon peuple. Prosopopée de Dieu, pouvoir et rôle d’une autre nature, relation de Dieu et d’un peuple. Or les mages ne sont pas Juifs, en tout cas le texte qui les fait arriver d’Orient – de la diaspora juive demeurée à Babylone ? – n’oblige pas à le supposer… Leur démarche est donc bien spirituelle. L’histoire du peuple choisi, d’Israël bascule, c’est la fin d’une histoire temporelle, politique, économique, liturgique, humaine et le début d’une histoire spirituelle, relationnelle. Sans doute, la première a sa portée spirituelle si explicite que la seconde en provient, mais ceux qui s’en sont nourri ont oublié sa fin. Les prêtres et scribes surveilleront et condamneront Jésus, ils ne forment pas cortège à la suite des mages. Paul lui-même reconnaît qu’il y a de quoi être perplexe : ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile. – Théologie des villes : ce sont des personnes dans la Bible… des psaumes à Isaïe et jusqu’à l’Apocalypse, on les présente, on s’adresse à elles : resplendis…regarde… alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera…



[1] - Isaïe LX 1 à 6 ; psaume LXXII ; Paul aux Ephésiens III 2 à 6 ; évangile selon saint Matthieu II 1 à 12

[2] - les trois rois mages, beaucoup de légendes, décaper. Les trois âges de la vie, les trois couleurs de races, les prénoms donnés au Moyen-Age. Les textes les plus connus sont à lire le plus attentivement. Débroussailler, couronnes, gateaux, astrologie. En réalité, les premiers pélerins chrétiens en Terre sainte, un signe du ciel suffisamment impérieux pour qu’ils se soient mis en route. A tâtons, éclipses de l’étoile, changements d’itinéraire, ils nous préparent au chemin de la foi. – Matthieu souligne que cela se passe au temps d’Hérode le grand, les mages portent le défi à celui-ci : où est le roi des Juifs, ce n’est donc pas lui, qui est heurté de front. Duplicité d’Hérode, son dessein : faire disparaître un concurrent. Apparition au contraire d’une royauté étrange, celle d’un enfant. L’évangéliste ne s’attendrit pas sur la crèche mais sur ce roi caché dans un village pour échapper à l’autorité d’un faux roi, son pouvoir sera de donner sa vie par amour. Les mages savent ce qu’ils cherchent, il savent qu’un sauveur est né. Les sages d’Israël sont bien moins avancés : nous savons que… les mages se doutent de quelque chose, ils « se bougent » comme Abraham : va, quitte ton pays… comme Moïse quand le Seigneur lui apparaît : va triouver Pharaon. D’autres, à Jérusalem pourtant distante de quelques kilomètres, ne « se bougent pas », ils savent les Ecritures mais la peur les empêche de marcher quelques kilomètres. Dans la nuit de Noël, les bergers ne savaient pas grand-chose, ils se sont réjouis de cette naissance. Un jour, Jésus aura cette prièren valable dès le premier jour : Père, je te rends grâce d’avoir caché ces choses aux sages et de les avoir révélées aux petits. Les mages nous aident à marcher vers Dieu, avec Dieu. – La première lecture, espérance des mages et de tout un peuple, Bethléem juste à côté de Jérusalem. La seconde, lettre aux Ephésiens, les païens sont associés au même héritage, il n’rest pas le Dieu d’un petit peuple, il est le Dieu de l’univers, il aime l’humanité tout entière parce qu’elle est tout entière sa création. S’il s’est choisi un peuple avec lequel il a entretenu des rapports particuliers, c’est pour qu’il soit un phare. Les mages n’ont pas fini de nous faire faire ce chemin, ils ont de multiples visages, se renouvellent de génération en génération, ils sont identifiés à des gens venus d’ailleurs, quelqu’un attend qu’ils rejoignent. Benoît XVI : la vie est un voyage dans l’histoire, dans notre histoire, les étoiles sont les autres, tous témoins d’espérance. noté sans certitude de relecture…

