Prier…[1] l’entrée par excellence : qu’une armée se déploie devant moi, mon cœur est sans crainte ; que la bataille s’engage contre moi, je garde confiance. Seconde version de l’onction du Christ par une femme, celle-ci identifiée, c’est la sœur de Lazare qui était avec Jésus parmi les convives. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie par l’odeur du parfum. Peu importe la notation de Jean à propos de Judas, qu’a repéré de longue date l’évangéliste. C’est Jésus qui reprend son disciple. Même texte que selon saint Marc. Marie prophétise la mort du Christ : il fallait qu’elle garde ce parfum pour le jour de mon ensevelissement. Moins accessoire, hier comme aujourd’hui, la constatation que la pauvreté est permanente ici bas, ce que je peux lire au spirituel comme au matériel. Je regarde l’effusion du parfum, la contagion du geste féminin, l’effet de la prière et de la foi : la maison fut remplie par l’odeur du parfum. L’appropriation de l’argent par Judas, l’universalité d’un bienfait, accompli précisément sur la personne physique du Christ, il profite au monde entier. La prière, action centrale du monde et à la portée de chacun. Les enjeux passagers, la foule se masse non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait ressuscité d’entre les morts. La résurrection du Christ sera discrète, elle n’est montrée que dans ses conséquences, le comportement des apôtres, leur passage à la foi, l’amour si concrètement exprimé de Marie, que l’inconnu du jardin appelle par son nom, la réaction humaine enfin, attendue par Dieu depuis la création, la Genèse et le paradis : mon Seigneur et mon Dieu. Celui que caractérise Isaïe qui crée les cieux et les déploie : il dispose la terre avec sa végétation, il donne la vie au peuple qui l’habite, et le souffle à ceux qui la parcourent, ce Dieu qui envoie son Fils et tout prophète, l’Eglise, nous tous : moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice, je t’ai pris par la main, je t’ai mis à part, j’ai fait de toi mon alliance avec le peuple et la lumière des nations. Réponse humaine, la mienne, la nôtre : j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants… Les chefs des prêtres décidèrent alors de faire mourir Lazare parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient à Jésus.
lundi 6 avril 2009
dimanche 5 avril 2009
une femme entra - textes du jour
Dimanche 5 Avril 2009
La vieillesse, mon cou défait désormais, la peau au dos de mes mains, la mort est naturelle, la vie une exception, un don, un miracle. L’espérance qui jusqu’à présent avec la foi m’ont maintenu debout et heureux, peut m’être ôtée, me quitter comme une compagne lassée, à tous moments… Les nouvelles sur France-Infos. des vessies pour des lanternes, le règne des immigrés prenant le plus mauvais de nous-mêmes et le suscitant, les parvenus : pas les assimilés, ceux qui sont plus que nous, renouvellent nos exigences et nos vocabulaires, prennent le relais, nous montrent ce que nous pourrions être et avons cessé d'être, mais ces gens de pouvoir et de tréteaux, le baiser plaqué par Carla sur Michèle (Obama), sur l’Américaine seulement comme par hasard, le tropisme des forts, une sorte d’expropriation qui s’accentue chaque jour et chaque année, les spectateurs évincés par les acteurs que tout impose de force, nos rires sont des rictus, le temps des acteurs et des casseurs, du très mauvais texte, la vie et les problèmes à résoudre, les choses à administrer sont tout autres, la politique est un désert… Prier l’office dit des Rameaux [1]. La liturgie est si riche tous ces jours-ci que l’Esprit suggère de se laisse porter en y assistant, les textes deviennent une ambiance, ce n’est pas qu’un récit de mise à mort puis la présentation des éléments centraux de notre foi en la résurrection de cet homme dit Fils de Dieu, c’est un fourmillement de faits, de réactions et de paroles, de gestes du Christ, une quantité de personnages et de personnes, des dialogues, des foules, des héros et des anti-héros, plus de dogmatique ou de théologie, du roman ou de l’histoire brute. Présentation de celle qu’on peut identifier à Marie-Madeleine, celle du Noli me tangere au matin de la Résurrection, ne me retiens pas, l’amoureuse et la pécheresse, le péché « de chair » bien entendu, alors que la chair est vie et joie, les judéo-chrétiens – contrairement à d’autres religions ? le bouddhisme, l’inhouisme ? – en font le lieu, l’occasion, l’instrument du