[3] - L’en-tête de ce psaume permet de l’attribuer à Salomon lui-même. Et comme la préoccupation majeure de ce roi a été la justice, on comprend qu’il supplie Dieu de lui accorder ce pouvoir. Cela recoupe d’ailleurs sa fameuse prière rapportée dans le premier livre des Rois (I R III 6 à 9). Cela n’empêche pas d’en appliquer le contenu à un tout autre roi d’Israël, car il dit ce que doit être son rôle et comment exercer cette dignité d’origine divine. Juger le peuple avec équité, défendre les pauvres et les opprimés, instaurer la paix dans le pays, pratiquer la charité.. Parler au peuple, l’écouter et lui apprendre à craindre Dieu, à marcher dans ses voies. C’est à cette conditions qu’il pourra étendre son royaume, soumettred ‘autres rois et faire prospérer son peuple. L’expression … signifie que son renom s’amplifie pour toujours. Le midrach voit dans … le nom du Messie – rabbin Claude BRAHAMI, doc. cit..

vendredi 6 janvier 2012


Hier

Deux rencontres en remontant du village. Très élégante mais sans ostentation ni recherche, combinaison vert amande ou chasselas, une bourse tressée en laine ocre, le visage avenant, la croisant, je la félicite, elle avoue quatre-vingt cinq ans et ne plus faire du ski aoprès avoir tant fait, ses enfants à en faire, des séjours en République dominicaine, une très jolie bru. Elle n’habite pas avenue Mozart à Paris, ou Neuilly. Son mari, décédé il y a quelques années seulement, dont elle prote le deuil encore : agent de maîtrise, électricien. J’ai admiré la classe nonobstant les origines probablement plus que modestes, mais signifiant cette aristicratie du travail qui fut tant pour la société à contre-courant de la montée en puissance politique et économique de la bourgeoisie. Ginette… A peine plus haut, silhouette fine, tout de noir, coiffure serrée par un bonnet noir également, le visage est ovale, régulier, pâle, mais le front est plissé, triste, le visage très triste. Sans préambule et ne m’arrêtant pas, nous nous croisons, je lui dis : vous avez tout en mains, ne doutez pas. Elle s’arrête, nous nous arrêtons, chaussée en courbe, très réduite par les bourellets de neige et les voitures recouvertes. Jamais depuis quarante-deux ans, je n’ai vécu aussi dur, aussi douloureux. Je lui dis, ce qui compte et nous marque le plus dans la vie, ce ne sont pas les ennuis d’argent, mais d’amour. Vous avez tout. Pas besoin de détailler de part et d’autre. Je généralise, notre pays est tombé où il est en oubliant l’affectif, l’amour, le couple, la famille, elle sourit, rebrousse chemin, remonte elle aussi et à dix mètres, entre dans un chalet, chez elle. Tout se devine. Pour penser à elle et… je lui demande son prénom : Marie-Hélène, toute prière, toute communion souhaite cette précision. Le visage dit tout sans doute, mais le prénom se transmet comme le premier don, puis la fondamentale reconnaissance : amour, société. Nous étions dans ce qu’elle vit. Prier… La messe que je croyais de l’Epiphanie. A l’église, en trinité, un chemin figuré par des pierres d’ici va de marche en marche jusqu’à un évangéliaire, à chaque degré, l’étape du Verbe, dit « la parole ». Notre fille lit… nous apprenons qu’en Italie, comme chez les orthodoxes, l’Epiphanie reste fêtée le 6 Janvier quel que soit le jour, qu’en Espagne, l’Ascension n’est pas célébrée le jeudi comme en France. Cette diversité dans l’Eglise « une » ne me plaît pas, mais réentendre l’épître de Jean après l’avoir méditée ce matin, me fait voir un argument décisif, le plus décisif de toute foi humaine : celui qui ne croit pas Dieu, celui-là fait de Dieu un menteur, puisqu’il ne croit pas au témoignage que Dieu rend à son Fils.
Sur la chaîne parlementaire, après des imitations extrêmement justes mais données sur le mode d’une souriante complicite (de SARKOZY à d’ORMESSON ou HALLIDAY, BELMONDO et RUQUIER), un document inattendu, très fouillé, fait défiler de très nombreux témoins publics dès les faits : d’un adjoint à la mairie de Nevers, à un journaliste ami, à un élu UMP médecin local, au procureur de la République d’alors au décisif patron des R.G. dans la Nièvre au moment de la mort de Pierre BEREGOVOY. C’est celui-ci qui déballe, révèle – était-ce déj dit, est-ce une re-diffusion ? – que dans la perspective d’une très difficile bataille pour le second tour de la présidentielle de 2002 entre JOSPIN et CHIRAC, d’éventuelles évidences que la thèse du suicide ne tient pas et a été ordonnée, pour cacher quoi … il avait été chargé par Yves BERTRAND, grand patron alors de tout le renseignement, de réenquêter. J’ai noté à mesure noms et arguments. J’ai peu à dire mais ma relation avec l’ancien Premier ministre a été si confiante, et partagée que rien ne m’est indifférent de ce qui le concerne et de ce qu’il a incarné : une gauche vraie et cohérente. Le 8 Avril 1992, c’est la déclaration de guerre, comme jamais avant et comme jamais depuis, à la corruption en politique. On tombe en pleine actualité de 2012. Exceptionnalité de Pierre BEREGOVOY, Premier Ministre, à ce point de vue dont témoigne un des plus hauts magistrats de la Cour de Cassation. Sans tristesse ni ironie : lucidité.

Ce matin

Publicité télévisée sur Ludo : détruis ton adversaire et tourbillonne vers la victoire, jeux « éducatifs » ou légende de la campagne présidentielle en cours. – Prier… [1] Jean l’évangéliste, seul des quatre, à rapporter le miracle de l’eau changé en vin à Cana pour sauver une réception de mariage, y rétablir l’ambiance, et à dire aussi le dialogue de Jésus avec la Samaritaine. L’eau… comme lors du baptême au Jourdain… mais au soir de la Cène, on ne boit que du vin. Un miracle que Jésus n’aurait pas accompli sans la remarque de sa mère ? un miracle très différent de la plupart de ceux que relatent les évangélistes, puisqu’il n’est pas accompli à la demande des bénéficiaires ni selon leur foi. Il ne s’agit pas non plus d’une guérison. Apparemment, un miracle hors normes messianiques, alors qu’il signifie toute la dialectique de la rédemption, symbolise par avance la vie de l’Eglise et rappelle combien les noces, le mariage, la fête, depuis les premiers livres de la Bible, anticipent la vie éternelle et disent l’amour de Dieu pour son peuple. Sa mère dit aux serviteurs : Faites tout ce qu’il vous dira… Jésus dit aux serviteurs : remplissez d’eau les cuves… Rien ne se fait sans les hommes (au sens du genre humain, femmes et hommes). Leçon de propagation de la foi… le maître du repas goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l’eau. … mais ne le disent pas. Constat : toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant … les comportements qui ne s’expliquent plus quand Dieu n’est pas explicitement reconnu. Le Fils de Dieu est venu nous donner l’intelligence pour nous faire connaître Celui qui est vrai, et nous sommes en Celui qui est vrai, dans son Fils Jésus Christ. C’est lui qui est le Dieu vrai, et la vie éternelle. … Car le Seigneur aime son peuple, il donne aux humbles l’éclat de la victoire.[2]


[1] - 1ère lettre de Jean V 14 à 21 ; psaume CXLIX ; évangile selon saint Jean II 1 à 11