péché. Alors que la création et la vie portent substantiellement sur la chair, ma chair défaite, les chairs mortes, en poussière de ceux/celles qui nous précèdent, de nos animaux, de nos amants et maîtresses, de nos enfants quand nous avons à leur survivre, la chair martyrisée de tant de nos semblables, des animaux de production, mangée, la chair du Christ à manger, son sang à boire (les viandes saignées et nons saignées dans les religions « du livre), la chair livrée, martyrisée, exposée en croix, souveraine à la résurrection, proposée à saint Thomas l’incrédule, la chair lumineuse des premiers amours, la chair en corps et en âme. Marie-Madeleine vit le mystère et la réalité à fond. Jésus la présente ainsi, d’une façon aussi préemptoire qu’étonnante, et il s’agit de Lui : Laissez-la, pourquoi la tourmenter ? C’est une action charitable qu’elle a faite envers moi… Elle a fait tout ce qu’elle pouvait faire (le chien aimant qui pour soigner ou pour dire son amour ne peut que lécher et relécher avec conscience, avec regard) D’avance, elle a parfumé mon corps pour mon ensevelissement. Et Jésus annonce une mémoire indéfectible de ce geste. Avoir reconnu la chair promise à l’éternité, la chair de Dieu prise de la nôtre et garantissant à la nôtre sa forme, sa texture, sa réalité ultimes et définitives. Notre éternité déjà là dans des regards qui s’éteindront et pourtant dureront toujours. Une femme entra. Divination des femmes dans ce récit. Pierre démasqué pas du tout par kla garde ou le service d’ordre du grand-prêtre. Arrive une servante du grand-prêtre, elle le voit qui se chauffe, le dévisage… le texte ne dit pas qu’elle va dénoncer le chef des apôtres, des disciples de celui qu’on condamne, elle l’identifie. Jésus loue Marie-Madeleine de l’avoir reconnu à son corps comme Dieu, Pierre se récrie d’être reconnu. Jésus devant sa mort en donne le sens, l’amour de cette femme qui l’embaume. Pierre p… de trouille mais accomplit la prophétie du Christ à son sujet (comme il accomplira celle de fonder l’Eglise…). Et il se mit à pleurer. Un autre évangile rapporte que Marie-Madeleine arrose les pieds du Seigneur de ses larmes, et les essuie avec ses cheveux.
[1] - évangile selon saint Marc XI 1 à 10 ; Isaïe L 4 à 7 ; psaume XXII ; Paul aux Philippiens II 6 à 11 ; passion selon saint Marc XIV 1 à XV 47
samedi 4 avril 2009
prophète - textes du jour
Samedi 4 Avril 2009
[1] - Ezéchiel XXXVII ; cantique Jérémie XXXI 10 à 13 passim ; évangile selon saint Jean XI 45 à 57
Prier dans l’impuissance et la cécité…. [1] il vaut mieux qu’un seul meure pour le peuple et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. La remarque cynique et politique de Caïphe, le grand-prêtre donc l’autorité suprême d’une société théocratique est exactement le dessein de Dieu pour la rédemption de l’ensemble de l’humanité. Dans le calcul politique comme dans la pensée divine, le Christ est cet homme. Mais l’ampleur divine est sans commune mesure avec le calcul de Caïphe. Créés à la ressemblance et à l’image de Dieu, quoique pervertis (dans des circonstances et selon une dialectique spirituelle mystérieuses : le péché ? comment ? par qui ? son impossibilité théorique, sa prolifération pratique… ils cherchaient Jésus… politiquement et humainement pour le tuer… spirituellement, chacun de nous, dans son chemin, selon ce qu’il croit être lui-même mais en fait selon l’attrait que Dieu exerce sur lui… il partit pour pour la région proche du désert, dans la ville d’Ephraïm où il séjourna avec ses disciples. Ultime temps du Christ avec nous : situation, lieu, entourage, tout y est. Caïphe prophète. Jean sait nous donner le vrai bâti, la clé de lecture de tout. Je conclurai avec eux une alliance de paix, une alliance éternelle. Notre enjeu, dans nos vies individuelles, dans celle de l’humanité tout entière emportée. Je les sauverai en les retirant des lieux où ils ont péché. Exacte situation idéologique et dogmatique dont le G 20 ne nous a pas retirés et dont il faut nous tirer totalement pour que nous repartions sur de tout autres bases. Je les rétablirai, je les multiplierai, je mettrai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours. Ce n’est pas nous qui bâtissons des églises, des temples et autres, pas nous qui préparons l’habitat de Dieu en nous, c’est Lui qui s’invite et s’installe. A demeure. Mais que nous pouvons chasser. Nous ne pouvons le convoquer, mais nous pouvons le faire partir. Il vient.