[2] - ëNous avons affaire ici à un psaume centré sur Israël en sa qualité d’assemblée de h’assidim, c’est-à-dire d’hommes d’une grande piété et de haute qualité morale. Le mot h’assid = « pieux », revient trois fois dans le psaume. L’assemblée des hassidim ne doit pas cependant être limitée à Israël ; elle peut intégrer les hassidim des nations ; le dernier verset parle en effet de « Tous ses h’assidim » ! Le nouveau cantique que cette assemblée entonnera sera le chant de la victoire finale, remportée contre les peuples tyranniques, contre leurs rois cruels qui finiront enchaînés. Les armes de la victoire seront « la louange à Dieu dans la gorge », et h’érév pifiyot « l’épée à double tranchant » (comme le suggère la traduction littérale), que nous oserons appeler « l’épée des bouches », c’est-à-dire l’arme de la parole ! (traduction encore plus littérale) . – Rabbin Claude BRAHAMI, op. cit. Une bonne partie de la différence entre Juifs et chrétiens réside dans cette ouverture du salut à tous les peuples et sur le partage universel de la victoire. Israël, peuple assurément historique et dont une partie a choisi de re-fonder à l’époque contemporaine, un Etat en temps que tel, géographique établi dans l’antique Terr promise, est aussi – pour les chrétiens, et sans doute pour tous ceux qui espèrent une autre intelligence du monde par l’actuel Etat d’Israël – l’ensemble des croyants, l’humanité-même en chemin


Dieu nous a donné la vie éternelle - textes du jour

Vendredi 6 Janvier 2012


Prier… celles et ceux qui souffrent, physiquement, moralement, qui continuent de recevoir l’aiguillon d’une adversité devenu leur seule ambiance, ou bien celui de la souffrance physique dans remède immédiat, se raidir pour localiser et confiner la souffrance… leçon du corps, mais l’âme fonctionne autrement quand elle souffre, elle n’a d’atténuement qu’en s’ouvrant et en… à la verticale (le mot me manque, il n’est pas : voler, s’envoler…). Complexité de l’écrit et de la théologie johanniques, l’Apôtre, le disciple que Jésus aimait, ne tâtonne que parce que le vocabulaire de l’homme, la pensée humaine sont insuffisants. Avoir le Fils… posséder le témoignage… [1] mais tout suggère une entrée en possession, l’homme promis à la vie éternelle et à la participation à Dieu-même. Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils. Le disciple se met tellement à notre portée, cependant, qu’il discute son propre témoignage. Nous acceptons bien le témoignage des hommes. Or, le témoignage de Dieu a plus de valeur, et le témoignage de Dieu, c’est celui qu’il rend à son Fils. Ce dont Jean a été le témoin oculaire tandis que Jésus, qu’il ne connaissait pas encore, se faisait baptiser dans le Jourdain par le Précurseur, a frappé l’ensemble des apôtres, au moins rétrospectivement. Donnant la tradition de Pierre, Marc le donne à voir, puisque son maître n’était pas disciple du Baptiste, n’avait donc pas de raison d’être là et ne fut amené au Christ que par son frère, lui, témoin de ce qui est présenté comme une vision exclusive de Jésus, mais signifié à la foule : au moment où il sortait de l’eau, Jésus vit le ciel se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Du ciel une voix se fit entendre : « C’est toi mon Fils bien-aimé ; en toi, j’ai mis tout mon amour ». La traduction est sans doute faible, mais la mise en scène est assurée. Jean Baptiste ne donne pas un portrait physique du Messie, que lui-même ne connaît pas : cousins peut-être mais manifestement pas élevés ensemble lui-même, il dit sa souveraineté : voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales. L’ensemble du tableau révèle – dans la chronologie humaine – pour la première fois explicitement la Trinité. Père, Fils et Saint-Esprit, chacun présenté avec une égale force, le Père et l’Esprit « convergeant » vers ce Jésus dont tout l’évangile, l’Eglise originelle montreront et répèteront qu’il est le Fils de Dieu fait homme. Vérité et dogme bien moins complexes et irrationnels qu’ils le paraissent si nous partons de nous-mêmes et de nos habitudes ou préoccupations, accessibles dès que nous examinons pour eux-mêmes et selon leur présentation par nos ancêtres dans la foi. Nous les croyons moins sur parole que sur la cohérence de ce qu’ils rapportent et de ce qu’ils vécurent avant… pendant… après le Christ. Il révèle sa parole à Jacob, ses volontés et ses lois à Israël. [2] - Il m’est devenu impossible de commencer quelque chose de mental sans avoir au préalable vécu ce moment dans le tout autre et le tout proche que sont ces textes de la Bible, ordonnés par l’Eglise pour chaque jour, selon la liturgie qu’ils n’épuisent pas. Hygiène ? débarras des scoreis de la veille et de la nuit ? non, pas du tout. Sens de l’existence, recentrage pour la vie à venir, pas seulement la journée qui commence. Je voudrais reprendre une lecture fréquente du Coran, lequel se prête à une méditation vespérale. Et puis, j’ai depuis quelques semaines, un autre moment également le soir : la lecture et le commentaire ou le complément d’un court chapitre, bien raconté et illustré, d’une Bible pour enfants, épaisse, bien de format pas grand et séduisant. Les aventures des prophètes, des rois ou du Christ sont sélectionnées, il y a des dénouements expurgés ou des épisodes abandonnés. A moi d’ajouter ce qui est en blanc, Marguerite ne peut plus s’endormir, même fatiguée par le ski comme ces jours-ci, sans ce récit et ces images du soir et moi je reviens à la leçon de mon enfance, par le Père LAMANDE, sj : les correspondances entre les deux Testaments et la chambre d’écho qui crie ou qui murmure la certitude. De là, la conscience, l’envie mais pas assez le passage à l’acte : approfondir pour aimer davantage (Dieu… et ainsi tout, de mes aimées proches à tout autre, et au créé de cette neige qui tombe aux candidats de l’élection présidentielle française qui s’empatouillent et ne savent pas encore comment se montrer, donc être grands, alors que c’est ce que nous voulons et que Dieu-même autant que nos instrincts préfère la verticale, l’horizontal… les bras de la croix… peut signifier autant la disponibilité que le rase-motte s’il n’y a pas l’érection : ce mot a plus de noblesse que de crûdité).


[1] - 1ère lettre de Jean V 5 à 13 ; psaume CXLVII ; évangile selon saint Marc I 7 à 11 ou Luc III 23 à 38

[2] - Le sens littéral de ce psaume se suffit à lui-même : Israël doit célébrer Dieu, malgré ses souffrances dûes à l’exil et à la chute de Jérusalem. Celui qui a créé le monde, qui dénombre les étoiles chacune par son nom, qui procure la nourriture aux animaux, qui fait la pluie et le beau temps, qui par sa parole, maîtrise le phénomne de la glace, la neige et le givre et qui,enfin, par sa parole donne des lois et des jugements à Israël, est celui-là même qui construira Jérusalem, qui rassemblera les exilés, qui redonnera courage aux désespérés… On peut voir aussi un double oarallélisme : toutes les créatures ont droit à leur subsistance, sans condition,. L’homme constitue une exception ; lui, doit mériter sa nourriture par son comportement ; deuxième comparaison : entre le peuple de Dieu qui agit dans le monde et cette même parole qui enjoint à l’homme de respecter un certain nombre de lois par un choix libre. C’est cette même parole qui régit la nature qui consttiue notre Tora et que nous devons suivre sans contestation. La loi de Dieu ne commence pas avec les commandements de la Tora, mais avec la création elle-même. Le Verbe de Dieu devient conscience dans l’homme. C’est ainsi qu’il faut comprendre le verset 19 : maguid dévarav léya’aqou, h’ouqav ou michtaptav léisraël = il annonce sa parole à Jacob, ses lois et ses jugements à Israël. – Rabbin Claude BRAHAMI, op. cit. Je note : le Verbe de Dieu. Pour le spirituel, ce Verbe s’insinue dans l’intelligence, la conscience, le cœur humain. Pour le chrétien, c’est Dieu-même, le Fils engendré, par qui tout a été fait et rien sans lui… une personne. La personne divine et aussi historique. Pas devenue Dieu, mais Dieu fait homme parmi nous, d’une femme de chez nous… évidemment, ce n’est ni philosophique ni spéculatif, mais factuel, arrête de la foi chrétienne. Même si bien sûr on peut ensuite broder sur le fait comme sur tout fait, en philosophie et en spéculation