[1] - Ezéchiel XXXVII ; cantique Jérémie XXXI 10 à 13 passim ; évangile selon saint Jean XI 45 à 57
vendredi 3 avril 2009
de plus en plus - textes du jour
Vendredi 3 Avril 2009
[1] - Jérémie XX 10 à 13 ; psaume XVIII ; évangile selon saint Jean X 31 à 42
Prier… [1] vous reconnaîtrez , et de plus en plus, que le Père est en moi et moi dans le Père. Ceux qui croient et ceux qui cherchaient de nouveau à l’arrêter. La place et le témoignage de Jean Baptiste : Jean n’a pas accompli de signe, mais tout ce qu’il a dit au sujet de celui-ci était vrai. Cas unique : un prophète se voit vérifié par ceux-mêmes qui l’ont entendu. Jésus de même, puisque ce qu’Il lui arrive est prédit et expliqué par Lui-même. L’argument de cohérence. Et sur le sujet le plus invraisemblable : Je suis le Fils de Dieu. Jérémie lui ne prophétise que le complot, la souffrance, et surtout la relation du juste par excellence avec son dieu. Les cheminements du cœur, les adversaires. Nous prendrons notre revanche… montre-moi la revanche que tu prendras sur ces gens-là, car c’est à toi que j’ai confié ma cause. Les tentatives de lapidation, elles ne correspondent pas au genre de mort dont il devait mourir. La foi, selon les évangiles, est un constat : les œuvres, les signes, la concordance avec les prophéties tandis que dans l’Ancien Testament, elle est expérience de Dieu, elle est subjective, elle est une réponse à la proposition net au fait de l’Alliance. Le relationnement dans le Nouveau Testament est du Christ à son Père. L’humanité tient lieu du Christ dans le cheminement du peuple d’Israël vers la Terre promise, et dans les évangiles, le Christ est l’humanité entière, prise en charge par Lui (son incarnation), pour l’amener à Dieu, à la délivrance. Tout cela très mouvementé : les Juifs allèrent de nouveau chercher des pières… il leur échappa … il repartit … et il y demeura. Comme si l’endroit où Jean avait commencé à baptiser était pour lui tutélaire, et de fait, les conversions en nombre s’y font. Pas dans le Temple où elles ne sont qu’individuelles. Prier dans ces chemins et étapes de contemplation. Dépaysement par rapport à nos misères et à notre rationnalité. Quelque chose de dense, cohérent, supérieur, englobant tout de notre intelligence personnelle, de nos sentiments et chahuts intimes à l’univers et à l’histoire, nous est sans relâche montré. Quand bien même vous refuseriez de croire, croyez les œuvres. Aujourd’hui, discerner ces œuvres. Jésus répond donc doublement, son identité récusée par ses adversaires, les œuvres indifférentes à ceux-ci.