mercredi 4 janvier 2012

s'il voit son frère dans le besoin sans se laisser attendrir - textes du jour

Jeudi 5 Janvier 2011


Prier… [1] Les rencontres, l’appel des disciples, l’un amenant l’autre, délicatesse divine, délicatesse de Jésus, nous sommes d’un bout à l’autre du cycle historique et du cycle spirituel ses collaborateur, donc Philippe. C’est simple : il rencontre Philippe et lui dit, « Suis-moi ». Jean l’évangéliste n’est pas dans l’éther, il est aussi précis que les synoptiques, que n’importe quel biographe (de métier et de conscience…) aujourd’hui : Philippe était de Bethsaïde, comme André et Pierre. A chaque fois, cette rencontre, cet appel suscite une certitude chez le nouveau disciple : celui dont parlent la loi de Moïse et les Prophètes, nouss l’avons trouvé : c’est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth. Quant au Christ, c’est le souverain : Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! Il y a un crescendo dans l’identification aussi bien du Messie que de ce que signifie le Messie. L’Ancien Testament le « voyait »-il, l’attendait-il Fils de Dieu, ou seulement sauveur, rédempteur ? Jean l’historien est aussi le pasteur le plus concret et le plus exigeant : voici à quoi nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans se laisser attendrir, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Le psaume donne la raison de tout, de l’appel des premiers disciples à la « loi » d’amour : reconnaissez que le Seigneur est Dieu : il nous a faits et nous sommes à lui. [2]


[1] - 1ère lettre de Jean III 11 à 21 ; psaume C ; évangile selon saint Jean I 43 à 51

[2] - Probablement chanté pour accompagner l’offrande de remerciement, ce psaume incite le peuple à comprendre que le sacrifice n’a de sens que s’il est sous-tendu par la volonté de connaître Dieu, l’être à qui il est offert. « Scahez que l’Eternel, c’est Dieu » (verset 3). Le peuple doit être convaincu que c’estt Dieu qui guide ses pas, le protège et lui accorde « son éternel bienfait » (verset 5). Le vrai service de Dieu ne consiste pas seulement à offrir des sacrifices mais à le servir quotidiennent dans tous les domaines, avec joie et ampur. Dans la prière de chahrit, ce psaume introduit les pessouqé dé zimra car il ne se passe pas de jour sans que Dieu fasse un miracle en faveur de l’homme ; l’homme est donc tenu de le remercier. Rabbin Claude BRAHAMI, op. cit. La lettre de ce psaume est loin de ce commentaire. Simplement, Dieu est Dieu, il mérite, suscite tout de nous

venez et vous verrez - textes du jour

Mercredi 4 Janvier 2012


Ce que je vis … Une des clés de la station debout et de la marche à pied est la charge d’âme (singulier et pluriel à la fois). L’identité n’est pas soi mais soi révélé par les circonstances et notre manière d’y faire face… cela vaut autant pour une personne, qu’un groupe, qu’un peuple. Prier… il vient pour gouverner la terre, pour gouverner le monde avec justice et les peuples avec droiture [1], quel programme pour une gouvernance mondiale. La démocratie n’y est pas, apparemment, parce que l’homme est promis à la participation divine et parce que les commandements sont parfaits par eux-mêmes. Qu’enfin, c’est moins un présent statique et s’imposant qu’il convient de « gérer » mais une orientation à prendre vers le bien suprême, la vie éternelle. L’accessoire et les moyens se déduisent de l’essentiel et de la fin. La dychotomie gouvernants-gouvernés n’existe pas dans l’économie du salut. A contrario, celui qui ne vit pas selon la justice, n’appartient pas à Dieu, et pas davantage celui qui n’aime pas son frère. Les disciples se gagnent à Jésus, selon saint Jean, en cela très différent des relations que donnent les synoptiques : les uns par les autres, le Précurseur tout naturellement inspire ses deux principaux disiciples en leur désignant celui qui a été sa raison d’être : Voici l’Agneau de Dieu. Les deux disciples entendirent cette parole, et ils suivirent Jésus. André amène Simon-Pierre. Les attitudes des premiers disciples et celle de Jésus sont particulières à chacun. Que cherchez-vous ? Où demeures-tu ? Venez et vous verrez. Ni Jean Baptiste ni Jésus ne contraignent. Ce sont des propositions. En revanche, d’homme à homme, entre frères, d’André à Simon, c’est déjà une transmission de la foi. Nous avons trouvé le Messie. Ils le cherchaient donc, la désignation par le Baptiste suffit aux premiers, quant à Simon, qui en dira tant et bien vite, il est muet : Jésus posa son regard sur lui et dit… Baptême, s’il en est : Tu t’appelleras Pierre. [2]Dans ces textes – aujourd’hui – impression forte que Dieu s’occupe de tout et répond de la situation, de nous tous : humanité en déshérence ou en recherche, on passe la main… heureusement et enfin.


[1] - Avec ce psaume, on comprend que le salut d’Israël n’est pas un simple événement national, mais e prélude à la rédemption cosmique, englobant l’univers entier. La manifestation de cette providence provoque les « applaudissements des fleuves », le « rugissement de la mer » et le « chant des montagnes ». Là aussi le roi Dieu est acclamé aux sons du chofar et des trompettes.Rabbin Claude BRAHAMI, op. cit. Ce psaume ne doit pas se lire d’une traite, une acclamation universelle pour un seigneur universel a ses temps, ses images, ses modulations. L’Eglise catholique a le proposant plusieurs jours de suite en séquences redécoupées a raison : texte à découvrir

[2] - 1ère lettre de Jean III 7 à 10 ; psaume XCVIII ; évangile selon saint Jean I 35 à 42

mardi 3 janvier 2012

je ne le connaissais pas - textes du jour

Mardi 3 Janvier 2011


Prier… [1] Je ne le connaissais pas mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit… Propos du Baptiste, pourtant cousin du Christ, puisque c’est à sa mère que rend visite Marie et puisque lui-même, in utero, reconnaît le Messie. Mais cette relation n’est que spirituelle, la rencontre des deux hommes – physique – sera elle aussi spirituelle : le baptême, et la désignation du Rédempteur par son Précurseur : l’homme sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint. Oui, j’ai vu, et je rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. De connaissance que dans un cadre précis, l’accomplissement d’une mission. Connaissance selon un fait, mais un fait qui n'est perçu, qui n'a son sens que par une snesibilité toute spirituelle. Et de comportement que dialectique : je ne le connaissais pas, mais si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté au peuple d’Israël. La vie de Jean Baptiste a un sens, y compris son évident succès de foule : son baptême de pénitence, comme celui de Jonas convertissant Ninive (bien malgré lui). Le péché est signe de méconnaissance : Jésus est apparu pour enlever les péchés (lui aussi en mission, en dialectique)…quand un homme demeure en lui, il ne pèche pas ; quand il pèche, c’est qu’il ne l’a pas vu et ne le connaît pas. Ainsi, une vie humaine – à commencer par celle de Jean Baptiste et par celle de Dieu fait homme – a sa nécessité et elle est aimantée, soutenue par cette connaissance-rencontre de Dieu (rédempteur, incarné). La religion chrétienne, relativement aux deux autres grandes religions monothéistes, est une religion du toucher, du sacrement. Elle est aussi une religion où Dieu se transforme en prenant la nature humaine, et où nous-mêmes sommes appelés à la divinisation, nous partageons la même destinée humaine : persécutions et méconnaissance vécues par les premiers chrétiens destinataires des lettres de Jean l’Apôtre. Le monde ne peut pas nous connaître, puisqu’il n’a pas découvert Dieu. Si chacun de nous était regardé et regardait autrui selon son âme, et selon sa relation à l’essentiel… Chantez au Seigneur un chant nouveau [2].