[1] - Jérémie XX 10 à 13 ; psaume XVIII ; évangile selon saint Jean X 31 à 42
quelle promesse ? - textes du jour
Jeudi 2 Avril 2009
Prier…[1] la scène où Jésus s’identifie clairement se passe au Temple. On peut la lire en théologie comme celle d’hier et la lire en « relationnel ». Il me semble ne pouvoir, ce matin, encombré et préoccupé, ne prier que dans cette seconde version ou façon de lire. Je le connais et je reste fidèle à sa parole. … Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien . Jésus est à notre portée, il nous parle et se montre en frère de condition humaine, en homme nouant sa relation avec Dieu, avec le Père, notre Père. Puis, nous ayant assemblés autour de lui, l’essentielle redite : Si quelqu’un reste fidèle à ma parole, jamais il ne connaîra la mort. Les contemporains, contempteurs et premiers croyants comprirent parfaitement. Les deux réponses dans l’évangile : ils crurent… ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Réponse de Dieu : je te ferai porter des fruits à l’infini. Evidemment, la promesse de la terre, dans le contexte d’aujourd’hui et depuis le sionisme, est terriblement concrète : à toi et à ta descendance après toi, je donnerai tout le pays de Canaan – ce pays où tu es venu en immigré – pour que tu en aies la possession éternelle. L’Etat hébreu, belligène s’il en est (le nouveau gouvernement déclare explicitement ne pas vouloir d’Etat palestinien indépendant, seulement une large autonomie), peut se croire ainsi fondé légitimement. Je tiens que depuis la guerre de Gaza et les multiples sécessions palestiniennes, il n’y a plus de solution par un partage comme depuis 1948, mais seulement dans un Etat unitaire, tolérant pour ses diverses composantes. La « communauté internationale » à ressasser l’ancienne dogmatique qui n’eut été possible que dans le cadre du processus d’Oslo, il y a plus de quinze ans, ne travaille plus pour la paix et ne favorise pas la prise de conscience israëlienne. Ni de la perspective, ni de la seule solution maintenant et pour un court avenir, possible. L’inauguration d’une base de données sur la Shoah sera de moins en moins porteuse si les Palestiniens peuvent dire de plus en plus qu’on fait la même chose quoiqu’autrement. Et je serai votre Dieu, et toi tu observeras mon alliance, toi et ta descendance après toi. Car l’essentiel est là, la terre soit, les moyens et les conditions de l’existence humaine quotidiennement, soit, mais tout est dans la relation à Dieu, en vérité et aussi pour notre équilibre personnel, notre santé d’âme et donc de corps.
mercredi 1 avril 2009
ils ont livré leur corps - textes du jour
Mercredi 1er Avril 2009
Prier…[1] ils ont livré leur corps plutôt que de servir ou adorer un autre dieu que leur Dieu. Notre corps, notre chair, test de tout, de notre rapport à autrui, de notre appétit de la vie, de nos peurs, test de la résurrection et de la vie éternelle. Devant la fournaise, le pari pascalien retourné, Dieu aimé et servi même s’il ne se manifeste pas : il nous délivrera de la fournaise et de ta main, ô roi. Et même s’il ne le fait pas, sois-en bien sûr ô roi, nous ne servirons pas tes dieux. On dirait aujourd’hui, le principe de réalité. Dieu est, que nous le voulions, le sentions, l’aimions, le servions ou pas. Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes discioles, alors vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. Cette vérité révélée c’est que Dieu n’est pas indifférent, qu’il est atteignable dans sa chair (il a été mis en croix), qu’on peut l’aimer en la personne du Christ. Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez moi, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Et notre réponse ? Vous cherchez à me faire mourir parce que ma parole n’a pas de prise sur vous. Liberté, obéissance, laisser prise…
[1] - Daniel III 14 à 95 passim ; cantique Daniel III 52 à 56 ; évangile selon saint Jean VIII 31 à 42
Prier…[1] ils ont livré leur corps plutôt que de servir ou adorer un autre dieu que leur Dieu. Notre corps, notre chair, test de tout, de notre rapport à autrui, de notre appétit de la vie, de nos peurs, test de la résurrection et de la vie éternelle. Devant la fournaise, le pari pascalien retourné, Dieu aimé et servi même s’il ne se manifeste pas : il nous délivrera de la fournaise et de ta main, ô roi. Et même s’il ne le fait pas, sois-en bien sûr ô roi, nous ne servirons pas tes dieux. On dirait aujourd’hui, le principe de réalité. Dieu est, que nous le voulions, le sentions, l’aimions, le servions ou pas. Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes discioles, alors vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. Cette vérité révélée c’est que Dieu n’est pas indifférent, qu’il est atteignable dans sa chair (il a été mis en croix), qu’on peut l’aimer en la personne du Christ. Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez moi, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Et notre réponse ? Vous cherchez à me faire mourir parce que ma parole n’a pas de prise sur vous. Liberté, obéissance, laisser prise…
[1] - Daniel III 14 à 95 passim ; cantique Daniel III 52 à 56 ; évangile selon saint Jean VIII 31 à 42
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