[1] - 1ère lettre de Jean II 29 à III 6 ; psaume XCVIII ; évangile selon saint Jean I 29 à 34

[2] - Avec ce psaume, on comprend que le salut d’Israël n’est pas un simple événement national, mais e prélude à la rédemption cosmique, englobant l’univers entier. La manifestation de cette providence provoque les « apaplaudissements des fleuves », le « rugissement de la mer » et le « chant des montagnes ». L0 aussi le roi Dieu est acclamé aux sons du chofar et des trompettes. – Rabbin Claude BRAHAMI, op. cit.

lundi 2 janvier 2012

ceux qui cherchent à vous égarer - textes du jour

Prier… [1] Aplanissez le chemin du Seigneur. Pas le nôtre et dans notre intérêt. Mais Dieu a-t-il besoin d’une chaussée et de nos soins pour l’entretenir ? Il s’agit donc bien d’un travail intime à opérer pour que triomphe en nous un tracé, celui du Seigneur. L’énigme ne peut se résoudre qu’avec un repère, lequel ? au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. Jean Baptiste paraît un leurre pour certains, comme d’autres personnalités à chaque époque, en politique, en économie, en explication de la société ou de l’âme humaine, en constituent. Critère ? La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu [2]. Notre adhésion ? une foi communicative ? Non, une initiative divine : le Seigneur a fait connaître sa victoire… il s’est rappelé sa fidélité, son amour et à l’instar de Dieu, auquel nous ressemblons par nature doublement (créés à la ressemblance de Dieu, et Dieu ayant pris notre nature par son incarnation en la personne du Fils), notre propre fidélité. Qui n’est pas attachement mais habitation. Dieu habite en nous, nous habitons en Lui. Mes petits enfants, demeurez en lui ; ainsi quand il paraîtra, nous aurons de l’assurance, et nous serons sans honte devant lui, lors de sa venue. Chaque génération recommence, pas plus avancée dans la connaissance de Dieu et de l’histoire du salut, que celle du Baptiste et de Jésus, et pourtant nantie de l’enseignement de tout ce qui a précédé, la Loi et les Prophètes pour les contemporains du Christ. A notre tour, maintenant, nous sommes richissimes. Si ce que vous avez entendu depuis le commencement demeure en vous, vous auuez vous demeurerez dans le Fils et dans le Père, et ce que le Fils lui-même nous a promis, c’est la vie éternelle. Tous ces jours-ci, je voulais que les vœux formulés ou échangés, en forme de souhaits et salutations, soient plus réalistes, c’est-à-dire soient ce qu’ils sont – non la recherche de quelque médication qu’autrui nous administrerait – mais bien une demande, l’expression confiante d’un besoi, ce qui suppose, ensemble, le consentement à ce qui nous dépasse et qui pour le croyant, a nom et même figure. Maintenant, le texte est encore plus précis et exigeant. Il s’agit bien d’une promesse. Nous l’évoquons dans le Notre Pèreque votre volonté soit faite, que votre règne arrive… et Jean nous fait souvenir d’où nous venons : au paradis, après la « faute », la peur et la prise de conscience de notre nudité, mais au retour du Christ, au jugement dernier, au pendant de la création, nous serons sans honte. Que soit mien, que soit nôtre ce parcours de toute l’humanité en puissance.

[1] - 1ère lettre de Jean II 22 à 28 ; psaume XCVIII ; évangile selon saint Jean I 19 à 28

[2] - Avec ce psaume, on comprend que le salut d’Israël n’est pas un simple événement national, mais e prélude à la rédemption cosmique, englobant l’univers entier. La manifestation de cette providence provoque les « apaplaudissements des fleuves », le « rugissement de la mer » et le « chant des montagnes ». Là aussi le roi Dieu est acclamé aux sons du chofar et des trompettes. – Rabbin Claude BRAHAMI, op. cit.